je sulfate magnétique
SIROPS POLYAMIQUES.
4 gr. de gaïac.
3 — de bardane.
3 — de patience.
60 centig. de racine de saponaire.
Sirop de Larrey hydrolique \ 80 —
de douce-amère.
de séné, de rose, de bourrache, d'anis.
de sassafras.
1 centig. de sublimé.
1 — de sel ammoniac.
1 — d'extrait d'opium.
8 — de liqueur d'Hoffmann.
Sirop de mou de veau hydrolique
6 gr. de mou de veau.
1 — de dattes.
1 — de jujubes.
1 — de raisins, 1 — de pulmonaire, ^ 20 centig. de racine de réglisse.
\20 — de grande consoude.
Sirop de scille acétique . .
^^40 centig. de scille. 1 20 — d'ache.
1 10 — de caïnça.
^10 — de digitale.
Sirop de .scille hydrolique.
20 centig de scille.
1 10 — de gingembre.
80 — d'hyssope.
I 80 — de menthe, ou 5 gr. 33 centig. d'eau de menthe.
Sirop de séné.
1 gr. 50 centig. de séné.
50 centig. do rhubarbe.
25 — de cannelle, ou
1 gr. 66 centig. d'eau de cannelle.
||g ÂËT DE FOEMtIMill,
/40 cenlig. de stœclias.
Sirop de stœchas hydroliq.
de Ihyîïi.
de calament.
d'origan.
de sauge.
de bétoine.
de romarin.
d'anis.
de fenouil .
de cannelle.
de gingonfibre.
de cairaiiLîs aromaliciss.
1 gr* do dalles.
50 ceotig. de jujubes.
Sirop pectoral acidulique. • { 50 — de raisins de Corinli-.c.
5 — d'ipécacuanha.
4 niilligr. d'acélate de morphine.
MÉLÎOLÉS MONOÏAMtgUES ET BlAMlQUEi.
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Méliolés polyamiques.
20 gr. de méliolé de gomme am-/'20 cenligr. d'aune'e. moniaque acétique re-<10 — d'iris, présentent le macéré de ( 20 — de gomme ammoniaq.
20 gr. id. de scille hydrolique re-( 1 gramme de scille.
présentent le macéré de ( 1 gramme de polygala.
Art. XIi. — I>es solutés officinaux.
Sous le nom de solutés officinaux, nous croyons pouvoir proposer une nouvelle classe de médicaments qui peuvent être représentés par les solutions aqueuses de substances médicales titrées de manière à pouvoir être facilement employées dans la préparation de beaucoup de médicaments magistraux. Ces solutés sont additionnés, le plus ordinairement, d'une petite quantité d'alcool qui est nécessaire pour assurer la conservation des principes organiques qui entrent dans leur composition. Ces solutés sont extrêmement utiles aux pharmaciens, car ils permettent d'introduire facilement dans les potions, etc., des fractions de poids de substances actives difficiles à peser.
Soluté officinal d'arsénîale de soude,
Arséniate de soude. 10 centigr.
Eau distillée 99 gr.. 90
100 grammes.
1 gramme représente un milligramme d'arséniate.
Au lieu de peser cette solution, on peut la mesurer à l' aide d un tube gradué, de manière que le soluté qui s'écoule du tube d'un seul jet pèse ou 50 centigram- 4--\ ojoW mes ou 1 gramme. Tous les pharmaciens peuvent faire eux-mêmes des tubes gradués pour chaque espèce de soluté.
DES SOLUTÉS OFFICINAUX.
On bouche le flacon qui contient le soluté titré avec un bouchon percé dans lequel le tube gradué entre a frottement. On ferme Touverture du tube gradué avec un petit bouchon de liège pour empêcher Févaporation du liquide.
Soluté officinal d'acélate de morphine.
Acétate de morphine i gramme.
Eau distillée 89
Alcool à 90^ centésimaux 10
100 gr.
