‹ Manuel de philosophie ancienne (volume 5)Chapitre 1 sur 46 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Celui qui entreprend de connaître la philosophie des anciens , est d'abord ébloui à l'aspect d'une lumière assez différente de celle qui nous éclaire aujourd'hui. Mais bientôt , s'il persiste , et s'il se dégage des termes et des préjugés des écoles récentes, il participe aux spéculations des génies primitifs et libres qui cherchaient la réalité dans les choses , ou la vérité dans Tâme , au lieu de se complaire au futile arrangement des parties d'un système politiquement étudié. C'est ainsi qu'une multitude de pensées nettes et hardies semblent prêtes à s'emparer de son esprit; mais la diversité, l'opposition de ces pensées l'embarrassent et le déconcertent. Il se détourne enfin de tous les philosophes; il pense par lui-même, et voilà qu'un ordre admirable lui est révélé dans la succession de ces doctrines où il ne voyait tout-à4'heure qu'incohérence et contradictions.

Un caractère me frappe surtout dans la philosophie

grecque la plus ancienne , c'est-à-dire antérieure à So-

crate : c'est qu'elle se partage en autant de doctrines

qu'il est possible de poser de principes généraux et

contraires pour expliquer la nature et la cause des êtres.

Je conclus de là que la recherche de la science univer-

Page 1