‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 274 sur 591 · DANSES ROMAINES · texte numérisé non relu

DANSES ROMAINES

chisl.cs exécutaient cette danse. Elle s’introduisit à Rome sous César et subsistait encore dans l’armée sous Hadrien. (Spartien, Hadr., 19.)

4. Une autre danse militaire, en usage chez les Eniancs et les Magnètes, était la capréa; elle était exécutée par deux hommes armés, et représentait la lutte d’un voleur de bœufs et d’un laboureur.

5. Parmi les danses pacifiques1, on cite souvent Yemméléia, danse grave et digne que Lucien appelle danse tragique et qu’il oppose au cordace et à la sikinnis. La thermaüstris était une sorte d 'emméléia d’un mouvement très rapide. Le cordace était une danse très libre. La sikinnis, en usage dans les jeux satyriques, parodiait les mouvements des danses graves. L 'hormos était dansé par des jeunes filles et des jeunes garçons, ces derniers exécutant des mouvements militaires2.

Danses romaines. — 1. Chez les anciens Romains, les danses étaient surtout religieuses3 et d’une extrême lourdeur. Les maîtres de danse grecs s’introduisirent à Rome après la deuxième guerre punique ; mais leur art ne fut jamais que toléré. Salluste reproche à Sempronia « non pas de savoir danser, mais de savoir bien danser ». Macrobe rapporte un fragment d’un discours de Scipion Éinilien qui s’indignait que l’on enseignât la danse à la jeunesse. Cicéron pensait que, pour danser, il fallait être ivre ou fou4 5. Sous l’Empire, la passion de la danse ne connut pas de frein, bien que les écrivains moralistes, comme llorace, Sénèque, Juvénal, ne cessassent de la flétrir3.

2. Le mot de pantomime, inventé, comme la chose, en Italie, fut adopté par les Grecs, pour désigner l’orchestique et la mimique réunies. Bathylle et Pylade acquirent comme pantomimes une gloire scandaleuse dont s’indigne Sénèque6. Tibère et Trajan firent en vain des règlements pour limiter la licence de ces spectacles, que le christianisme lui-même fut impuissant à réprimer.

La danse au théâtre7. — 1. Le chœur, dans les pièces grecques, faitson entrée en marchant au son d’anapestes. La danse propre à la tragédie était Yemméléia , comme le cordace à la comédie et la sikinnis au drame satyrique ; mais Yemméléia se rencontrait aussi dans la comédie. Une danse plus vive accompagnait les morceaux animés du chœur. Les acteurs eux -mêmes, en récitant des soli , exécutaient des danses mimiques8. Mais tous ces mouvements sont mal connus, et les efforts qu’on a faits pour retrouver les pas des tragédies grecques9 ont donné des résultats très peu certains.

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