‹ Manuel de pharmacie et art de formuler ... [electronic resource]Chapitre 79 sur 84 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Nous abordons maintenant la partie la plus difficile de notre tâche. Cette partie est difficile, parce qu elle est formée de composés qui ont pris naissance sous l'influence de forces chimiques complexes; de composés chimiques qui n'ont pas encore pu être séparés les uns des autres et étudiés convenablement; de composés que l'on appelle spécialités iodiques, et parce que nous devons craindre d'attirer sur nous non-seulement le courroux des parties intéressées, mais encore celui de tous les spécialistes. Ces messieurs sont liés de telle manière, qu'il est difficile de s'approcher d'eux, même avec les intentions les plus pures, les plus honnêtes, sans déterminer dans leurs molécules de longues vibrations plus ou moins sonores, et d'autant plus redoutables que le son en est moins intense.

Affrontons donc leur mécontentement, si s'occuper de ces préparations, au point de vue de la science pharmaceutique et de la thérapeutique, c'est affronter quelque chose. Mais commençons par dire ce que nous pensons de la spécialité, afin que les pharmaciens spécialistes que nous aimons, que nous estimons et que nous respectons, ne puissent pas nous en vouloir, par la seule raison que nous allons peut-être critiquer quelques formules qui ne méritent pas, à notre point de vue, l'honneur qu'on leur fait.

On a dit, peut-être même imprimé, que nous voulions fairela guerre aux pharmaciens spécialistes. C'est une erreur très grande. Nous n'avons jamais eu l'intention de déclarer la guerre à qui que ce soit; car il n'y a pas en nous assez d'étoffe pour soutenir la plus faible lutte. A d'autres donc,

580 FORMULAIRE lODIQUE.

plus instruits que nous, le droit et la gloire de coinbatire la spécialité. S'opposer sans force, suffisante à son extension, ce serait de la démence; car c'est un torrent qui est capable d'entraîner et de briser le malheureux qui, sans de puissants moyens, voudrait arrêter son mouvement.

Pour nous, la spécialité est un mal qui devient nécessaire ; elle convient aux malades, au plus grand nombre des médecins et à beaucoup de pharmaciens. Les premiers achètent ses produits avec espoir; les seconds les prescrivent sans inquiétude, sans eiïbrts de composition, et souvent avec bonheur; les troisièmes aiment à les vendre, parce qu'ils y trouvent de l'avantage. Que faire alors pour lutter contre de telles impossibilités? Comment prouver aux malades qu'ils sont dans l'erreur? Gomment dire aux médecins qu'ils compromettent leur réputation, qu'ils font peu d'honneur à leur instruction? Comment faire comprendre aux pharmaciens qu'ils n'agissent pas dans l'intérêt général, et que leur manière d'opérer fait le plus grand mal à la réputation des pharmaciens?

Si tous les pharmaciens pouvaient avoir une spécialité, nous verrions dans la spécialité, non pas un progrès, car elle ne peut jamais être un progrès, mais un moyen de faciliter la vente et la consommation des médicaments, en démontrant adroitement aux malades leur utilité. Il ne suffit pas, pour être spécialiste à ce point de vue, d'être pharmacien, pharmacien habile et distingué; car il faut, avant tout, être organisé pour le commerce et habiter une grande ville, une ville où la résidence seule triple le savoir. Comment prouver alors qu'une spécialité qui est basée sur de tels principes peut augmenter le bien être de tous les pharmaciens, perfectionner 1 art pharmaceutique, rehausser la pharmacie et la couvrir de gloire? C'est impossible, puisque le public est porté a considérer les pharmaciens non spé-

cialistes comme les élèves, les commis, les agents, les placiers des autres pharmaciens.

Pour honorer la pharmacie, tous les pharmaciens doivent travailler dans la proportion de leur force et de leur intelligence. En travaillant ainsi, les heureux, les hien constitués, découvrent des corps nouveaux, font des travaux remarquables et grandissent en gloire. Ceux qui sont moins bien organisés, ou qui ont une mission plus humble à remplir, se contentent de perfectionner les parties de la pharmacie qui leur sont accessibles, tandis que les autres suivent les conseils qui leur sont donnés. Tous travaillent dans des limites naturelles, et tous s'honorent les uns les autres. Si un d'entre eux fait une belle découverte, compose avec peine un agent thérapeutique nouveau , que le gouvernement lui accorde, pour dédommagement, le privilège de le préparer seul pendant un certain nombre d'années, et tout le monde approuvera cette spécialité, parce qu'elle diffère essentiellement de celle qui n'a pour but que de vanter des médicaments que tous les pharmaciens préparent ou savent préparer, et qui n'ont d'autre mérite que d'être difficiles k analyser.

Les partisans de la spécialité cherchent à faire ressortir son utilité en disant : Les spécialistes comptent peu sur la France; leurs espérances sont sur l'exportation. C'est une affaire importante que la spécialité ; la France en retire bien, chaque année, la somme de quatre millions de francs, et,' dans l'intérêt de l'industrie et de l'économie politique, le gouvernement doit la protéger.

Envisagée sous ce point de vue seulement, la spécialité rentre parmi les affaires commerciales, et ses produits peuvent être livrés à la consommation, sous la responsabilité de l'inventeur. Mais un gouvernement peut-il tolérer la spécialité pharmaceutique sans la soumettre, dans l'intérêt

de toutes les populations , à un certain contrôle? Peut-il , quelque grand que soit le profit qu il puisse en tirer, la tolérer pour l'étranger, s'il la défend dans ses États? Cela nous paraît impossible et irrationnel.

MM. les spécialistes pensent encore que la pharmacie se fait bien mieux, bien plus largement et plus scrupuleusement chez les pharmaciens spécialistes que chez les autres pharmaciens. La seule preuve qu'ils en donnent, c'est, disent-ils, que le pharmacien a besoin d'être riche pour bien faire la pharmacie.

Loin de nous la pensée de soupçonner MM. les spécialistes; mais nous sommes convaincu que, pour bien faire la pharmacie, il n'est pas nécessaire de rouler sur l'or : il faut simplement avoir de l'honneur et de la conscience, se mettre k la place du malade, ou y mettre une personne qu'on aime, ou bien encore préparer, lorsqu'on est seul, comme si l'on avait des témoins, ou comme si Ton était sous les yeux d'un observateur caché. Avec ces dispositions d'esprit, avec cette habitude qu'il est facile de prendre, le pharmacien, quelque pauvre qu'il soit, est capable de lutter avantageusement avec le pharmacien le plus riche, avec le pharmacien spécialiste le plus habile.