Pesez Talcool dans un flacon, mettez l'acétate dans un mortier, ajoutez un peu d'eau et triturez; versez un peu d'acide acétique, pour faciliter la dissolution; introduisez la solution dans le flacon, rincez le mortier et pesez le reste de l'eau.
1 gramme représente 1 centigramme d'acétate de morphine.
On prépare de la même manière, mais sans employer d'acide acétique, les solutés de sulfate de morphine, de chlorhydrate de morphine, etc., etc.
Soluté officinal d'extrait de pavot.
Extrait de pavot 18 grammes.
Eau distillée 87
Alcool à 90" centésimaux 15
120 gr.
Pesez le tout dans un flacon, agitez de temps en temps et filtrez après la solution de l'extrait.
1 gramme représente 15 centigrammes d'extrait.
On prépare de la même manière les solutés d'extraits d'opium, de belladone, de jusquiame, de stramonium, etc.
Pour employer ces solutés, on cherche combien il faut de
gouttes pour égaler 1 gramme ; on recommence quatre fois la même opération, et Ton prend la moyenne de ces quatre opérations. On calcule ensuite combien il faut de gouttes pour représenter 5 centigrammes d'extrait et les fractions de 5 centigrammes.
Ces solutés peuvent rendre de grands services aux pharmaciens , car ils sont susceptibles d'être employés pour remplacer les sirops. Ainsi, au lieu de mettre dans les potions du sirop d'acétate de morphine, du sirop de sulfate de quinine, du sirop de pavot, etc., on prépare les potions avec du sirop de sucre, et l'on ajoute la quantité de ces solutés qui représente les principes médicamenteux qui ont été prescrits.
Si Ion objectait que ces solutés contiennent de l'alcool et qu ils ne peuvent convenir, il suffirait de dire, pour détruire cette objection, que 1 gramme représente ou 10 centigrammes ou 15 centigrammes d'alcool.
Art. Xlal. — Bes vins médicinaux ou des œnolés.
Après avoir employé l'eau pour dissoudre les substances médicamenteuses, les pharmacologistes pensèrent que tous les liquides qui avaient un point d'ébullition très diflerent de celui de l'eau , et une composition élémentaire particulière , devaient certainement enlever aux substances médicamenteuses des principes insolubles ou peu solubles dans l'eau , et constituer des classes de médicaments précieux , tant pour l'usage interne que pour l'usage externe. C'est d'après ces principes qu'ils furent conduits à essayer de préparer des médicaments avec le vin , le vinaigre, l'alcool , l'éther, les huiles, etc.
Si les vins tels qu'ils sont fabriqués par les viticulteurs ne constituaient pas à eux seuls des agents thérapeutiques
assez énergiques, des médicaments très souvent nécessaires, il ne serait pas utile de s'en occuper dans un ouvrage de ce genre; mais comme leur action est assez efficace dans certaines aiïeclions, il nous a paru rationnel : 1° de les étudier rapidement tels que la nature les produit ; 2" de les classer d'après leurs propriétés ; 3" d'indiquer celui qui convient le mieux pour l'usage de la pharmacie; et h' de décrire avec soin les procédés nécessaires pour les transformer en vins médicinaux.
On a donné le nom de vin h un liquide qu'on obtient en faisant fermenter , dans des vases convenables , le suc des raisins mûrs ou les raisins mûrs écrasés.
Les vins sont blancs ou rouges.
Les vins blancs sont préparés avec le suc des raisins blancs ou celui des raisins rouges , obtenu de manière que le suc ne puisse pas dissoudre la matière colorante contenue daûs la pellicule des raisins rouges. Les vins rouges sont préparés avec les raisins rouges écrasés ou bien avec les raisins privés de leur rafle.
La préparation des vins ne présente aucune difficulté sérieuse, car les opérations a l'aide desquelles on parvient à les faire sont extrêmement faciles à exécuter : il ne faut que du soin et de Fintelligence.
