‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 343 sur 591 · ARÉOPAGE · texte numérisé non relu

ARÉOPAGE

de ses fonctions religieuses : c’est un roi électif1. D’abord à vie, l’archontat devint temporaire en 752, décennal d’abord, puis annuel en 685, et réparti entre neuf magistrats2 qui se partagèrent les fonctions du magistrat unique. Les archontes furent longtemps élus (??), puis désignés par le sort (après 490) 3. Chaque tribu fournissait un archonte, et la dixième le secrétaire du collège4. La création des héliastes et des stratèges affaiblit l’autorité de ces magistrats ; Clisthène permit d'appeler au peuple de leurs jugements, et leur autorité judiciaire fut limitée à la présidence des tribunaux. Comme les archontes sortants entraient à l’Aréopage , l’archontat, depuis Éphialte, est une véritable impasse.

Aréopage5. — L’Aréopage, corps conservateur très ancien6, siégeait sur la colline d’Arès, à l’ouest de l’Acropole. Depuis Solon, c’est une cour criminelle composée d’archontes sortants. Éphialte ne lui laissa que ses attributions judiciaires7; mais, après la guerre du

1. Athènes n’abolit pas tout d’un coup la royauté. Le titre de paat'Xeû; ne cessa jamais de figurer dans la constitution athénienne, et de Codrus jusqu’en 752, l’archontat resta dans la famille royale des Codrides. Les quatre premiers archontes décennaux furent encore choisis dans la famille de Codrus. Caillemer pense que l’élection dura jusqu’aux réformes d’Éphialte : car pendant la fin du ve siècle et le iv*, aucun grand homme d’Athènes n’est archonte éponyme, tandis que dans la première moitié du v*, on trouve Thémistocle, Aristide, Xanthippe. Le sort aurait été bien éclairé à cette époque, et bien aveugle pendant les années qui suivirent! Comment admettre que le nom d’Aristide soit sorti par hasard de l’urne l’année même après Marathon? — Mais Fustel ( Cit . ant., p. 215) soutient, avec tous les écrivains anciens, que les archontes furent toujours nommés au sort, à quelques exceptions près, comme Solon et Aristide. Seulement, avant Solon, on ne tirait au sort que parmi les eupatrides, et au temps d’Aristide, parmi les familles les plus riches (Plut., Aristide, 1) ; on peut croire que dans les moments de péril, les noms les plus illustres étaient seuls mis dans les urnes par les thesmothètes. (Voy., à l’appui de l’opinion de Fustel, Plut., Péricl., 9 ; Hérod., 6, 109; Démosth., in Leplin., 90; Pausanias, 4, 5.)

2. Ce sont : l’archonte éponyme, qui donna son nom à l’année et hérita des fonctions judiciaires (ce nom ne date que de l’époque romaine: on disait à Athènes tout court); l’archonte-roi, investi des fonctions religieuses; l’archonte-polémarque, commandant militaire, et les six autres, formant le collège des thesmothètes et préposés à la justice.

5. Voy., sur ce point contesté, la note ci-dessus. Fustel {Rev. archéol., 1878) dit qu’à l’époque de Solon, les noms mis dans l’urne étant choisis, le tirage au sort était une institution aristocratique : plus lard, tous les noms des citoyens entrant en ligne, comme le peuple ne pouvait espérer que le sort désignerait seulement des démocrates, il réduisit l’importance de l’archontat au profit des stratèges qu’il pouvait élire. — La création de la richesse mobilière par le commerce maritime et l’importance croissante du Pirée, expliquent la transformation démocratique d’Athènes après les guerres médiques.

4. D’abord réservé aux penlacosiomédimnes, l’archontat fut ouvert à toutes les classes par Aristide : les noms des infirmes et des mutilés (àSûva-coi) furent seuls exclus des urnes. (Voy. Lysias, ûr.tp àSuvàvou ; Bœckh, Écon. polit., ,2* éd., p. 242.)

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