Quelques personnes dont l'opinion a une certaine autorité en France, et qui ne partagent pas les idées des spécialistes, ont fait prendre des mesures qui paraissent sévères, mais qui, en réalité, ne présentent aucune garantie : elles sont plutôt de nature à augmenter le nombre des spécialistes qu'à le diminuer. En effet, ces personnes se sont contentées de faire poser en principe qu'une préparation pharmaceutique ne serait tolérée dans les pharmacies que lorsque la formule aurait été insérée au Codex, ou approuvée par l'Académie de médecine. Ce n'est pas ce principe qu'il fallait poser : il fallait laisser aux pharmaciens le

droit, qui leur appartient, d'avoir à leur disposition toutes les substances nécessaires à leurs études, et de pouvoir préparer toutes sortes de médicaments, puisque, sans cela, ils ne peuvent s'instruire. Chacun fait des expériences comme il sait les faire, et ce n'est pas toujours la science qui préside aux belles découvertes. Le hasard protège souvent l'homme ingénieux au détriment de l'homme savant. Il fallait dire : Les prospectus sont supprimés; les médicaments ne seront pas vendus avec des instructions imprimées; les formules du Codex ne seront jamais annoncées; les nouvelles préparations ne pourront être vendues que sur des prescriptions de médecins, ou qu'après l'insertion des formules au Codex. Pour que ces formules soient insérées au Codex, il faut ou l'approbation de l'Académie de médecine, ou l'approbation d'une commission spéciale, dite commission permanente du Codex, chargée de publier de temps en temps des fascicules du Codex, obligatoires pour tous les pharmaciens et tous les médecins.

Si l'on préférait l'Académie de médecine, il fallait faire admettre ceci : Les mémoires sur les nouveaux agents thérapeutiques simples ou composés, les nouvelles formules, etc., seront présentés à l'Académie de médecine; une commission sera nommée pour prendre connaissance des faits annoncés. La commission fera son rapport en comité secret, et le rapport ne sera jamais publié. Si le rapport est favorable, les mémoires, les formules, etc., et les rapports seront renvoyés pour être examinés par la comaiission du Codex, puisque le ministre nomme toujours une commission pour étudier les formules qui doivent composer un nouveau Codex; mais ces mémoires, etc., pourront être insérés dans le Bulletin de F Académie, si l'Académie le juge convenable.

La commission permanente du Codex nous paraît préfé-

58^ FORMULAIRE lODIQUE.

rable à l'Académie, par la simple raison que voici. Si TAcadémie de médecine avait approuvé une mauvaise formule, ou en avait rejeté une bonne, la commission du Codex devrait-elle imprimer l'une, parce qu'elle a été approuvée, et refuser l'autre, parce qu'elle a été rejetée par l'Académie? Nous ne le pensons pas; car la commission du Codex ne peut, sans se compromettre, imprimer une mauvaise formule, et ne peut, sans cesser d'être impartiale, refuser une bonne formule. Alors, que devient l'approbation de l'Académie de médecine?

Ces réflexions, nous les livrons aux médecins et à nos confrères pour ce qu'elles valent : elles sont, il est vrai, peu propres à favoriser la spécialité.

Art. XXXÏI. — ©es préparations iodo-tanniques.

Les pharmaciens préparent depuis longtemps des médicaments iodo-tanniques. M. Puche a publié, il y a plus de dix ans, une formule dans laquelle il entre du tannin et de l'iode ; mais, comme il a employé en même temps de Tiodure de potassium, ce n'est pas k lui que revient l'honneur d'avoir découvert que le tannin avait la propriété de dissoudre cet agent thérapeutique Cet honneur appartient de droit à M. Debauque; car il a positivement dit en 1851, dans le Journal d'Amei^s, qu'il avait reconnu que le tannin avait la propriété de dissoudre l'iode, et il a proposé en même temps de se servir du sirop d'écorce d'orange pour les préparations internes, et du tannin pour les préparations externes.

Plus tard, MM. Socquet et Guillermond développèrent la découverte de M.. Debauque, et publièrent trois formules iodo-tanniques. Ces habiles praticiens pensent qu'elles sont de nature à pouvoir être substituées, dans presque tous les cas, aux composés iodés connus, puisqu'ils disent : « La

t)ES PRÉPARATIONS lODO-TANNIQUES.

solution iodo-tannique se prête admirablement à toutes les formes pharmaceutiques. Pour l'usage interne, nous n'en avons pas trouvé de plus commode et de plus convenable que celle du sirop iodo-tannique.

» Deux formules nous ont paru nécessaires pour l'usage externe : la première, que nous appellerons solution iodotannique normale, parce que l'iode et le tannin s'y trouvent dans des rapports constants, et que ces éléments sont combinés entre eux ; la deuxième, que nous appellerons iodotannique iodurée, dans laquelle une partie de l'iode se trouve libre, seulement à l'état de dissolution, et oix il agit par lui-même. »

Voici ces formules :

Pour 1 kilogramme de sirop.

On aura soin d'employer un extrait de ratanhia entièrement soluble; l'extrait préparé dans le vide par M. Grand val nous a paru très-convenable à cet objet.

Faites dissoudre l'iode dans une très petite quantité d'alcool, et mélangez-le avec une solution aqueuse d'extrait de ratanhia; versez le tout dans un matras de verre, laissez opérer la réaction pendant l'espace de quelques heures. Séparez, en filtrant la liqueur, le dépôt brun pulvérulent qui s'est déposé, lavez-le avec de l'eau pour enlever tout l'iode qu'il peut retenir; réunissez les colatures, versez-les sur une assiette, et concentrez-les à la vapeur. Lorsqu'elles sont suffisamment concentrées, ajoutez le sucre, et faites le sirop.

Ce sirop a une couleur magninque : son goût est agréable,

Sirop iodo-tannique.

Iode . .

Extrait de ratanhia Eau et sucre

2 grammes.

FORMULAIRE lODlQUE.

et il contient invariablement 6 centigrammes d'iode par 30 grammes, et peut être conservé indéfiniment.

Il ne faut employer, pour préparer ce sirop, que des vases de verre ou des bassines de fonte émaillée.

Solution iodo-tannique normale.

La solution iodo-tannique neutre s'obtient en mêlant par trituration.

îode grammes.

Tannin 45

Eau 1000

La solution est complète au bout de peu de temps; on la filtre et on la concentre, par une évaporation ménagée, jusqu'à ce qu'elle soit réduite à 100 grammes, après avoir eu soin toutefois de bien l'examiner au papier amidonné.

Cette préparation peut servir en injection dans les divers conduits recouverts d'une membrane muqueuse, tels que le canal de l'urètre, le vagin; elle peut être employée avec avantage en gargarisme, dans les gingivites scorbutiques.

Opérez la dissolution par trituration, et achevez-la à l'aide d'une douce chaleur, dans un matras de verre placé au bain-marie.

Cette solution offre l'avantage précieux de dissoudre Tiocle complètement, et de manière qu'il ne se dépose jamais, quelle que soit la quantité d'eau avec laquelle on veuille l'étendre. Elle est soluble en toute proportion dans ce véhicule. Elle doit remplacer les solutions iodées faites avec l'intervention de l'alcool ou de la potasse.

Cette solution servira surtout à toucher les ulcères du col utérin, ceux qui surviennent aux gencives et déchaussent

Solution iodo-tannique iodurée.

Tannin Iode . . .

Eau . . .

10 grammes.

DES PRÉPAIUTIONS lODO-TANNIQUES. 587

les dents, ceux qui ont leur siège à la voûte du palais. Elle peut être employée sur les vésicatoires dénudés, pour faire absorber l'iode, ou en fomentations sur les genoux tuméfiés, à la suite d'une bydarthrose. Étendue d'une plus grande quantité d'eau, elle peut servir en injections pour les grandes surfaces séreuses, comme le péritoine, l'hydrocèle et les diverses tumeurs enkystées.