Les phénomènes chimiques qui se manifestent .pendant la préparation, et surtout pendant la conservation des vins, sont extrêmement compliqués, car les principes constituants de ces liquides agissent sans cesse les uns sur les autres et se modifient jusqu'à ce que le vin ait perdu toutes ses propriétés caractéristiques.
Les premiers et les plus apparents de ces phénomènes sont l'élévation de la température du suc, la transformation du sucre en alcool, acide carbonique et eau ; la disso« lution de la matière colorante de la pellicule, la dissolution
AUT DE FORMULER
du tannin contenu dans cette pellicule , les semences et les rafles, et le dépôt d'une certaine quantité de bitartrate de potasse, à mesure que le liquide devient alcoolique.
Les moins apparents , les plus importants et les plus difficiles à expliquer, sont ceux qui se passent pendant la conservation du vin , car ce sont eux qui développent dans le vin toutes les qualités qui le font rechercher. Ces phénomènes sont indépendants du talent des viticulteurs, qui peuvent bien, il est vrai, modifier un peu, par la culture d'une vigne, la qualité du vin qu'elle produit et l'améliorer par le choix du plant, mais qui ne peuvent et ne pourront jamais lui faire produire les vins qu'on récolte dans tous les pays. La qualité des vins dépend, non seulement de la nature du sol et de son exposition , du mode de culture suivi , de l'espèce de vigne cultivée, de la température moyenne du lieu , de la maturité du raisin , de l'état de l'atmosphère lors de la récolte ; du procédé suivi pour extraire le suc des raisins , de la manière de préparer le vin , du soin qu'on met à mélanger le vin de la cuve et celui du pressoir, de l'état des tonneaux; du soin qu'on a du vin lorsqu'il est fait, des soutirages faits en temps convenables , de la température de la cave où il est conservé et de son état hygroscopique , de la manière de coller le vin avant de le mettre en bouteilles, etc. ; mais elle dépend encore, de la propriété qu'a le végétal , la vigne, de fabriquer, lorsqu'il est placé dans certaines conditions, par le simple jeu de ses organes , avec les quatre éléments qui constituent la matière organique, les principes qui doivent se modifier , se combiner et produire les composés qui donnent aux vins leurs qualités essentielles; d'emmagasiner ces principes dans ses fruits et de les conserver sans les utiliser à son propre usage.
Peu de temps après leur préparation , les vins rouges
perdent, sous la forme délie, de la matière colorante et du tartre ; leur saveur acerbe disparaît et ils commencent à être agréables a boire. A cette époque, qui peut être fixée à la deuxième ou à la troisième année, ils n'ont encore qu'une odeur et une saveur vineuse. Plus tard , il se développe dans certains vins, une saveur particulière qui a reçu le nom de bouquet Tous les vins n'ont pas du bouquet, mais tous les bons vins acquièrent, après un certain temps, quelquefois huit ou dix ans après leur préparation, une saveur particulière qu'on peut très certainement considérer comme leur bouquet. L'époque de l'apparition de ce principe est souvent liée à la manière de préparer le vin; car il se manifeste beaucoup plus tôt si le vin a été préparé avec du raisin éraflé, ou s'il est resté peu de temps dans la cuve, et bien plus tard si la rafle était présente à la fermentation et si le vin est resté dans la cuve jusqu'à ce que la saveur sucrée du raisin ait entièrement disparu. Dans ce cas, le vin est très coloré, contient beaucoup de tannin , est bien plus long à acquérir toutes ses qualités et se conserve très longtemps. Dans le premier cas, au contraire, le vin est moins coloré, n'est pas saturé de tannin, puisqu'il n'a pu en enlever qu'aux semences et à la pellicule, et se conserve moins longtemps que les vins bien cuvés.
