‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 141 sur 591 · ARCHITECTURE IMPERIALE · texte numérisé non relu

ARCHITECTURE IMPERIALE

Si

4. On bâtit beaucoup à Rome vers la fin de la République1. Les architectes furent d’abord tous des Grecs. Métellus Macédoniens fil construire par llermodore de Salamine un temple à Jupiter Stator; le même architecte bâtit le temple de Mars dans la région du Cirque pour D. Junius Brutus. Un architecte romain, C. Mutius, bâtit pour Marius, avec le butin fait sur les Cimbres, un second temple de l'Honneur et la Vertu; c’était un périptère sans posticum, c’est-à-dire une modification de la disposition des Grecs d'après les traditions étrusco-romaines.

5. De la dernière époque, datent : la Curie de Pompée ; le théâtre de Pompée (le premier théâtre en pierre à Rome), imité de celui de Mitylène; la basilique de Paul Émile (51); la basilique Julia, au S. 0. du Palatin; le monument de Cécilia Métella, femme de Crassus, encore debout.

Architecture impériale. — 1. Auguste se vantait (Suét .,Aug., 29) de laisser une ville de marbre là où il avait trouvé une ville de briques2 3 *. Non seulement il construisit beaucoup lui-même, mais il exhorta ses opulents familiers à construire de leur côté. Comme partout, le pouvoir absolu à Rome se montrait bâtisseur. — Il faut nommer parmi les monuments dus à Auguste : le Temple d’Apollon Palatin, en marbre de Carrare, servant de bibliothèque publique (29); le Temple de Jupiter Tonnant, dont il subsiste 3 colonnes corinthiennes ; le Temple de Mars Vengeur sur le Capitole, petit monoptère connu par les monnaies; un grand temple sur le forum d’Auguste; le Théâtre de Marcellus, dont les ruines font partie du palais Orsini ; le Portique d'Octavie, avec une bibliothèque, un temple, une école; le Mausolée, au N. du Champ de Mars, entre la voie Flaminieiine et la rive du Tibre, entouré de bosquets et de promenades : Auguste ne voulait pas rester isolé dans le tombeau. Le mausolée s’élevait en terrasses superposées, plantées d’arbres toujours verts : la dernière portait la statue en bronze de l’empereur. Ce n’est que plus tard qu’on y plaça les deux obélisques, dont l’un est aujourd’hui près de Sainte-Marie-Majeure, l’autre entre les colosses du monte Cavallo.

2. Les constructions d’Àgrippa sont : les Thermes d'Agrippa, au S. du Panthéon qui en forme comme la façade, et au milieu du Champ de Mars : ce furent les premiers bains publics de Rome; le Panthéon, dédié en 27, temple rond avec coupole, haut de 44 mètres, avec un vestibule de 40 colonnes corinthiennes en granit : les murs étaient couverts de plaques de marbre. Le temple était consacré aux dieux de la race des Jules, dont les statues colossales étaient placées dans des niches, ainsi que celles d’Auguste et d’Agrippa dans les vestibules. Les caryatides étaient l’œuvre de Diogène d’Athènes. L’une d’elles se trouve dans le Braccio Nuovo du Vatican ; l’autre, très mal restaurée, dans la cour du palais Giustiniani 5 ; le Diribitoire d’Agrippa, également sur

1. Voy. le magnifique ouvrage illustré de Reber, Ruines de Rome (ail.), 1877-1878, et celui de Fr. Wey, Rome, 1871. Consultez aussi la grande Description de Rome , par L’unsen, Platner, Gerhard, Urliclis et Cotta, 3 vol., 1829-1812 (ail.).

2. Cl. ce que dit Auguste lui-même de ses constructions, dans le monument d'Ancyre.

3. Détruit en partie sous Tilus, le Panthéon fut rétabli par Domitien, puis brûlé de nouveau par la foudre sous Trajan. Adrien le restaura. Constance II lit enlever la toiture en bronze

doré. Urbain ^ 111 Barberini, en 1632, enleva à son tour la décoration en bronze du vestibule

et le défigura par des clochers. ( Quod non fecere Barbari, fecerc Barberini.) Dès 609,

Page 1