Ces formules portent le même nom, et cependant il n'y a pas entre elles le rapport qu'on devrait y trouver. En effet, le sirop iodo-tannique (qui serait mieux nommé sirop de ratanhia iodé, en attendant qu'on connaisse l'état sous lequel Tiode se trouve dans ce sirop) est préparé avec 2 grammes d'iode et 8 grammes d'extrait de ratanhia, tandis que la solution iodo-tannique normale ou neutre, qui serait mieux désignée sous un autre nom , car il n'y a rien de normal dans sa composition, est formée avec 2 grammes d'iode,et 18 grammes de tannin. Quant à la solution iodotannique iodurée qui n'est pas iodurée, mais qui est iodée, elle est composée avec 5 grammes d'iode et 10 grammes de tannin. C'est une formule à part.

Pour la première formule, les auteurs emploient 8 grammes d'extrait de ratanhia pour dissoudre et dissimuler 2 grammes d'iode ; pour la seconde, ils prescrivent 18 grammes de tannin pour produire le même effet. Le tannin pur n'est donc pas le meilleur dissolvant et le meilleur dissimulant de l'iode, puisqu'il faut moins d'extrait de ratanhia que de tannin pour le dissoudre et le dissimuler. Mais n'anticipons pas sur les faits de cette discussion, qui promet d'être intéressante, et commençons par le sirop iodo-tannique.

Sirop iodo-tannique. - Notre habile confrère M. Mouchon (de Lyon) a signalé un fait grave : il a voulu préparer le sirop iodo-tannique, et il a reconnu qu'il devait y avoir

588 FORMULAIRE lODIQUE.

une erreur dans le poids de l'iode prescrit, parce qu'en exécutant cette formule, il avait découvert qu'il fallait plus du double de l'extrait de ratanhia prescrit pour obtenir une solution inactive sur un soluté amidonné. M. Guillermond a répondu a M. Mouchon : « Si, au lieu de nous faire parvenir ses conseils par l'intermédiaire de la presse médicale, M. Mouchon nous eût fait l'honneur de se joindre à nous pour répéter nos expériences, il aurait vu que l'erreur n'était pas de notre côté, et que non -seulement la proportion indiquée est suffisante, mais qu'elle pourrait être encore moins forte, etc. »

Voilà la question parfaitement posée; il n'y a pas d'erreur typographique dans la formule : 8 grammes d'extrait de ratanhia peuvent dissimuler plus d'iode qu'il n'en a été prescrit.

S'il n'y a pas d'erreur typographique dans cette formule^ il y a au moins une omission dans la description du inodas faciendi; car, comme notre honorable confrère M Mouchon, nous avons reconnu qu'il fallait plus de 8 grammes d'extrait de ratanhia, préparé par M. Grandval, pour obtenir une solution sans action sur Tamidon. Cependant, si nous profitons d'une observation faite par M. Guillermond pour prouver à M. Mouchon que le sirop qu'il propose de substituer au sien n'est pas acceptable, nous trouverons peut-être la clef d'une partie du problème. M. Guillermond dit : « Pour dissoudre 2 grammes d'iode, il faut au moins 40 grammes d'alcool. Cette quantité, ajoutée à 1 kilogramme de sirop, ne peut être indifférente lorsqu'il s'agit d'administrer la préparation aux enfants. »

En décrivant son procédé, M. Guillermond nous recommande de faire dissoudre l'iode dans une très petite quantité d'alcool. Cela veut-il dire : N'employez que le moins possible d'alcool? Pas du tout; cela veut dire : Employez

DES PRÉPARATIONS lODO-TANNlQUES. 589

beaucoup d'alcool, puisqu'il en faut, d'après lui, au moins ^0 grammes. Tout le monde sait cependant que la teinture d'iode du Codex n'est préparée qu'avec 12 parties d'alcool pour une partie d'iode. Ce détail étant connu, nous recommençâmes l'opération, et nous employâmes cette fois :

Iode l gramme.

Alcool à 94^* centésim 20

Extrait de ratanhia 4

Eau 300

Le lendemain, la liqueur contenait encore un peu d'iode libre; il fallait 50 centigrammes d'extrait de plus pour le faire disparaître.

Nous ne voudrions pas suivre M. Guillermond trop loin; cependant nous ne pouvons pas laisser sans réponse les phrases dans lesquelles il dit : « Cette addition directe de l'iode ou de la teinture d'iode dans un sirop de ratanhia ne nous paraît pas devoir constituer un médicament meilleur que la teinture elle même, parce que nous doutons fort que l'iode puisse être combiné suffisamment, dans ce cas, avec le principe astringent, et que, pour arriver à sa neutralisation, du moins apparente, il faudrait, en suivant le procédé de M. Mouchon, des quantités de ratanhia trop considérables. Un avantage de notre sirop, c'est qu'on y retrouve intégralement l'iode qu'on y a introduit; car le dépôt abondant qui se forme dans les solutions n'en retient point, si l'on a eu le soin de le laver suffisamment. »

M. Guillermond confond deux choses : la manière dont agissent sur l'iode le tannin et l'extrait de ratanhia. Il a raison s'il croit que l'extrait de ratanhia agit de la même manière que le tannin : mais il n'est pas dans le vrai; nous le prouverons en nous occupant des solutions iodo-tanniques. En attendant, nous dirons que nous ne pouvons pas admettre que les effets du sirop de ratanhia, auquel on

590 FORMULAIRE lODIQUE.

ajoute de la teinture d'iode, puissent être comparés a ceux de la teinture d'iode ; car nous ne doutons pas que les principes constituants de ce sirop ne soient parfaitement combinés avec l'iode lorsqu'on se contente d'ajouter un soluté alcoolique d'iode a ce sirop. Seulement, il est nécessaire, lorsqu'on compose une formule, de ne pas oublier que les agents thérapeutiques ne peuvent se conformer ni à nos exigences ni à nos désirs, et que nous devons nous soumettre à leurs propriétés, et ne pas leur demander plus qu'ils ne peuvent nous donner. Nous ferons remarquer enfin que son sirop ne contient pas tout l'iode qu'il emploie. Nous avons trouvé une assez forte proportion d'iode dans le résidu, après l'avoir calciné avec quelques centigrammes de potasse pure. Ce dépôt, qui provenait de U grammes 50 centigrammes de ratanhia de M. Grandval, avait été lavé avec 2 kilogrammes d'eau.

Solution normale. — Nous avons suivi ponctuellement les principes de MM. Socquet et Guillermond, et nous avons remarqué que, peu de temps après sa préparation, la liqueur ne contenait plus d'iode libre : elle était parfaitement neutre. Nous la fillrâmes, et nous la fîmes évaporer audessus d'un bain de vapeur a basse température. Voici nos remarques : à mesure que la concentration s'opère, la couleur de la liqueur se fonce, et une partie de l'iode est mise en liberté. Lorsque la liqueur est arrivée à son poirit de concentration, la solution normale contient beaucoup d'iode libre. Nous recommençâmes plusieurs fois cette opération, et nous obtînmes toujours le même résultat.