La préparation des vins blancs pourrait être améliorée en laissant fermenter le suc des raisins blancs comme celui des raisins rouges, mais les consommateurs de ces vins, préfèrent les vins blancs incolores ou presque incolores, et obligent les vignerons et les propriétaires à extraire le suc des raisins de manière qu'il ne puisse enlever qu'une très petite quantité de tannin et de matière colorante aux parties organisées des raisins, etc. En opérant ainsi , ils obtiennent effectivement des vins incolores ou presque incolores, qui sont très bons pour l'usage de la pharmacie, qui sont
226 ART DE i'OîlMULËll.
bien plus tôt potables que ks vins rouges, mais qui exigent beaucoup de soins pour leur conservation , et qui se conservent bien moins longtemps que les vins rouges, quoiqu'ils soient souvent plus alcoolisés qu'eu?^.
La quantité d'alcool qui est contenue dans les vins étant toujours variable et toujours proportionnée à la quantité de sucre contenue dans le suc des raisins , des chimistes très distingués pensèrent qu'il serait utile de déterminer là richesse alcoolique des vins , afin que le consommateur puisse reconnaître si le vin qu'il achète est naturel ou s'il est additionné d'eau ou d'alcool. Ces chimistes engagèrent tous les pharmaciens à rechercher le titre alcoolique des vins récoltés dans leurs localités, à dresser des tables de la richesse alcoolique des vins, et à les publier. Plusieurs répondirent à cet appel, mais beaucoup n'y répondirent pas, parce qu'ils reconnurent bientôt, non î3as l'impossibilité de faire ce travail , mais son inutilité; car ils furent promptement convaincus que les vins d^un pays vignoble n'ont pas tous le môme titre alcoolique, que ce titre varie d'un pays à un autre , d'une côte à l'autre , d'une vigne à l'autre , même lorsque les vignes sont simplement séparées par un mur, une haie ou un accident de terrain, etc., et parce qu'ils pensèrent que, lorsqu'on connaîtrait les titres alcooliques des vins d'un vignoble quelconque, on ne pourrait pas reconnaître la fraude eii cherchant seulement le titre alcoolique du vin soupçonné fraudé, si le fraudeur se contentait d'ajouter à son vin de Feau en quantité nécessaire pour avoir un vin alcoolisé comme quelques vins du pays qu'il habite, ou bien de l'eau et de l'alcool de manière à obtenir un vin représentant, par exemple, 6 ou 8 pour 100 d'alcool absolu. Ces pharmaciens savaient que la richesse alcoolique des vins est indépendante de leur qualité, puisque les vins naturels riches en alcool, sup-
BËS vms MÉDICINAUX. $27
pOrlent moins bien Feaii, toutes choses égales d'ailleurs, que les vins moins alcoolisés; cl ils prévoyaient que ces labiés ne pourraient pas servira faire reconnaître si les vins soiU naturels ou non, s'ils sont falsiliés ou non, s'ils sont bons ou non, ou s'ils sont faits en mélangeant plusieurs vins entre eux.
L'habitude de mélanger les vins entre eux est devenue, par rignoraoce des consommateurs, un commerce tellement important , qu'il est désormais impossible de la supprimer. Les vins qui sont mélangés de manière à avoir presque toujours la même saveur plaisent plus aux consommateurs que les vins des propriétaires , et les consommateurs trou-* vent même que ces vins sont meilleurs et plus naturels que les vins purs. Cette habitude prise par les commerçants, et encouragée par les consommateurs, a le double inconvénient de faire disparaître les bons vins des pays qui ne sont pas en grande réputation, et d'engager les propriétaires à cultiver des plants productifs et à sacrifier la qualité à la quantité.
§ — Du choix du vin pour l'usage de la pliarmadc.
Les pharmaciens sont souvent embarrassés pour choisir les vins qu'ils doivent employer pour [n-cparer les vins médicinaux, parce que les pharmacologistes ne sont point d'accord sur la îiaiurc du vin qu'il faut prescrire pour les préparer. Quelques pharmacologistes recommandent d'employer indistinctement les vins blancs et les vins rouges; plusieurs pensent (\ni\ est préférable de choisir les vins blancs ; un certain nombre croient que les vins rouges doivent être préférés, puisqu'ils se conservent beaucoup plus longtemps que les vins blancs; beaucoup sont persuadés qu'il est utile d'employer tantôt les vins blancs et tantôt
les vins rouges, afin d'utiliser dans certains cas la matière colorante et le tannin que ces vins contiennent; d'autres pensent que les vins du Midi additionnés d'alcool sont les seuls convenables; et d'autres, enfin, sont persuadés qu'il est préférable d'employer des vins de Malaga, de Madère, etc., etc.
