‹ Manuel de phrénologieChapitre 19 sur 21 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

Des Spécialités Mentales.

Ordre I. — Facultés affectives.

Ces facultés agissent du dedans, et elles ne sont nullement acquises par des impressions du

dehors. Elles doivent être senties pour ^tre comprises , mais elles ne s'apprennent pas.

Elles sont les grands mobiles de nos actions ; mais elles ne connaissent pas les objets de leur satisfaction 9 et elles agissent sans jugement.

G EH RE L — Penchaas,

Il y en a plusieurs espèces. Toutes ces facultés sont communes aux animaux et à Thomme;

elles produisent des désirs, et ce qu'on appelle instinct chez les animaux.

X Alimentwité (i).

On attribue ordinairement l'appétit ou Tinstinct à prendre de la nourriture aux nerfs de Testomac; mais tous les instincts dépendent de Torganisalion cérébrale. L'expérience démontre

(i) Beaucoup cle roots français qui se terminent en (/*, tels que destructif, purgatif , corrosif) législatif, instructif) productif, etc. , expriment une force qui produit ; f l beaucoup de noms qui désignent une qualité, tels que générosité , docilité , monstruosité , etc. , finissent en té. J'ai composé des mots pac la terminaison ivité , pour dénoter les penchans.

( =7 ) que Tinstinct en question est affecté à la portion antérieure des lobes moyens. Celle partie cérébrale est développée de bonnç heure ; elle est plus large dans les jeunes enfans que dans les pepsonnes adultes, et elle est prédominante sur ceux qui font le plus grand cas d^un bon dîner, et qui trouvent très - pénible de s'abstenir de manger de tous les plats qu^on sert à table.

L'organe est situé en avant de Toreille et au-dessus de 4iigttcade zygométiquc. C'est la partie antérieure des lobes moyens.

ï) Amativiié.

Ce penchant produit tous les désirs erotiques ainsi que Tinstinct à la propagation. Quelques individus sont très-portés à ce penchant , d'autres le sentent très-peu ; les hommes et les mâles Tont ordinairement plus actif que les femmes et les femelles.

Le cervelet en est Torgane; à mesure que le cervelet se développe chez les enfans, le penchant paraît, et dans les hommes adultes ;près* ciu^ indiffère ns à l'amour physique, le cervelet est petit; chez d'autres personnes dominées par ce penchant, le cervelet e^l volumineux*

/ Ot V-

Cet orgnnc est situé entre la protubérance occipitale, au milieu de la nuque, et le processus mastoïdien derrière les oreilles.

J-es désordres qui résultent de ce penchant, sont très-nombreux , tels que le libertinage, Tadullère , Tinceste, etc., etc.

Son inactivité prédispose à la continence passive.

2) Philogéniture.

I/amour des mères polfr les enfans varie beaucoup; quelques-unes considèrent leurs enfans comme leur plus grand trésor, d'auTtes comme un grand fardeau; quelques femmes privées d'enfans trouvent cet état le plus malheureux.

Le sexe féminin, dès Tenfance, montre plus d'amour pour les enfans que le sexe masculin.

Les domestiques femmes ont aussi ordinairement des soins plus attentifs pour les enfans que les hommes. Chez quelques aliénés ce penchant donne la direction deTaliénation.

Quelques espèces d'animaux abandonnent leurs œufs au hasard et aux circonstances extérieures; chez d'autres espèces, la femelle éprouve le besoin d'avoir soin de ses petits ,

tandis que le mâle ne sVii soucie pas; chez J^aulies espèces encore, la femelle el le mâle é( rouvent ce penchant , lequel cependant est plus énergique chez les femelles que chez les mâles.

Dans l'espèce humaine, on considère ordi* nairement l'amour des enfans comme le résultat de Tamour de soi, ou de Fallaitement ou des seutimens moraux; mais ces causes n^exislent pas chez les animaux, dont le plus grand nombre cependant possèdent cet instinct.