Nous savions que M. le docteur Debout avait de la solution normale de MM. Socquet et Guillermond, et nous le priâmes de nous la confier pour l'étudier et pour contrôler nos expériences. M. le docteur Debout nous remit son flacon avec son empressement habituel , lorsqu'il s'agit du

DES PRÉPARATIONS lODO-TANNlQUES. 591

progrès de la thérapeutique, et nous l'en remercions bien sincèrement.

Cette solution était neutre au papier amidonné; mais elle était très acide au papier de tournesol. L'iode, qui devient libre pendant la concentration de la liqueur, s'était donc transformé en acide iodhydrique. En effet, le sulfate ferreux donne instantanément k cette liqueur la propriété d'agir énergiquement sur le papier amidonné. Comme on pouvait penser que nous avions confondu l'action du tannin, plus ou moins modifié par l'iode, sur les sels de fer avec la couleur de l'iodure d'amidon, nous avons essayé, avec le même succès, le bi-oxyde de baryum. Pour qu'on ne nous accusât pas d'avoir oublié que l'oxyde de baryum pouvait saturer la propriété dissolvante du tannin et mettre de l'iode en liberté, nous employâmes le bi-oxyde de plomb et le bi-oxyde de manganèse, et nous obtînmes des réactions parfaitement identiques. Nous avions donc raison de dire, en commençant, que cette solution normale n'avait rien de normal dans sa composition.

Solution iodo'tannique iodée. — Nous n'avons que peu de choses k dire sur cette solution ; nous ferons remarquer cependant qu'il ne faut pas exalter ses propriétés, et croire qu'elle contient beaucoup plus d'iode que la teinture d'iode du Codex, car :

1 gramme de la teinture du Codex représente 0,0769 d'iode, tandis que

1 gramme du soluté iodo-tannique iodé représente 5 centigrammes d'iode et 10 centigrammes de tannin.

1 gramme de la solution dite normale contient 5 centigrammes d'iode et ^5 centigrammes de tannin.

En voyant employer par MM. Socquet et Guillermond de l'alcool pour préparer un médicament destiné a l'usage interne, lorsque ces savants pensent qu'un sirop qui con-

tient /lO grammes d'alcool par kilogramme ne peut être administré aux enfants, nous nous sommes demandé pourquoi ces messieurs n avaient pas empioyé d'alcool pour préparer leurs solutions iodo-tanniques, et nous avons reconnu qu'en se servant d'alcool pour préparer la solution normale, on ne pouvait pas obtenir, même après huit jours de macération, une solution parfaitement inactive sur le papier amidonné. Cette solution ne cesse de colorer l'amidon (jue lorsque l'iode libre a été transformé en acide iodhydrique, et nous avons compris pourquoi M. Guillermond pensait que l'iode ne devait pas se combiner avec les principes du sirop de ratanhia, lorsqu'on ajoutait de la teinture d'iode a ce sirop.

Pour résumer nos observations, nous dirons : Le sirop iodo-iannique de MM. Socquet et Guillermond doit porter le nom de sirop de ratanhia iodé, en attendant un meilleur nom. ïl est préférable d'ajouter une solution d'iode à du sirop de ratanhia que de suivre le procédé de ces habiles praticiens. La formule générale des sirops qui portent maintenant le nom de sirops iodés est facile à établir, puisqu'il suffit de dissoudre de Tiode dans un peu d'alcool , et de mêler cette solution avec des sirops qui contiennent des principes qui peuvent dissimuler la présence de l'iode. Ce- |)endant il est des circonstances où l'on ferait bien de préférer riodure de potassium à l'alcool.

Ces circonstances sont naturellement indiquées ou par la saveur particulière que l'alcool communique au sirop, ou parce que certaines substances médicamenteuses n'ont pas la propriété de masquer assez l'odeur et la saveur de l'alcool. D'ailleurs, l'iodure de potassium no peut qu'augmenter les propriétés des sirops. La quantité d'iode qu'on peut ajouter a ces sirops doit toujours être proportionnelle au pouvoir dissimulant des sirops qu'on choisit : les doses or-

DES PRÉPARATIONS lODO-TANNIQUES. 593

dinaires oscillent entre 2 et 5 centigrammes par cuillerée. Il ne faut pas croire que l'iode reste dans ces sirops à l'élat élémentaire, ou qu'il entre comme principe élémentaire constituant de nouvelles molécules organiques, et que ces sirops doivent être prescrits avec la même prudence que les préparations qui contiennent de l'iode libre ; car ces sirops rentrent, pour la plupart, dans les conditions des préparations iodurées.

On sait bien, lorsqu'on ajoute de l'iode à du sirop simple, que le sirop contient de l'iode; mais on ne peut pas en dire autant lorsqu'on en ajoute à des sirops composés. Il est probable que l'iode s'unit d'abord aux principes pour lesquels il a une certaine affinité, ou avec les molécules qui peuvent le dissimuler, et qu'il reste dans cet état jusqu'à ce qu'une combinaison plus fixe ait pu se produire. Généralement on apprécie mal un médicament d'une forme nouvelle; on a toujours en vue le corps qu'on emploie, et non le corps en lequel il a pu se transformer. Aussi n'est-ce qu'après avoir étudié convenablement la composition de ces préparations et leur action thérapeutique, qu'on arrive à les formuler et aies prescrire convenablement. On a exalté les propriétés des sirops dits iodés : ce sont de bonnes préparations sans doute, mais elles ne représentent pas toujours la quantité d'iode qu'on y introduit. Toutes les fois qu'il se forme un précipité par l'addition du soluté d'iode, on peut être certain que ce précipité contient des quantités notables d'iode. Nous l'avons constaté pour le sirop de ratanhia et pour le sirop de quinquina jaune. Ce dernier avait été préparé avec :

Iode 50 centigr.

Alcool lOgram.

Sirop de quinquina à l'eau. . 189 50

Une cuillerée devait représenter 5 centigrammes d'iode.

594 FORMULAIRE lODIQUE.

La solution iodo-tannique normale n'est nullement normale : elle contient d'abord de l'iode libre, puis de l'acide iodhydrique.

La solution iodo-tannique iodée peut rendre des services ; son action est différente de l'action de la teinture d'iode, puisqu'elle contient du tannin. Elle renferme moins d'iode que la teinture du Codex, et peut être préparée en quelques secondes, au moment où Ton en a besoin, en employant :

Iode s grammes.

Tannin 10

Alcool 35

Eau 50

Le tannin dissout l'iode ; mais il se décompose sous l'influence de l'iode, et l'iode se transforme en acide iodhydrique, tandis que le tannin se modifie. Nous avons précipité la liqueur normale qui avait été préparée avec de l'alcool, lorsqu'elle était presque neutre, par de l'eau de chaux, jusqu'à ce que la solution filtrée ne fût plus précipitée par une dissolution de gélatine, et nous avons trouvé au liquide plusieurs des caractères qui distinguent l'acide gallique. Nous avons obtenu la même réaction avec la solution normale de MM. Socquet et Guiilermond.

L'action du tannin pur sur l'iode n'est nullement comparable à l'action des substances médicamenteuses complexes qui contiennent du tannin, et l'iode ne se trouve pas sous le même état dans ces médicaments. Enfin les préparations iodo-tanniques de MM. Socquet et Guiilermond sont loin d'être les meilleures préparations iodées.

Sirop anliscorhutique iodé (Griraault).

