‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 225 sur 591 · ADJECTIFS3; DEGRÉS DE COMPARAISON · texte numérisé non relu

ADJECTIFS3; DEGRÉS DE COMPARAISON

1. Comparatif. — Il y a deux suffixes, yâns et tara % grec iov (n. tcov) et xepo. La forme uov est plus fréquente dans Homère qu’après lui6. Latin : clex-ter , neuter , al-ius. On trouveles deux suffixes réunis : in-terior , sinister , AaX'arepo:7.

2. Superlatif. — Il y a deux suffixes, ma et ta. On les emploie isolément, ou réunis, ou unis à yâns et à tara , ou redoublés. Les nombres ordinaux ont les suffixes du superlatif : caturtha , quartus ; primus , îrpwTo;; navama , é'wa-

1. Accus, plur. des thèmes en i. — La terminaison es est la plus ancienne : au vue siècle, on trouve eis, puis is ; Varron n’admettait que la forme urbis ; Probus rapporte que Virgile écrivait urbes ou urbis selon l’euphonie. Relier a vainement essayé d’établir des règles à ce sujet d’après les manuscrits d’Horace. — L’ombrien ajoute un f au thème à l’accusatif pluriel de toutes les déclinaisons.

2. Le vieil ionien emploie le suffixe <pi : 1° pour le datif de moyen et de concomitance :

•Jjçi a|P ï]oï çaivo[xivY)ï>i; 2° pour le locatif : Oû^œi, r.a çà vaÿ^tv; 5° pour le génitif,

surtout avec des prépositions : àuô ■Kama.'Mvi. (V. Lissner, ai dans Homère, 1865 [ail.].) — Le duel s’emploie en sanscrit de la manière la plus complète. Plus rare en zend, il disparaît en prâcrit. Dans les langues germaniques, le gothique seul le possède, et seulement dans le verbe. L’hébreu l’a gardé dans le nom et l’a perdu dans le verbe ; l’arabe l’a gardé tout à fait. Le syriaque l’a presque perdu. Le duel manque en éolien ; en dorien on ne trouve que noSoïv et le serment laconien vo\ xù mû dans Lysistrata. 11 disparaît graduellement de la langue grecque après Alexandre : aucune trace dans le Nouv. Testament. — En latin, le duel n’est plus représenté que par deux formes, ambo et duo ; mais l’ombrien dit dus, effaçant même ces derniers restes.

[O11 a voulu expliquer jusqu’aux désinences casuelles. L’s du nominatif serait le thème pronominal sa : sa plus le pronom védique tya aurait donné la désinence du génitif,; l’i du locatif serait la racine démonstrative qui a donné in en latin (hr*di = cœur-dedans), etc. Mais une langue à flexions ayant précisément pour caractère d’effacer le plus possible les traces de l’agglutination primitive, ces excès d’analyse de l’école de Bopp ne semblent être que des curiosa de linguistique.]

Le latin se sert à la fois de flexions et de prépositions, qui, secondées par l’accent, ont lentement miné l’existence des désinences casuelles. Auguste, selon Suétone, affectait l’emploi des prépositions en vue de la clarté. La langue populaire faisait de même.

o. La déclinaison latine de celeber est une anomalie. Acer, fém. acris, sont des doublets syntactiques. On a dit : Acris equus, acri' canis; acri a perdu l’i (cf. lardum à côté de laridum ) et est devenu acr, puis acer, qui dérive de acris comme puer de pueras (L. Havel). D’ailleurs, la langue vulgaire disait volucer fama (Pétrone), acer hiems (Ennius).

4. Gonnet, Degrés de signification en grec et en latin, 1876. — Gradus comparationis (Donat), en grec il<S-ri uaçayiiYiüv. Le comparatif s’appelait o-uyxçixwô;, le superlatif ùiteçflrrtxô;.

5. L’origine du suflixe lara est tar — trans; yâns vient peut-être de tya, aller.

6. On croit que yâns, suffixe primaire, est plus ancien que lara, suffixe secondaire. Cependant, on trouve aussi tara employé comme suffixe primaire dans antara, inter, fàvtço;. Le grec moderne ne connaît plus que ce suffixe et dit xaVn'xsçoç, xaxvjxeço;.

7. Dans «çi mo;, le n du radical açe? est tombé ; le positif «ç/j; est resté comme nom propre. Ainsi la valeur morale et la valeur guerrière ne font primitivement qu’un (virtus).

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