III. — MYTHOLOGIE ET RELIGION ROMAINE
Caractères généraux. — 1. Le caractère de la religion romaine est une sérieuse répugnance à l'anthropomorphisme et un grand penchant à l'abstraction6. Ses divinités sont plutôt des puissances (numina) que des personnes, sans généalogie, sans légendes7, sans formes précises. C’est une sorte de panthéisme vague et prosaïque opposé au polythéisme vivant et poétique des Grecs.
2. Celte extrême pauvreté de formes et de légendes, qui ne donne à ces dieux abstraits aucune prise sur l’imagination, leur rendait impossible toute lutte contre le polythéisme hellénique. Parmi
fier mer (puisque Pline dit que Temarunda = mater maris ; cf. Tam-is~is ) et ara vierge (puisque Plutarque, de Rivis, c. 23, 2, dit que — p.to-ou«f9tvo;) : donc ’Aj-tija signifierait vierge de la mer. Donaldson pense que a?a, vierge , se trouve dans "a^,-. La langue scythique est d’ailleurs aryenne, et non mongole, comme le pensait Niebuhr.
1. &ç?ôç= écume. Max Millier voit daus le mythe delà naissance d’Aphrodite une personnification de l’Aurore sortant de la mer: mais où Millier ne voit-il pas l’Aurore?
2. Hestia appartient aux divinités de la première mythologie aryenne, divinités intimes attachées à chaque famille et qui ne pouvaient figurer dans une épopée à côté des dieux représentant les forces naturelles. Hestia existait sans doute au temps d’Homère, mais il n’aurait pas commis l’erreur de la faire émigrer du foyer dans l’Olympe.
3. Ftjçouç, parent du sanscrit viras, du latin vir. (Curtius, Étymol. gr., p. 538.)
4. Le héros de Y Odyssée, Ulysse, diffère complètement des héros de Y Iliade, et pourrait bien appartenir à une mythologie différente. ’0<W<tîü;, en étrusque, paraît s’appeler Nanus, le nain ; or Eustathe dit (p. 289, 38) que son vrai nom grec est ’OX'jffo-iü,-, et l’on a remarqué (Kenrick, Comment, sur Hérodote ; Donaldson, Varronianus) que 'OXu-raeü; peut s’expliquer par é Xtxô; et signifierait alors le petit, comme le Nanus étrusque. Ulysse le rusé serait un de ces merveilleux petits hommes, audacieux et sagaces tout ensemble, comme on en trouve tant dans les mythologie* du Nord. — Je rappelle cette ingénieuse hypothèse, mais à titre de curiosum, sans y souscrire.