Sirop de raifort fait à froid 1 kilog.

Iode 5 1 gram. 60 ceutig.

Dissolvez l'iode dans une petite quantité d'alcool absolu, et mêlez ce soluté avec le sirop. Laissez en contact dans un

DES PRÉPARATIONS lODO-TANNIQUES. 595

vase de verre, en agitant de temps à autre jusqu à ce que l'amidon ne décèle plus la présence de l'iode; passez à couvert à la pâte de papier et conservez.

Une cuillerée à café le matin, à jeun, pour les enfants; on augmente graduellement. Deux à six cuillerées progressivement, dans les vingt-quatre heures, pour les adultes.

20 grammes, ou la cuillerée, représentent 32 milligrammes d'iode.

Nous aurions préféré un dosage plus simple.

Ce sirop peut être préparé avec le sirop antiscorbutique ordinaire. Ses effets sont absolument les mêmes. Lorsqu'on mêlel'alcoolé d'iode avec le sirop antiscorbutique des pharmacies, le sirop devient bleu violet, et se décolore promptement.

Sirop iodo-tannique ou de ratanhia iodé (Mouchon).

M. Mouchon prépare ce sirop en ajoutant 2 grammes d'iode, en solution dans l'alcool, à 1 kilogramme de sirop de ratanhia préparé avec :

Ratanhia en poudre grossière ... 250 gram.

Eau pure 1 kilog.

Alcool à 20" cenlésim 500

Sirop simple 2

On traite le ratanhia par déplacement; on évapore pour obtenir 2 kilogrammes de sirop. Il contient k centigrammes d'iode modifié, et le déplacé de 2 grammes 50 centigrammes de racine de ratanhia.

Ce sirop nous paraît trop chargé en principes astringents.

Sirop de noix de galle iodé.

M. Mouchon prépare ce sirop de la même manière que le sirop de ratanhia, en employant du sirop de noix de galle au lieu de sirop de ratanhia.

Ce sirop contient par cuillerée le macéré de 1 gramme 20 centigrammes de noix de galle. Il est réellement trop astringent.

Sirop tannique ioduré {Vuche ).

lodure de potassium 20 grammes.

Iode 1

Tannin. 2

Sirop d'écorcc d'orange 450

Eau 27

Contre les scrofules.

20 grammes représentent 80 centigrammes d'iode et 8 centigrammes de tannin.

.Sirop d'extrait de feuilles de tussilage iodo-ioduré (Deschamps).

Iode 20 centigrammes.

lodure de potassium 40

Eau 1 gramme.

Sirop d'extrait de feuilles de tus^silage

pour 200 grammes de sirop.

20 représentent 2 centigrammes d'iode et h centigrammes d'iodure.

Nous n'avons proposé cette formule que pour indiquer (]u il était possible de préparer un sirop iodé avec le sirop d'extrait de tussilage.

Art. XXXÏII. — Be l'huiîe iodée.

§ 1. — Plusieurs formules ont été proposées pour préparer cette huile; nous allons les passer en revue.

En 18/i8, M. Marchai (de Calvi) disait :

Dissolvez 5 centigrammes d'iode par gramme d'huile d'amande; prenez ensuite 1 gramme, par exemple, de celte huile iodée, et faites une émulsion homogène au moyen de la gomme adragante et de l'eau.

Cette émulsion a été employée avec succès dans les adénites chroniques ou aiguës, ou pour résoudre des tumeurs

DE l'huile iodée.

ou des engorgeaients contre lesquels Tiodure de potassium, employé à l'extérieur, était resté impuissant.

Il existait encore , à cette époque , une assez mauvaise formule que voici ; mais on n'en connaît pas l'auteur :

En 1850, M. Personne proposa la formule suivante : Faites dissoudre 1 gramme d'iode dans 100 grammes d'huile d'olive ou d'amande. Le liquide, qui est d'abord assez coloré, se décolore peu à peu, et a repris sa teinte naturelle dans l'espace de trente-six heures à peu près; il se colore de nouveau, et acquiert une teinte linnie que l'on fait disparaître en agitant le liquide huileux avec un faible soluté de bicarbonate de potasse.

Telle était la formule (|ue M. Personne avait adressée k l Académie lorsque nous présentâmes notre note. Un aussi habile pharmacien que M. Personne ne pouvait pas laisser examiner une semblable formule; aussi la modilia-l-il promptement de la manière suivante :

- Faites dissoudre 5 grammes d iode dans 1 kilogramme d'huile d'amande; puis injectez dans le liquide un courant de vapeur d^eau jusqu'à complète décoloration. Ajoutez de nouveau 5 grammes d^iode par fractions, et continuez le courant de vapeur pour obtenir la décoloration complète. Décantez l'eau, et lavez l'huile avec un faible soluté de bicarbonate de potasse ou de soude, jusqu'à ce que toute réaction acide ait disparu ; laissez déposer, et filtrez l'huile au papier. 11 faut ajouter que, pour obtenir une huile qui puisse se conserver, il est nécessaire de décanter l'eau qui

Huile d'amande.

Sirop diacode. . .

Gomme arabique Eau

30 grammes.

Pour 125 grammes d'émulsion. Ajoutez :

Teinture d'iode

4 grammes.

598 FORMULAIRE lODlQUE.

s'est condensée, et de faire passer plusieurs fois de la vapeur d'eau.

Voici les formules que nous avons proposées. Nous ne reproduirons pas notre travail, qui a été publie dans le Répertoire de pharmacie, t. VIII, p. 97; mais nous dirons qu'en le commençant nous n'avions pas pour but de préparer une huile iodée : nous voulions chercher à expliquer la réaction de l'iode sur l'huile, réaction signalée par M. Po- IvdoreBoullay, et que ce n'est qu'après avoir fait beaucoup d'expériences que nous avons eu l'idée de préparer deux huiles iodées pour l'usage médical. Les corps qui se forment pendant cette réaction sont nombreux et difticiles à isoler. Le lavage, avec l'éther, d'un seul (celui que nous considérons comme de l'oxyde de lipyle plus ou moins modiBé, ou, en d'autres termes, comme de la glycérine qui, n'ayant pas trouvé, à l'instant de sa séparation des acides gras, la quantité d'eau qui lui est nécessaire pour exister, s'est transformée en une matière nouvelle, de couleur noire) nous a demandé deux mois.

Huile iodée médicinale incolore (Descliamps).

Huile d'amande 100 grammes.

Teinture d'iode

Représentant 2 grammes d'iode.

Versez ce mélange dans une cornue ou dans un ballon, introduisez une feuille de platine roulée, et distillez ou chauffez avec précaution jusqu'à ce que l'huile soit entièrement décolorée; laissez refroidir l'huile, et lavez-la avec de l'eau contenant 2 grammes de bicarbonate de soude par 1000 grammes d'eau, puis avec de l'eau simple, pour enlever l'excès d'alcali. Filtrez l'huile dans un flacon, ajoutez 2 grammes d'amidon, agitez et chauffez au bain-marie pendant une demi-heure; laissez refroidir, et conservez dans des flacons remplis le plus possible.

DE L HUILE IODEE.

1 gramiîie représente 52 milligrammes d'iode, et 12 grammes coiitiennent autant d'iode que 1 litre d'huile de foie de morue.