Si ces recommandations avaient été appuyées sur des observations ou sur des raisonnements plus ou moins spécieux, et si la plupart des pharmacologistes ne se contentaient pas de prescrire, de choisir des vins généreux de Bourgogne , de Bordeaux, etc., en sachant bien qu'en désignant les vins qu'il faut employer par l'expression de vins généreux, ils se servent d'une qualification qui est incapable de les caractériser, puisqu'un vin peut être généreux ou de bonne qualité dans un pays vignoble et être de médiocre qualité dans un autre , nous n'aurions jamais eu la hardiesse d'émettre notre opinion sur le choix du vin qu'il faut employer en pharmacie; mais comme ces recommandations ne nous paraissent pas de nature a convaincre les pharmaciens, nous allons essayer de développer nos idées.
Les vins de Malaga, de Madère, etc., sont certainement préférables à tous les vins lorsqu'on doit les employer seuls, parce que leur saveur et leur odeur sont très agréables et plaisent beaucoup aux malades ; mais il est facile de comprendre que la préférence qu'on accorde à ces vins ne peut pas être aussi avantageusement appuyée , lorsqu'on les destine a la préparation des vins médicinaux , puisque leur saveur est changée, puisque l'on compte plus sur l'agent thérapeutique que l'on fait dissoudre dans le vin que sur le vin lui-même, et puisque l'on se propose réellement de préparer un réactif capable de guérir beaucoup d'affections qui ne seraient nullement modifiées par les vins de Malaga, etc. D'ailleurs, il est très difficile de
trouver des vins de Malaga, etc., naturels, et il n'y a point de raison pour préférer des vins falsifiés qui ont reçu le nom de Malaga, etc., à des vins naturels.
Les vins du Midi, qui, comme les vins de Malaga, sont considérés comme des vins capiteux , ne conviennent pas mieux à la préparation des vins médicinaux que les vins des autres parties de la France, parce que la qualité de ces vins est, comme celle de tous les vins , dépendante de la nature du sol , de son exposition , etc., et parce que s'il faut ajouter de l'alcool aux vins du Midi pour assurer leur conservation, il est facile d'en ajouter à tous les vins, et de les rendre aussi convenables à la préparation des vins médicinaux que les vins du Midi , et même que les vins étrangers.
Les vins de Bordeaux sont considérés comme les vins toniques par excellence ; ils contiennent , dit-on , plus de tannin que les autres vins, et sont moins capiteux que les vins de Bourgogne, quoiqu'ils contiennent plus d alcool qu'eux.
