‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 28 sur 591 · PÉRIODE ANGLO-NÉERLANDAISE · texte numérisé non relu

PÉRIODE ANGLO-NÉERLANDAISE

avec Scaliger le premier grand recueil d’inscriptions latines, 2 vol., 1605. Scioppius, grand latiniste1, violent et excentrique. Cluverius, f 1623, géographe. Pareus, -{- 1648, éditeur de Plaute. Barth, +1658, éditeur de Stace et de Claudien. Jean Freinshemius, f 1660, publia Quinte Curce et Tite Live avec des suppléments d’une latinité trop vantée. Spanheim, ministre d’Etat en Prusse, 1702, numismate et géographe.

Savants italiens. — Léo Allatiüs, bibliothécaire de la Vaticane en 1661, un des connaisseurs les plus érudits de la littérature byzantine. Fabretti, -j- 1700, archéologue éminent2 3.

Savants anglais. — Stanley, éditeur d’Eschyle, 1665. Bap.nes, éditeur d’Homère et d’Euripide, 1693.

Période anglo-néerlandaise. — Elle s’étend depuis Bentley jusqu’aux commencements de Wolf, 1691-1790. C’est l’époque critique : criticus y est synonyme de philologus».

Savants anglais. — Richard Bentley, 1662-1742, professeur à Cambridge, très grand latiniste, mais dépourvu de goût et de sens poétique4. Potter, archevêque de Cantorbéry, collabora au Trésor de Gronovius et édita Lycophron, 1697. Markland, f 1776, le plus grand critique anglais 5. Musgrave, -J- 1 780, critique éminent, édita Sophocle et Euripide. NVaeefield, ■[ 1801, édita les tragiques grecs, Virgile et Lucrèce (comment, classique). Richard Porson, f 1808, critique de génie 6. Dobrée, f 1825, auteur d 'Adversaria re-

1. Barth, Cave canem, s. de vita, moribus, reb. gestis Scioppii, 1612.

2. La colonne Trajane, 1685; Sur les aqueducs de Rome, 1680. — Un jésuite de Tolède, LaCerda f 1643, a publié un commentaire sur Virgile resté classique.

3. « En nettoyant les ouvrages des anciens, les savants d’alors préparèrent les travaux de l’école moderne. » (Haase.) L’esprit historique et le sens esthétique sont à peu près nuis. Niebuhr reproche à cette école « de la localité et de la partialité ». L. Müller dit qu’elle commence avec la fondation de TUniv. de Leyde, 1575; la première période est celle des latinistes, la seconde des hellénistes; mais tous furent plutôt humanistes que grammairiens, la connaissance théorique du grec et du latin ne datant que de notre siècle, d’Hermann.

4. Bentley inaugura avec éclat une méthode de corriger (?) les textes, la critique subjective , dont il donne ainsi la formule : « Nobis et ratio et res ipsa centumcodd. potiores sunt . » (Ad Hor. Carm., 3, 27, 15.) Son Horace (1711), où il applique ces principes, fait époque dans l’histoire de lacritique. Rigault ( Querelle , etc.) a raconté avec charme sa polémique contre Boyle au sujet des prétendues Lettres de Phalaris. Outre beaucoup d’éditions importantes (Térence, Lucrèce), on a de lui des notes marginales, en partie inéd.,à la bibl. de Cambridge, qui témoignent d’une rare perspicacité (Rhein. Mus., 1878). — « Bentley est un critique plus digne d’admiration que d’imitation. Il avait infiniment d’esprit et de lecture, mais moins de goût et de jugement. » (Thurot.) Bentley a fait sur Horace plusieurs centaines de conjectures dont une demi-douzaine ont été acceptées (Voy. Long, préf. de l’Horace- Macleane). Et Bentley parlait lui-même de la prurigo corrigendi de Daniel Heinsius ! Mais il me semble que Wagner dit bien : « Quid! nonne magnum est taies errores committere quales sunt Benllei? »

5. Éditeur de plusieurs tragédies d’Euripide. Dissert, célèbre sur la corresp. de Cic. et de Brutus, dont il nia l’authenticité.

6. 11 découvrit la règle de métrique qui porte son nom (voy. l 'Index). Très beaux travaux sur Eschyle et Euripide.

BENTLEY. — IIEYNE.

marquables, 2e édition 1875 *. Elmsley, f 1825, excellent éditeur de la Médée et des lpliigénies d’Euripide,

Savants hollandais. — Gronovius, f 1716, professeur à Pise et à Leyder éditeur du grand Trésor des antiquités grecques (12 volumes, Leyde, 1697- 1702), recueil immense qui ne cessera jamais d’être utile. — Lambert Bos, j- 1717, grammairien1 2. Clericus,-{- 4 756, bon critique. Rurmann, élève de Graevius et de son père Burmann l’Ancien, successeur de Périzonius à Leyde, 1711 ; éditeur d’Ovide, de Lucain et des Poetae minores. Drakenborch, -j- 1748, éditeur de Tile Live. Wesseling, f 1764, éditeur de Diodore et de Strabon. Oudendorp, professeur à Leyde, 1740, éditeur de Lucain, Fronlin, César, Suétone, Apulée. Tiberius Uemsterhusius, f 1766, professeur à Leyde, le plus grand helléniste hollandais, supérieur, selon Buhnken , à Casaubon luimême3. Valckenaer, -j- 1785, élève d’IIemsterhuis, éditeur de Théocrite, des Phéniciennes et à'Ilippolijte d’Euripide. David Ruiinkenius, f 1798, élève d’Hemsterhuis, le plus grand humaniste hollandais. Wyttenbach, f 1820, éditeur des Moralia de Plutarque. Il écrivit en grec dans le style de Xénophon4.

Savants allemands. — Fabricius,-}- 1736. Ses grands recueils bibliographiques (Biblioth . grecque, Biblioth. latine, Biblioth. de la moyenne et basse latinité) restent la base de tous les travaux d’histoire littéraire. Gesner, f 1761, auteur d’une 2a éd. du Trésor latin d’Estienne, et d’une lntrod. à V érudition universelle qui répandit beaucoup de connaissances philologiques. Ernesti, f 1871, continua les traditions de Gesner5. Reiske, j- 1774, helléniste éminent6. Jean-Joaciiim Winckelmann, assassiné à Trieste, le 8 juin 4 768, rénovateur des études sur l’art antique où il introduisit l’esprit historique7. Zoëga, f 4809, Danois, excellent archéologue8. Heyne, f 1812, critique illustre, qui ne sépara pas de l’étude des textes l’appréciation de leurs beautés littéraires9. Eckhel, y 1798, le père de la numismatique 10, enseigna à Vienne. IIarless réédita la Biblioth. de Fabricius. Schütz, -j- 1832, édita Eschyle et Cicéron. Jean Voss, f 1826, célèbre par ses traductions d’Homère et de Virgile, en vers

1. Il était ami intime de Porson. «Ses critiques posthumes placent leur auteur au premier rang des hellénistes. » (Thurot, R. C., t. XVIII, p. 321.)

Page 1