Quelquefois l'huile s'émulsionne quand on la lave avec de l'eau; lorsque cela arrive, il faut faire bouillir de l'eau dans un vase étamé, verser l'huile émulsionnée, faire bouillir un peu, décanter, etc.

Nous n'avons jamais opéré avec plus de kOO grammes d'huile à la fois. H y a même de l'avantage à fractionner l'huile; on en prépare beaucoup plus en un temps donné.

Pesez l'iode et l'huile dans un flacon, et chauffez au bain marie pendant quelques heures. Agitez de temps en temps pour que l'iode ne réagisse pas trop fortement sur une partie de l'huile, et ne détermine pas la formation de cette matière noire dont nous avons parlé, et laissez refroidir. Lavez l'huile avec de l'alcool pour enlever l'excès de Fiode, et lavez-la avec de l'eau alcaline, puis avec de l'eau, etc.

1 gramme représente 81 milligrammes d'iode, et 2 grammes contiennent plus d'iode que 1 litre d'huile de foie de morue.

Cette huile est parfaitement supportée par les malades; ses effets ne paraissent pas proportionnels à la quantité d'iode qu'elle contient.

L'huile incolore, employée simultanément à l'intérieur et à l'extérieur dans plusieurs cas d'impétigo chronique, a amené assez rapidement la résolution de l'éruption, plus rapidement que n'avait pu le faire Thuile de foie de morue.

Dans deux cas d'esthiomène à forme érythémateuse, elle

Huile iodée médicinale colorée (Deschamps).

Iode

Huile d'amande

10 grammes.

a paru douée d'une qualité résolutive. Les expériences ne sont pas assez nombreuses pour juger son uiiiité.

M. Berthé a proposé plus tard une formule d'huile iodée et une formule d'huile iodo-phosphorée.

Hmie iodée (Berthé).

Iode ^ grammes.

Huile d'amande 1000

Chauffez au bain-marie.

L'huile se décolore, et l'iode entre en combinaison assez intime avec l'huile pour que l'amidon n'indique plus sa présence. Elle est parfaitement transparente, sans odeur, et sa saveur n'est pas désagréable. Elle n'est pas acide, mais elle peut le devenir lorsqu'on la met en contact avec de la vapeur d'eau. Elle contient tout l'iode qu'on emploie pour la préparer.

Huile iodo-phosphorée (Berthé).

Pour préparer cette huile M. Berthé se contente de dissoudre du phosphore dans une petite quantité d'huile, et d'ajouter ce soluté au reste de l'huile, en même temps que 1 iode.

Huile iodée (Hannon).

Huile d'olive grammes.

Iode • ^

Triturez dans un mortier chauffé. Chaque goutte doit renfermer 5 milligrammes d iode.

Si nous n'avions pas pris l'engagement de faire des observations sur chaque formule, nous en resterions là; car, en discutant les formules des huiles iodées, nous pouvons nous trouver en opposition avec une décision de l'Académie de médecine. Quoique nous respections beaucoup les décisions académiques, nous ne devons pas cependant ces-

DE l'huile iodée. tOl

ser de remplir nos engagements, surtout lorsque nous avons l'intention de les remplir avec impartialité.

Huile de M. Marchai. — Cette huile ne peut pas être considérée comme une huile iodée : c'est une huile qui contient de l'iode libre, et sa composition change à chaque minute. Elle n'est pas comparable aux autres huiles iodées , et M. Marchai ne peut pas réclamer la priorité de cette invention.

Huile de M. Personne. — Cette huile a été approuvée par la commission académique, et la commission pense que « la formule et le mode de préparation proposés par M. Personne sont préférables aux autres, et doivent être adoptés quant k présent. » C'est avec regret que nous sommes obligé de dire que l'huile de M. Personne ne contient que rarement la quantité d'iode qu'elle devrait contenir.

Huile de M, Deschamps. — Celte huile (huile incolore) ne peut être préparée qu'en petit. L'opération est longue. On perd beaucoup d'iode sous forme d'acide iodhydrique, etc.; mais l'huile contient toujours, autant qu'on peut l'affirmer après avoir analysé l'huile de cinq opéra tions, la même quantité d'iode. Si l'auteur a reconiinandé d'analyser l'huile de chaque opération , c'est parce qu'il peut arriver que des opérateurs peu exercés croient l'huile terminée lorsqu'elle ne l'est pas, mais pas pour une autre cause M. le rapporteur n'a pas compris pourquoi l'auteur de cette formule avait fait cette recommandation, qu'il eût été si utile de faire pour l'huile de M. Personne.

L'huile iodée colorée est d'un prix trop élevé, et ses effets ne aont pas assez remarquables pour qu'on puisse l'employer.

Huile de M. Berthé. — De tous les procédés qui ont été proposés pour préparer l'huile iodée, c'est certainement celui de M. Berthé qui est le meilleur. L'huile est

602 FORMULAIRE lODiQ'JE.

faciie à faire; sa saveur est moins désagréable que celle des autres huiles iodées. Elle est susceptible de mieux se conserver, parce que, pendant sa préparation, une partie de riiuile a été moins profondément altérée.

Nous ferons cependant quelques remarques. Pour obtenir une bonne huile, il faut opérer dans un vase ouvert; il faut encore, quand on opère en grand, employer de l'iode en poudre, et agiter l'huile continuellement, afin qu'une partie de l'iode n'exerce pas sur l'huile cette réaction que nous avons signalée (la formation de cette matière noire, qui paraît toujours dès qu'une assez forte proportion d'iode se trouve en contact avec un peu d'huile). La nécessité d opérer au contact de l'air prouve que l'huile ne contient pas tout l'iode qu'on emploie, et qu'une petite quantité se dégage sous une forme particulière. L'huile préparée dans un vase fermé se colore lorsqu'on Texpose à l'air, et il est très facile d'y découvrir la présence de l'iode.

Huile phosphorée. — Nous ne voyons rien de nouveau dans cette huile; car il n'est pas possible de supposer que le phosphore que l'on fait dissoudre dans une petite quantité d'huile ait la propriété de former immédiatement une molécule organique semblable à celle qui est contenue dans l'huile de foie de morue.

Fn résumé, cette huile est inutile; on peut, si l'on veut administrer un mélange de cette nature, prescrire de l'huile iodée et de l'huile phosphorée.

Huile de M. Hannon. — Les proportions d'iode et d'huile sont les proportions que nous avons choisies pour la préparation de notre huile iodée colorée; mais l'huile de M. Hannon ne ressemble pas a la nôtre, non-seulement parce que nous employons de l'huile d'amande, qui est moins aiiérable par l'iode que l'huile d'olive, mais encore parce (lue l'huile de M. Hannon contient de l'iode en excès,

DE l'huile iodée. C03 qui réagit sans cesse sur l'huile d'olive, et parce que cette huile ne ressemble pas, lorsqu'elle est ancienne, à l'huile qui est nouvellement préparée.

Mellite iodé ( Hannon \

Huile iodée ( Hannon). une goutte.

j^igl une cuillerée a café.

Mêlez. Une à quatre cuillerées à café par jour.

Sirop sthénique iode ( Hannon ).

Sirop de gomme 150 grammes.