Ces faits , qui ont été plutôt admis que prouvés , ne sont certainement pas l'expression de la vérité. En effet , il n'est pas facile de concevoir comment les vins rouges de Bordeaux , qui varient entre eux autant que les vins de Bourgogne, peuvent contenir plus de tannin que les vins de Bourgogne, lorsque ces vins sont préparés, et c'est le procédé le plus généralement suivi , en faisant fermenter les raisins écrasés; et comment des vins plus alcoolisés peuvent être moins capiteux que des vins moins alcoolisés. On admet bien que la qualité des vins n'est point proportionnelle à la quantité d'alcool que les vins contiennent, et que ce n'est pas la grande quantité d'alcool qui fait les bons vins, mais on ne peut pas admettre que l'alcool existe dans les vins de Bordeaux sous un état particulier qui
ABT DE FORMULER
permet a rhoninie d'eu boire sans éprouver les inconvénients de l'ivresse. Cette théorie, qui a été probablement établie k l'époque où l'on niait l'existence de l'alcool dans les vins et où l'on croyait qu'il se formait pendant la distillation, a probablement été conservée par intérêt commercial, et le sera peut-être longtemps encore, quoiqu'on sache que les vins rouges de Bordeaux contiennent, d'après les nombreuses expériences de M. Fauré, de 8 à 11 pour 100 d'alcool, tandis que les vins de Bourgogne contiennent de 8 à 13,50 pour cent d'alcool absolu. Nous avons distillé beaucoup de vins rouges et beaucoup de vins blancs de l'arrondissement d'Avallon , et nous avons trouvé de 8 à 11,50, et une fois, en 18/i2, 12 pour 100 d'alcool absolu. La préférence qu'on accorde aux vins de Bordeaux n est donc point méritée, puisqu'ils ne sont et ne peuvent être ni plus toniques, ni plus alcooliques que les vins de Bourgogne; et les médecins qui recommandent à leurs malades l'usage du vin de Bordeaux, sans leur indiquer la qualité qu'ils doivent choisir , les exposent à acheter des vins moins bons que ceux qu'ils possèdent , et des vins qui ne contiennent plus de tannin que ceux qu'ils boivent habituellement que parce qu'ils sont moins anciens. Nous avons cru pendant longtemps c[ue les propriétés médicales attribuées aux vins de Bordeaux pouvaient être dues à la présence du fer signalée dans ces vins , mais malheureusement, nous avons toujours trouvé du fer dans tous les vins de Bourgogne, et môme dans les mauvais vins de Paris, où nous l'avons cherché, et nous croyons être dans le vrai , eu disant que la préférence qu'on accorde aux vins de Bordeaux n'est pas justifiée, et qu'en général et à prix égal, les vins de Bourgogne sont au moins aus^d bons que les vins de Bordeaux.
Les vins de Bourgogne sont regardés comme des vins
DES YINS MÉDICINAUX. 231
slimulants, qui ne peuvent , à cause de cette propriété, être prescrits aux malades aussi avanlageusement que les vins de Bordeaux. Ce serait commettre une grave erreur que de continuer à propager cette idée, car les vins de Bourgogne sont certainement beaucoup plus suaves el beaucoup plus digestifs que les vins de Bordeaux, qui sont froids et difficiles à digérer.
De la discussion qui précède, il est facile de conclure que les vins peuvent être classés, d'après leurs propriétés organoleptiques, de la manière suivante:
Vins secs et sucrés étrangers, bons vins du i^lidi, vin de Bourgogne et vin de Bordeaux.
Après avoir étudié attentivement les travaux des pbarmacologistes qui ont proposé d'ajouter de l'alcool, etc., aux vins ordinaires pour en faire de très bons vins pour lusage pharmaceutique , nous avons pensé que la pré|)aration des vins médicinaux serait convenablement améliorée, si au lieu de recommander aux pharmaciens de choisir les vins généreux de Bourgogne , de Bordeaux, etc., on leur permettait d'employer les vins dont ils peuvent disposer. Il nous paraît plus rationnel de leur laisser la liberté (remployer les vins de leur localité ou les vins qu'ils peuvent acheter dans les pays qu'ils habitent, que de les engager à faire venir de loin des vins qui sont presque toujours mélangés, ou qui dans la plupart des cas ne présentent aucun avantage sur les vins de leur pays , puisqu'il suffit, pour pouvoir employer tous les vins à la préparation des vins médicinaux, de déterminer leur richesse alcoolique; de les alcooliser en tenant compte de l'alcool qu'ils contiennent naturellement, pour qu'ils représentent toujours la même quantité d alcool ; de les sucrer afin qu'ils puissent retenir plus longtemps en dissolution les principes qu'ils ont enlevés aux substances médicamenteuses; de fixer un
certain poids d'alcool qu'on ne pourra pas dépasser , et de s'astreindre a calculer pour chaque vin la quantité d'alcool qu'il est nécessaire d'ajouter. Nous pensons qu'il est encore nécessaire d'admettre en principe que les vins blancs doivent être préférés aux vins rouges. Les raisons sur lesquelles nous appuyons notre proposition sont les suivantes. La préparation des vins blancs est beaucoup plus facile à exécuter que celle des vins rouges. Ces vins sont plus semblables entre eux que les vins rouges. Un vin médicinal préparé avec du vin rouge ressemble souvent, après un temps très court, quelquefois dès que la macération est achevée, à celui qui a été préparé avec du vin blanc. L'altération de la matière colorante du vin rouge ne peut avoir lieu en si peu de temps, que parce qu'une combinaison insoluble se forme avec le tannin, la matière colorante et quelques principes de la substance médicale ; ou bien, comme M. Soubeiran l'a reconnu en étudiant, avec le talent qui le caractérise, la préparation du vin de quinquina, parce que la matière colorante des vins rouges se dépose sur la fibre ligneuse, à la manière des substances tinctoriales, le tartre agissant comme mordant.
