CONSTITUTION D’ATHÈNES
les charges vont de pair : les thètes, qui ne payent pas d’impôt, n’onl plus que le droit de vole.
4. Au point de vue des droits civils, on distinguait aussi quatre classes : les citoyens, les métèques, les isotèles, les esclaves. Les métèques, ou étrangers domiciliés, sont évalués à 45000 au temps de la prospérité d’Athènes. Ils ne pouvaient posséder la terre, ni épouser une citoyenne, et devaient avoir un patron (irpoarâ-nn;), intermédiaire légal entre eux et l’État. Ils payaient l’impôt du méloikion. Les isotèles étaient des métèques exemptés du métoikion et de l’obligation d’avoir un patron, et qui pouvaient posséder le sol. Les esclaves, au nombre de 400 000, n’étaient pas des serfs de la glèbe, comme les hilotes, car il n’y avait pas en Àtlique une population primitive subjuguée. L’affranchi entrait dans la condition des métèques, et son ancien maître devenait son patron. S’il négligeait ses devoirs, une accusation d 'apostasie pouvait le ramener à l’état d’esclave.
Sénat des Cinq-Cents. — 1 . Le sénat de Solon se composait de 400 citoyens des trois premières classes, cent de chaque tribu, âgés de plus de trente ans. Clisthène éleva leur nombre à 500, cinquante pour chacune des 10 tribus, et quand, au quatrième siècle, deux nouvelles tribus furent créées, il y eut 600 sénateurs.
2. Depuis Clisthène, le sénat était nommé annuellement au scrutin cle la fève1. Chaque sénateur, soumis à un examen moral (docimasie) lors de son entrée en charge, recevait une indemnité d’une drachme par séance* : pour la durée de la session, il était libre du service militaire et avait une place d’honneur à l’orchestre du théâtre. Les séances se tenaient tous les jours au Douleutérion, au nord-ouest de l’Acropole. Les réunions plénières étaient rares; mais le collège était divisé en 10 sections de 50 membres qui se succédaient dans un ordre déterminé par le sort5. On appelait prytanes les sénateurs en service actif, prytanie la durée de ce service4, et l’on disait que la tribu dont ils faisaient partie avait la prytanie. Les prytanes présidaient les assemblées du peuple5. Chaque jour, ils tiraient au sort un épistate (président), qui gardait les clefs et les sceaux, et présidait anciennement les assemblées plénières et Yecclésia ; plus tard, entre 378-369, chacune des neuf sections en non-activité choisissait par le sort un proèdre (9 en tout), dont l’un
La réforme de Solon a tous les caractères d’une révolution sociale. Par l’abolition du droit d’aînesse, par la reconnaissance du droit de tester et la limitation de la puissance paternelle, enfin par la suppression des dettes (<ru crà^eia), c’est à-dire des redevances payées par les plébéiens aux nobles dont ils cultivaient les terres, et dont l’effet était de transformer les plébéiens en serfs (ixwipôgtot), il porta le dernier coup au droit patriarcal, vainement défendu par les lois de fer de Dracon. Clisthène, en supprimant les quatre tribus anciennes, effaça les dernières traces de Yancien régime. Voy. , dans h Cité antique, p. 555 sqq., une explication nouvelle du passage de Plutarque, Solon , 15.