Sirop de baume de Tolu 50

Alcool 10

Essence de lavande 5 gouttes.

— romarin 5

Dissolvez les essences dans l'alcool, pesez les sirops, mêlez, et ajoutez une goutte d'huile iodée (Hannon) par cuillerée à café de sirop. Deux à quatre cuillerées à café de ce sirop par jour, une heure avant les repas.

Ces deux préparations sont, d'après l'auteur, les meilleures formes sous lesquelles on puisse administrer les médicaments iodés.

Pâle sthénique (Hannon).

On prépare cette pâte en ajoutant assez d'huile iodée (Hannon) à de la pâte de lichen, pour que chaque morceau de pâte représente une goutte d'huile iodée. Deux à cinq morceaux par jour.

M. Hannon prescrit ces préparations dans les cas de débilité générale, d'asthénie, d'hypérémie, etc., et les préfère aux préparations martiales. Elles déterminent, dit-il, presque instantanément une excitation organique générale ; elles augmentent sensiblement les facultés digestives, et c'est celte propriété qui les rend précieuses dans le traite-

ment de toutes les affections qui tiennent à une détérioration de l'organisme.

Si, pour nous rendre compte de l'efficacité de ces préparations iodées, nous comparons la quantité d'iode que M. Hannon administre à ses malades, et les effets qu'il annonce obtenir, avec la quantité d'iode que prennent les malades qui boivent de Thuile iodée bien préparée, et les effets qu'on obtient avec cette médication , nous sommes étonné des succès de M. Hannon, et nous sommes tenté de supposer ou que les faits observés par M. Hannon ne sont pas aussi positifs qu'il l'annonce, ou que, pour employer convenablement les préparations iodées, il faut les prescrire à petites doses, ou bien encore que Faction thérapeutique de l'iode et de ses préparations est plutôt proportionnelle à la quantité d'iode nécessaire pour que toutes les sécrétions contiennent de l'iode, qu'à la grande quantité d'iode qu'on peut prendre dans un jour.

On pourrait peut-être trouver un appui de cette théorie dans la manière d'agir de l'huile iodée, et dans le temps qui est nécessaire pour qu'un poids d'iode qu'on administre à un malade soit expulsé du corps par les sécrétions, sous forme d'iodure ; car nous avons constaté les faits suivants, en prenant une quantité d'huile iodée représentant 5 centigrammes d'iode. La salive devient sensiblement salée deux ou trois heures après l'administration de l'huile, et l'on trouve alors de l'iode dans la salive; l'urine, qui est recueillie cinq heures après, contient de Fiode; le mucus nasal est iodé, et la salive contient encore de l'iode quarante heures après ; mais , après la quarante-troisième heure, la salive n'est ni salée ni iodée. ^

Dans tous les cas, nous ne croyons pas qu'il soit possible d'adopter la théorie que nous présentoos, et de compter sur l'efficacité des formules de M. Hannon, avant que de

DE l'huile de PROTtMODURE DE FER. oOo

nombreuses expériences cliniques viennent corroborer les faits annoncés par cet habile médecin.

Art. XXXÏV. — Be i'huile de proto-îodure de fer.

Huile de proto-iodure de fer. (GiUe.)

Iode pur 2 gram. 25 centigr.

Limailie de fer bien décapée. 15 Huile d'amande 800

Triturez dans un mortier de fer l'iode et la limaille; ajoutez 30 grammes d'huile, et triturez sans discontinuer pendant une heure ; laissez ensuite la réaction se faire pendant quelques heures ; ajoutez le reste de Thuile, introduisez le tout dans un flacon bouché a lemeri, abandonnez l'huile pendant huit jours et filtrez.

Cette huile n'a pas d'odeur et est presque insipide; elle contient 10 centigrammes d'iodure ferreux par 30 grammes.

Nous avons publié en 185^, dans le Bulletin général de thérapeutique, des observations sur cette formule. Une longue discussion s'en est suivie, et nous sommes persuadé que l'auteur aurait mieux fait de garder le silence ; car il n'a pas été plus heureux sur le fond que sur la forme. Nous ne prétendions pas que son huile était inactive , car on ne peut pas dire que de l'huile qui contient de l'iode et du fer soit privée de toutes propriétés thérapeutiques; mais nous disions ce que nous dirons encore bien mieux aujourd'hui. Cette huile est mal nommée; elle contient de l'iode libre. Tout l'iode qu'on emploie n'est pas combiné avec le fer, et 30 grammes de cette huile ne représentent pas 10 centigrammes d'iodure ferreux.

Si, au lieu de supposer qu'en triturant de l'iode, du fer et de l'huile, il se formait du proto-iodure de fer anhydre qui avait la propriété de se dissoudre dans l'huile, l'auteur eût cherché à connaître la solubilité de cet iodure de fer dans l'huile, il aurait eu une autre pensée; car il aurait remar-

606 FORMULAIRE lODlQUE.

qué qu'en triturant de l'iodure de fer anhydre (1) avec de rhuile, l'huile se colore beaucoup et devient très trouble; que l'huile filtrée après un certain temps est plus colorée que l'huile préparée à la manière ordinaire; qu'elle contient de l'iode libre, et qu'on peut extraire du fer qui reste sur le filtre de l'iodure de fer en lavant ce fer avec de l'eau.

Nous terminerons cet article en disant que la température ambiante a une grande influence sur les résultats de la préparation de l'huile dite de proto-iodure de fer. En hiver, Thuile contient de Tiode libre ; en été, l'huile ne contient pas d'iode libre, mais on peut extraire plus d'iodure de son résidu qu'on ne peut en extraire du résidu de l'huile préparée en hiver.

M. Vasy a proposé de substituer, pour préparer cette huile, les battitures de fer à la limaille de fer. Il dit, pour appuyer sa proposition, que son huile contient plus d'iodure ferreux que l'huile de M. Gille. La seule preuve qu'il en donne, c'est que l'huile qu'il prépare est plus colorée et plus dense que celle de M. Gille.

Il est inutile de] faire remarquer que la proposition de M. Vasy n'est pas acceptable.

Art. XXXV. — De l'albumine iodée.

M. Renault a proposé de remplacer l'huile de foie de morue par de l'albumine iodée, qu'il prépare de la manière suivante:

Albumine sèche du commerce 100 grammes.

Eau 1000

Teinture alcoolique d'iode au 10«. . 100 Eau 200

(1) Pour préparer de l'iodure de fer anhydre, on Introduit de l'iode dans un tube, on met dessus du fer porphyrisé en excès et on chauffe à la lampe d'alcool. L'iode fond, pénètre la couche de fer et s'y combine. On retire l'excès de fer et l'on détache l'iodure, avec une tige de fer, lorsque le tube est refroi{Jj,

DE l'albumine iodée. 607

On pulvérise l'albumine, on la met macérer pendant environ vingt-quatre heures dans l'eau froide, afin quelle s hydrate et se dissolve en partie. On verse dans la teinture l'eau prescrite pour précipiter l'iode; puis, sans avoir filtré le liquide albumineux, on y verse, par petites portions successives et en agitant, la teinture étendue d'eau. Cela fait, on porte le tout au bain-marie; on l'y maintient, sans cesser d'agiter, jusqu'à ce que le résidu de l'évaporation cesse de perdre de son poids. Finalement, on pulvérise, et Ton passe au tamis de soie.