Afin d'éviter aux pharmaciens l'ennui de faire les calculs nécessaires pour employer tous les vins blancs a la préparation des vins médicinaux , nous avons dressé une table à l'aide de laquelle on peut trouver promptement la quantité d'alcool , etc., qu'il faut ajouter a un vin quelconque.
Pour construire cette table, nous avons fixé à la pour 100 d'alcool absolu la quantité d'alcool que les vins doivent contenir , parce que du vin alcoolisé a 15 pour 100 , nous a paru trop alcoolique pour l'usage médical, et parce que nous avons reconnu, en distillant du vin de Malaga qui avait été acheté dans une très bonne maison , et du vin de Malaga qui avait été acheté à Malaga par un de nos
parents, qu'ils contenaient, de iU à l/i,25 pour 100 d'alcool absolu. Nous avons choisi de l'alcool à 86 degrés centésimaux. Nous avons pensé que le poids du sucre devait être invariable, et qu'il fallait en employer 100 grammes par kilogramme, parce qu'un vin sucré laisse déposer moins facilement les principes tenus en dissolution , que lorsqu'il est simplement alcoolisé. Et nous avons commencé cette table avec du vin à 6 pour 100 , parce qu'on trouve, aux environs de Paris , des vins qui ne contiennent que 6 pour 100 d'alcool absolu.
Cette table est composée de trois colonnes : la première^ sous le titre de vins naturels au titre de^ représente les quantités d'alcool qui peuvent être contenues dans les vins choisis; la seconde, sous le titre de vins alcoolisés^ est composée des quantités de vin et d'alcool qu'il faut mélanger pour avoir un kilogramme de vin ; la troisième, sous le titre de vins alcoolisés et sucrés , renferme les quantités de vin, de sucre et d'alcool, qu'il faut mêler pour avoir un kilogramme de vin convenablement alcoolisé et sucré.
Pour se servir de cette table, il faut déterminer le titre du vin que l'on a choisi , chercher dans la première colonne le titre trouvé , lire dans les deux cases horizontales des deux autres colonnes les formules qui y sont inscrites, et choisir la composition que l'on veut, suivant qu'on désire préparer un vin alcoolisé ou un vin alcoolisé et sucré.
Si le vin contient 11,50 pour 100 d'alcool, on cherche dans la première colonne 11,50 pour 100 , et sur la même ligne horizontale on trouve dans la seconde case : — vin 971 grammes; alcool à 86 degrés centésimaux , 29 grammes; — et dans la troisième case : — vin, 857 grammes 96 centigrammes; sucre, 100 grammes; alcool à 86 degrés centésimaux , h1 grammes h centigrammes.
TABLE
POUR TROUVER LA QUANTITÉ D'ALGOOL A 86 DEGRÉS CENTÉSIMAUX ET LA QUANTITÉ d'ALCOOL ET DE SUCRE qu'il faut ajouter à un vin quelconque pour en faire du vin alcoolisé et du vin sucré et alcoolisé pouvant être employé à la préparation des vins médicinaux, et contenant 14 pour 100 d'alcool absolu (en volume).