GRAMMAIRIENS LATINS
2. Les études grammaticales restèrent toujours en honneur à Rome, tant à cause de l’esprit abstrait et formaliste de ce peuple, que par la nécessité d’opposer une digue aux envahissements de la langue populaire, plus semblable aux dialectes romans qu’à la langue de Cicéron et de Virgile *.
5. Des réformes dans la langue et dans l’orthographe sont attribuées, par les anciens, à Livius Andronicus, Ennius, Altius2 et Lucilius3. La grammaire méthodique fut introduite à Rome par Cratès de Mallos, envoyé d’Attale II, et compta d’illustres adeptes. César, pendant la guerre des Gaules, écrivit un traité, en deux livres, sur l’analogie4. Nigidius Figulus, Santra, Élius Stilon5, le maître de Varron; M. Térentius Varron, le plus savant des grammairiens latins6 ; Atéius Praetexlatus, maître et ami de Salluste ; Cornifioius, auteur de la Rhétorique à llér ennius, représentèrent avec éclat, sous la République, les études grammaticales unies à l’archéologie et à la critique.
Sous Auguste, il faut citer Hygin7, Yerrius Flaccus, Messala, Pollion, et plus tard Celsus, Julius Modestus, Asconius Pédianus, commentateur de Cicéron ; Remmius Palémon, Valérius Probus de Béryte (sous Néron), commentateur de Lucrèce, Virgile, Horace, Perse; Caesius Bassus, Caper, Vélius Longus8; Térentius Scaurus sous Hadrien; Aulu-Gelle9 et Festus sous Antonin ; au
Cicéron, qu ’abominor n’est pas employé avant Tite Live, etc. Il faut, dit Tlnirot (R. C., XII, 58), ajouter à toutes ces assertions : dans les monuments qui nous ont été conservés , et cette restriction enlève à ces assertions leur valeur. N’a-t-on pas observé qu impatiens ne se rencontre pas avant Virgile, »)xov<rp.ai avant Denys, que le mot femme n’est qu’une fois dans YEssai sur les mœurs de Duclos, que le mot qui répond à sur-le-champ n’est qu’une seule fois dans la Cible? Il n’y a rien à conclure de ces comptes laborieux, où Drager, Lübbert, Fulir et bien d’autres se sont complus; par contre, appliquée à la métrique, la statistique peut donner des résultats très féconds. (Voy. à YIndex, Drobisch.)
Dictionnaires. — Forcellini, nouv. éd.,pardc Vit; Freund, trad. par Theil (excellent); Georges (lat.-allem.), 6' édit.; Vanicek, Dictionnaire étymologique du latin, 187-4 (à consulter avec précaution); Hintner, même sujet, 1873 (ail.). — Dôderlein, Synonymes latins, 1826-1839.
Pour le bas-latin, on a le chef-d’œuvre de Du Gange; cf. Schuchardt, Latin vulgaire, et Conseil, Itala et Yulgata, 1875. Le Thésaurus poeticus de Quicherat (dernière édition), est un de nos plus beaux travaux d’érudition. Les dictionnaires classiques latins- français de Quicherat et de Lebaigue, laissent à désirer ; mais le français-latin de Quicherat est un modèle.
1. La langue archaïque ressemble plus à la langue populaire, et par suite au français. llabere avec un participe passé (; inclusum habuerunt ) ne devient rare qu’après Cicéron ; on trouve Scio quod.... au lieu de l’infinitif. Les formes eccillum, cccistus (icel, icist) ne se rencontrent pas après Plaute.
2. Selon Velius Longus, Altius introduisit le doublement des voyelles longues; mais il ne fil sans doute que régler un usage antérieur. Cf. Boissier, Revue archéol., 1869.