Desséchée, l'albumine iodée est en poudre d'un jaune clair, inodore, de saveur à peine iodique, tout à fait sans action sur le décoctum d'amidon. L'eau la gonfle et la rend opaque, à la manière de la gomme adragante, et elle se partage en deux portions, l'une soluble, l'autre insoluble.

Avant d'avoir à notre disposition la formule de M. Renault, nous fîmes quelques expériences pour étudier l'action de l'iode sur l'albumine, et nous reconnûmes qu'en délayant une partie de blanc d'œuf avec trois parties d'eau, et qu'en passant sans expression le soluté albumineux à travers une étamine , on obtenait un liquide qui avait la propriété de dissoudre assez facilement l'iode.

Cette propriété reconnue, nous opérâmes de la manière suivante :

Soluté albumineux représentant 40 grammes

d'albumine liq iide 160 grammes.

Iode 80 centigr.

2 centigrammes d'iode par gramme d'albumine liquide, ou bien 15 centigrammes d'iode par gramme d'albumine sèche. (Nous ne savions pas que M. Renault employait 10 centigrammes d'iode par gramme d'albumine sèche.)

Mettez l'iode dans un mortier, ajoutez un peu d'eau albumineuse et triturez; versez la solution, lorsqu'elle est très

608 FORMULAIRE lODlQUE,

colorée, dans un ballon, et continuez d'opérer par fractions ; bouchez le ballon, laissez l'iode et l'albumine réagir Tun sur l'autre pendant vingt- quatre heures; chauffez le ballon au bain-marie, en agitant continuellement jusqu'à ce que l'albumine paraisse incolore. Pour terminer cette préparation, il faut faire évaporer le tout au bain-marie, pulvériser le résidu de cette évaporation, renfermer la poudre dans un flacon et boucher le flacon avec soin.

Lorsqu'on abandonne le soluté iodo-albumineux, il se décolore peu à peu, se trouble et devient acide; lorsqu'on élève la température, on favorise la réaction, et l'acide iodhydrique, qui se forme en plus grande quantité, se combine à l'albumine et en précipite une grande partie, sous la forme d'albumine insoluble très divisée.

Il ne faut pas croire que c'est la chaleur qui fait passer l'albumine soluble à l'état d'albumine insoluble; car la réaction commence très promptement, et la température du liquide ne dépasse pas 51 degrés. Nous n'avons pas répété cette expérience assez de fois pour affirmer qu'une température de 51 degrés serait suffisante pour opérer la combinaison, si l'on chauffait de suite la solution iodée.

L'albumine iodée, ou l'albumine iodhydrique, ne peut pas être présentée comme un succédané de l'huile de foie de morue; mais elle doit être considérée comme un médicament nouveau, qui permet d'administrer sans crainte un agent thérapeutique qui a peut-être une grande valeur. Si nous pensons que l'albumine iodée peut être de quelque utilité, nous ne jugeons pas les préparations pharmaceutiques de M. Renault, parce que nous ne les connaissons pas. Nous dirons que la forme de tablettes au chocolat choisie par M. Soubeiran est préférable à toutes les préparations qu'on puisse imaginer et qu'il ne faut pas penser à préparer, comme l'a proposé M. Renault, un sirop avec cette albu-

DE l'albumine iodée. 609 mine, parce que ce sirop ne représenterait qu'une partie de l'iode contenu dans l'albumine iodée.

Nous recommandons d'employer Falbumine liquide pour préparer l'albumine iodée, car nous sommes persuadé qu'on sera plus content de cette albumine que de l'emploi de l'albumine sèche du commerce.

Tablette d'albumine iodée ( Deschamps ).

Albumine iodée de M. Renault 4 grammes.

Chocolat Ménier 40

Pour M) pastilles. — Ou bien :

Albumine iodée préparée d'après notre

formule 2 grammes.

Chocolat Ménier 30

Pour 30 pastilles.

Chaque pastille représente l'équivalent de 1 centigramme d'iode.

5 à 10 pastilles par jour.

Saccharure iodo-albumineux ( Mouchon ).

M. Mouchon a publié cette formule en 185^1, l'Académie

a jugé la formule de M. Renault en 1853 :

Albumine fraîche 1 kilog. 500 gram.

Sucre.... 308

Iode 12

Faites dissoudre l'iode dans une quantité suffisante d'alcool ; dissolvez le sucre dans l'albumine, ajoutez le soluté alcoolique d'iode, agitez jusqu'à ce que la combinaison soit terminée et faites évaporer au bain-marie.

M. Mouchon prépare des tablettes avec son saccharure; ses tablettes coniienneni chacune l'équivalent de 25 milligrammes d^iode. Nous pensons que ce saccharure ne peut pas être transformé en tablettes, car il contient les éléments suffisants pour transformer le sucre en glucose.

FORMULAIRE lODlQUË.

Art. XXXVI. — De l'iodure d'amidon.

La propriété remarquable que l'iode exerce sur ramidon était de nature à attirer lattentiou des thérapeutistes, et personne n'a été surpris lorsqu'on a proposé de placer l'iodure d'amidon parmi les agents thérapeutiques.

Il était rationnel de supposer qu'un corps de nature organique, qui avait la propriété de déceler dans un liquide des quantités infinitésimales d'iode, pouvait servira administrer ce corps aux malades; aussi, dès 1837, M. Buchanam publia-t-il les formules suivantes :

lodure d'amidon.

Iode 1 partie.

AmidoQ pulvérisé. 24

Triturez l'iode avec un peu d'eau, ajoutez peu à peu l'amidon, et laissez sécher.

La dose est de 50 centigrammes; elle contient 2 centigrammes d'iode.

Tisane d'iodure d'amidon.

Amidon 20 grammes.

Eau i)ouinante 1 kilogramme.

Sirop de gomme 60 grammes.

Teinture d'iode 10

Cette tisane contient 0,76923 d'iode; une partie de l'iode est à l'état d'iodure soluble.

Si Ton prescrivait cette tisane, il faudrait la formuler de manière que chaque verre contînt 10 centigrammes d'iode.

M. Bonnewin a proposé, pour préparer l'iodure de M. Buchanam, de délayer l'amidon dans de l'eau, de dissoudre l'iode dans 20 grammes d'alcool, d'ajouter cette solution à l'amidon délayé, d'agiter, de recueillir l'amidon et de le faire sécher. Il serait préférable de dissoudre l'iode dans de l'éther, de verser l'éthérolé sur de Tanudon pulvé-

DE l'iODURE d'amidon. 611

risé, de triturer, de laverie flacon avec un peu d'élhcr pour enlever tout l'iode, etc., d'abandonner le mélangea fair jusqu'à ce que l'éther se soit volatilisé, d'ajouter un peu d'eau pour favoriser la réaction et délaisser sécher Tiodure. Quelque procédé qu'on suive, l'iodure ne représente jamais l'iode qu'on emploie.

Topique d'iodure d'amidon (Chaberly).

Amidon 60 grammes.

Iode pur SO centigrammes.

Acétate de morphine 45

Contre les indurations de la peau et les engorgements.

On saupoudre une peau de cygne qu'on applique sur la

Page 1