‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 522 sur 591 · LÀ LÉGION · texte numérisé non relu

LÀ LÉGION

une armée de mercenaires de Marius à Auguste; sous l’Empire, elle a été une armée permanente.

Première période. — 1. L’armce de Romulus comptait 500 cavaliers ( celeres ) sous la conduite d’un tribun [tribunus celerum ) et 5000 fantassins, chaque tribu fournissant 1000 hommes de pied avec un tribun militaire. Le noyau de l’armée était formé par les 500 cavaliers patriciens. Servius fit de l’infanterie, de la légion, le noyau de l’armée romaine. Sa constitution imposait le service militaire aux cinq premières classes, aux frais des citoyens eux-mêmes; les prolétaires, exempts de tout service, étaient armés par l’État en cas d’extrême besoin. Les jeunes (de 17 à 45 ans) étaient réservés pour le service actif, les plus âgés (46 à 00 ans) pour la garde de la ville. — L’ordre de bataille était la phalange, analogue à la phalange macédonienne, formant une seule ligne ininterrompue1. Camille, sous qui fut instituée la solde, abandonna l’ordonnance de la phalange, et introduisit (?) celle des manipules, qui subsista jusqu’à Marius. La légion comptait 4200 fantassins2 et 500 cavaliers, divisés en quatre classes non plus d’après le cens, mais d’après les états de service et la valeur des légionnaires 5. Les trois premières classes (grosse infanterie) se divisaient en 50 manipules4 de 100 hommes chacun, identiques par suite aux centuries. Plus tard, pour obtenir une mobilité plus grande, on divisa le manipule en deux centuries s.

2. En bataille, la légion se tenait sur trois rangs, ayant en première ligne les hastaires , en seconde les princes, en troisième les triaires. Les trente manipules de la légion étaient disposés en quinconce, comme les cases de même couleur d’un échiquier. Quand les triaires devaient reculer, ils se retiraient dans les intervalles ménagés entre les princes, tandis que les princes avançaient au premier rang, les triaires restant en place, genou en terre, couverts de leurs boucliers.

Lange, Organisation militaire sous l'Empire jusqu'à Constantin, 1846; Rüstow, l'Armée et la Stratégie de César , 1862 (ail.). [En somme, l’histoire de l’armée romaine, sous l’Empire surtout, reste à faire : les inscriptions en fournissent peu à peu les matériaux. L. ltenier a consacré à cette étude plusieurs années de son cours au Collège de France, resté inédit.]

1. Le premier et le deuxième rang étaient occupés par les soldats de la première classe, qui portaient un casque, une cuirasse, un bouclier rond d’airain ( clypeus ), et des jambières (ocreae) ; au troisième et au quatrième rang se tenait la deuxième classe, sans armure, mais avec casque, jambières, et un long bouclier carré ( scutum ) qui protégeait la poitrine; aux cinquième et sixième rangs, la troisième classe, sans ocreae ; aux septième et huitième, la quatrième classe, avec le scutum seulement. Les quatre classes avaient des lances (hastae) et des glaives ( gladii ). La cinquième n’avait pas de place marquée dans la phalange, mais formait, armée de la hasle seulement, le corps des rorarii, troupes légères qui, après avoir ouvert le combat, se retiraient en arrière de la phalange. Les accensi velati, armés des frondes, leur étaient adjoints comme adscriptitii.

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