LA LOI DANS LES MONNAIES
( Sénatus-Consulto ), qu’on voit sur le revers des monnaies de cuivre de l’Empire jusqu’à Gallien l.
2. Dans les villes grecques, on ne trouve guère de monnaie de cuivre avant les successeurs d’Alexandre2 : la plus petite monnaie divisionnaire était d’argent. Sous la domination romaine, les villes ne purent frapper que de la monnaie de cuivre : ce droit leur fut même enlevé sous Gallien3, sauf à Alexandrie qui le conserva jusqu’à Constantin.
Les monnaies de cuivre romaines sont souvent carrées, ob'.ongues, globulaires : les rois bactriens en ont fait frapper de carrées.
Autres métaux4. Les Anciens employaient, pour le monnayage, outre l’or et l’argent, le fer 5 (monnaies de Sparte, Clazomène, Byzance), l’étain6 (monnaies de Denys de Syracuse), le plomb7 8 (Égypte), le verre (Égypte et Arabie), peut-être le cuir. Ces dernières monnaies s (Sparte, Carthage) semblent avoir été des espèces de mandats, sinon de simples pelleteries dont on trafiquait comme aujourd’hui en Sibérie. (Lenormant.)
La loi dans les monnaies antiques9. — Le droit de monnayage est un attribut de la souveraineté. La monnaie des républiques est frappée au nom du peuple, celle des monarchies au nom du roi 10. Alexandre, comme les rois de Perse, frappa des monnaies en son nom. En 506, les Diadoches prirent sur leurs monnaies le titre de roi, et l'usage des monnaies royales devint général. Cependant, pour ne pas choquer les populations grecques, plusieurs princes, comme ceux de Pergame, dissimulèrent sur leurs monnaies les insignes de la royauté. C’est à cette politique que Lenormant attribue les cistopiiori- s (grandes monnaies asiatiques portant la ciste, ou corb.ille consacrée à Bacchus), mon-
1. Les deux ateliers sénatoriaux étaient à Rome et à Antioche.— On n’a pas de pièces de cuivre à la marques. C. des empereurs romains non reconnus par le sénat, comme Pescennius Niger ; mais Othon, quoi qu’on en ait dit, n’est pas de ce nombre Tacite atteste, au contraire, que le sénat l’a régulièrement proclamé : seulement, comme l’a remarqué Mommsen, le sénat ne commençait sou monnayage au nom de l’empereur que lorsqu’il avait reçu le titre de grand pontife; or Othon fut nommé pontifex maximus le y mars, cinq jours seulement avant de quitter Rome pour marcher contre Vitellius. C’est ce qui explique l’absence du bronze romain d’Olhon, dont quelques pièces pourtant ont été frappées à Anioche, où la règle s’appliquait moins strictement.
2. Vers 4UO, on avait essayé d’introduire le chalcus à Athènes : mais cette monnaie répugnait au sens délicat des Grecs.
3. Avant lui, Néron est le seul empereur qui ail frappé du cuivre.
4. Cunningham a découvert que les monnaies blanches des rois gréco-bactricus n’étaient pas d’argent, mais de nickel. Les cent talents fer ri candidi reçus en présents par Alexandre de la part des Oxydraques et des Malli étaient probablement du nickel.
5. La rouille a empêché les monnaies de fer de parvenir jusqu’à nous. (Voy. Plutarque, Lycurg., 44.)
0. On n’a pas conservé de monnaies d’étain. (Voy. Arist., Econ ., II, 2.)
7. Très fréquentes, niais la plupart, fabriquées dans une intention de fraude, ont été recouvertes autrefois d’une couche d’argent {fourrées).