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MOSAÏQUE

d’Auguste on ne trouve plus de peintres romains. Pline nomme de son temps Ludius, Amulius et Turpilius1. Les peintres contemporains de Pline nous sont bien connus par les décorations de Pompéi : il paraît certain qu’ils ne formaient pas une école originale, mais qu’ils se contentaient d’imiter, de copier souvent, avec une habileté de main incontestable, les peintres et les décorateurs alexandrins2.

5. 11 nous reste une très belle peinture romaine du temps d’Auguste, dite les Noces aldobbandines, découverte en 1606 sur l’Esquilin dans les jardins de Mécène. Achetée par Pie VII en 1818 à la famille Àldobrandini, elle se trouve aujourd’hui à la Vaticane. Selon Winckelmann, le sujet serait les noces de Thétis et de Pélée. L’exécution en est délicate et harmonieuse, bien qu’un peu pauvre 5.

Mosaïque 4. — La peinture en mosaïque fut, de tous les genres, le plus en faveur auprès des Piomains. Partout où ils ont fixé leurs demeures, on retrouve des pavés en mosaïque5. Cet art avait autrefois fleuri à Pergame, dans

1. Amulius avait décoré la Maison dorée. Turpilius, chevalier romain, peignait de la main gauche.

2. Boissier, B. D-M., oct. 1879, d’après Helbig, Fresques de Pompéi. — Ces peintres sont si peu romains, qu’ils n’empruntent jamais leurs tableaux à l’histoire de Rome : sur 1968 peintures, 1400 se rapportent à la mythologie grecque ; les autres sont des animaux, des natures mortes, des paysages, quelques tableaux de genre, ceux-là empruntés à la vie romaine, mais d’une exécution beaucoup plus faible, parce que les modèles alexandrins manquaient. Des compositions alexandrines célèbres, Y Andromède et Vio de Nicias, la Médée de Timomaque, ont été conservées par les fresques de Pompéi, comme tel tableau perdu du Vinci par des gravures. — Par exception, le célèbre Sacrifice d' Iphigénie est probablement la copie d’une œuvre attique. — Pline et Pétrone, déplorant la décadence de la peinture, l’attribuent à l’invasion de la fresque, procédé 'ëxpe’dïtif qui permettait de décorer à peu de frais les demeures des bourgeois, en copiant des œuvres devenues classiques. Les peintres de Pompéi ne sont que d’habiles artisans. — Lucien parle d’un contemporain d’Hadrien (?), Aétion, qu’il place au rang des grands maîtres.

3. Poussin en était si charmé, qu’il en lit une excellente copie, aujourd’hui à Rome au palais Doria. — D’autres peintures du temps d’Auguste ont été trouvées récemment dans une villa au niveau du Tibre. Sur celles delà maison de Livie au Palatin, voyez Perrot, Mélanges d'archéologie, p. 74.

4. Rossi, Mosaïques romaines antérieures au xve siècle, 1872 (admirables chromo-litho-

5. Technique. — La mosaïque, musivum opus, <rJv9e<n; Xiflwv, ^«oSs-cnipa, servait surtout aux pavés, et figurait soit des figures géométriques, soit des dessins. Connue de bonne heure en Grèce et en Perse (palais d’Assuérus), la mosaïque s’introduisit à Rome sous Sylla et envahit bientôt toutes les habitations. Les mosaïstes de l’Empire, pour donner plus d’éclat aux couleurs, employèrent les onyx, les agates, etc., et des pâtes de verre, qui devinrent d’un usage général sous Constantin. A Byzance, la mosaïque en pâtes de verre finit par remplacer la peinture. Elle donna naissance à la peinture en émail (peintures avec des matières coloriées vitriliables). — On appelle nielles des dessins gravés en creux sur des ouvrages d’orfèvrerie, où l’on a répandu dans les creux un émail noirâtre ( niello , du lat. nigellum). De là à la gravure il n’y a qu’un pas, et il semble certain que plusieurs anciens l’ont franchi. On ne peut expliquer autrement le fameux passage de Pline (35, 11) où il dit que Varron avait trouvé moyen de reproduire, par une bienfaisante invention [beniqnissimo i rivent oj les portraits de sept cents hommes illustres insérés dans ses ouvrages;-^! laut croire que le procédé fut tenu secret, et qu’il se perdit. (Lettonne [B. D-M., t. XXXII, p. 656] nie qu’il s’agisse de gravures.)

CERAMIQUE.

l’école de Sosus, d’où il passa à Rome. Une fameuse mosaïque de Sosus, dite le Plancher non balayé qui représentait sur le sol les restes d’un repas, avec une colombe buvant, se trouve reproduite très fréquemment, notamment dans la mosaïque des Colomdes capitoliennes, trouvée dans la villa d’Hadrien et acquise par Clément XIII pour le musée Capitolin. La plus grande mosaïque antique est la Bataille d'Alexandre trouvée à Pompéi, en 1831, dans la maison du Faune.

Perspective. — L’art classique a toujours tenu grand compte de la perspective : ainsi les métopes du Parthénon. sont un peu plus hautes que larges afin de paraître carrées au spectateur qui les voit d'en bas. Les Grecs ont évité les raccourcis dans les bas-reliefs et affectionné la position de profil. — La perspective appliquée à la peinture produisit la scénographie ou skïagrapuie, qui servait aux décors de théâtre, etc. Mais, en général, les anciens ne sacrifièrent pas au désir puéril de Y illusion et du trompe-l'œil leur amour des belles formes non altérées, de l'eurythmie. Par suite, ils n’ont guère observé, dans leurs peintures, la perspective aérienne et la dégradation des tons. En cela, leur art se rapproche plutôt de Part idéaliste du moyen âge que de l’art déjà réaliste de la Renaissance ; et il est peut-être permis de leur en faire un éloge.

histoire de la céramique.

Sous ce titre, je traiterai rapidement des différentes espèces de vases ; je parlerai surtout des vases peints, si importants pour la connaissance de la mythologie, du costume et de la vie privée des anciens1 2.

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