DES SUBSTANCES INCOMPATIBLES
Art. îiXXV. — I>es substances incompatibles.
On dit que les substances sont incompatibles lorsqu'elles c peuvent exister dans le même liquide sans réagir les nés sur les autres. La réaction s'effectue de diverses maières : tantôt une substance peut, lorsqu'on la met en conict avec une autre, s'emparer d'un des principes constijants de cette substance pour former un corps soluble ou isoluble, et mettre l'autre en liberté. Le principe constipant, qui devient libre, se dégage s'il est gazeux, se précipite s'il est insoluble, ou reste en dissolution s'il est solule, tandis que la nouvelle combinaison se précipite si elle st insoluble. Tantôt, au contraire, les deux substances icuvent se décomposer simultanément, en échangeant chaune un de leurs principes constituants, et donner lieu à [eux nouvelles combinaisons dont l'une peut être soluble et autre insoluble, etc. ; tantôt encordes deux substances peuent se combiner simplement et former un composé qui n'a >as les propriétés des substances employées, mais qui en a ['autres qui dépendent de la nature des deux substances nimitives, etc., etc.
Il ressort de cette détinition que les réactions qui caracérisent les substances incompatibles sont des réactions purement chimiques, qui rentrent tout simplement dans es lois des affinités chimiques, et que, s'il est important de connaître les corps qui sont incompatibles entre eux, ce l'est pas seulement pour éviter de les mêler, puisqu'on peut profiter de leurs réactions, pour composer des préparations utiles.
On doit comprendre, d'après cela, que lorsqu'on lit dans les tableaux des substances incompatibles qu'une substance est incompatible avec une autre, cela ne veut pas toujours
dire qu'on ne doit jamais les employer simultanément ; car l'auteur du tableau prévient seulement le lecteur qu'il se passe entre ces deux corps des phénomènes chimiques assez curieux qui demandent à être étudiés, et le lecteur se tromperait gravement s'il croyait que toutes les substances qui sont inscrites dans ces tableaux ne doivent jamais être mélangées. Ainsi, lorsqu'on lit : L'eau de chaux et le sublimé corrosif sont incompatibles, lequinquina, la camomille, etc., sont incompatibles avec les sels de fer, cela veut-il dire : n'essayez jamais de dissoudre le sublimé avec de l'eau de chaux, et n'ajoutez jamais de sel de fer aux préparations de quinquina, de camomille, etc.? Non certes, puisqu'il résulte du traitement du sublimé par l'eau de chaux une préparation, l'eau phagédénique, très utile dans le pansement des vieux ulcères, et puisque les sels de fer sont de précieux auxiliaires des autres substances; mais cela veut dire : il y a une réaction entre le sublimé et l'eau de chaux, entre quelques principes solubles contenus dans le quinquina, etc., et les sels de fer, et vous devez chercher à connaître, avant de les prescrire, si la réaction est profonde et si les propriétés de ces substances sont modifiées ou entièrement détruites. C'est en opérant ainsi qu'on est arrivé à découvrir l'utilité de l'eau phagédénique, et à reconnaître qu'en agitant les solutés du quinquina, etc. , avec de l'oxyde de fer hydraté, l'incompatibilité de ces substances avec les sels de fer n'était qu'apparente, puisqu'après avoir séparé le tannin qu'elles contiennent, les propriétés de ces substances médicamenteuses, comme agents spéciaux, sont restées sensiblement les mêmes. Il n'y a souvent aucun inconvénient à prescrire deux substances incompatibles, parce que les corps qui prennent naissance ont quelquefois, quoique insolubles, des propriétés aussi efficaces que si les substances n'avaient exercé Tune sur l'autre aucune action sensible. Si c'est