L'organe de la philogéniture est situé dans les lobes postérieurs du cerveau, au dessus de l'épine occipitale. Les deux organes forment souvent une protubérance simple quand les deux lobes sont rapprochés; quelquefois il y a deux protubérances , une de chaque côté, quand les lobes sont un peu écartés.

Trop d'amour pour les enfans contribue à les gâter, et fait trouver leur privation insupportable.

L'inactivité prédispose à négliger la génilure, et une mère provoquée par les circonstances extérieures a détruire son fruit, aura dans le défaut de celte inclination , un motif de moins pour ne pas commettre ce crime , et elle n'op-

posera pas aufant de résistance (Joëlle en aurait • mise) si ce penchant s'élaltsoulevé avec vivacité .contre Tidée d'une telle atrocité; mais ce n'est

pas le défaut de la philogénilure qui délennine

une mère à détruire son enfant.

5) Habiiatmté.

En exanrïinant les mœurs des animaux on trouve que les différentes espèces sont atiachécs à des régions déterminées ; la tortue et le canard sont à peine éclos de leurs œufs, qu'ils courent vers Teau. Quelques oiseaux volent dans les régions élevées de Tair, d'autres vivent sur la terre; quelques animaux cherchent une habitation sur les hauteurs physiques, d'autres se plaisent dans les vallées. Quelques oiseaux font leurs nids aux sommets des arbres et aux pics des rochers, d'autres les placent aux pieds nies arbres ou dans des trous au bord des rivières. La nature paraît avoir voulu que toute la terre fût habitée, et , à cet effet , elle a assigné aux animaux leurs différons séjours par un instinct particulier.

l*armi les sauvages, il y a des hordes qui s'allachent facilement à un terrain, qu'elles cultivent, où ellts construisent des habitations et

s'ôtablisscnt , tandis que d'autres conllnuenl la vie nomade.

Quelques peuples sont exirêmement attachés à leur pays , d'autres sont disposes aux émigrations.

Quelques. personnes sont très-alfachées à une habitation 9 d'autfes changent leur demeure aussi facilement que leurs habits.

Peut-être que l'amour de l'agriculture résulte de ce même penchant. Quelques-uns préfèrent la campagne à la ville > et se plaisent n cultiver la terre, à semer et à planter. La nature attache généralement du plaisir aux occupations nécessaires : or l'agriculture est sans doute indispensable au bien-être de rhumanilé , elle dépend donc probablement d'une disposition naturelle.

L'organe est situé immédiatement au-dessus de celui de la philogéniture.

4) Jffectionwité .

Quelques animaux, tels que les chiens, les chevaux, les moutons, les cochons, les canards, les poules, les oies , etc., vivent en société; d'autres, tels que le lièvre, le renard, la pie, le rossignol, le roitelet, etc., mènent une vie solitaire. Dans plusieurs espèces, Les

mâles el, les femelles vivent ensemble pendant toule leur vie, ils soni pour ainsi dire mariés. Cependant on ne peut pas dite que le mariage et la société soient simplement des degrés d'activité de ce penchant. Il y a des animaux sociaux qui ne sont pas mariés, et beaucoup d^animaux solitaires et sociaux vivent dans Téla^t de mariage L^homme appartient aux animaux sociaux et mariés. La société et le mariage sont des modifications du mémo instinct et des institutions de la nature.

Une autre modification est appelée amitié , c'est rattachement entre les individus de la même espèce. Rattachement n^est pas d'une nature morale. Il existe chez beaucoup d'animaux ; il y a des malfaiteurs qui en ont beaucpup, et qui se détruisent pour n ctre pas forcés de trahir leurs complices.

Ce penchant est plus développé chez les femmes que chez les hommes, et plus chez certaines nations que chez d'autres.

Cette faculté parait âtre l'instinct de s'attacher aux objets qui nous entourent , aux animaux , aux hommes, et aux objets qui nous viennent des personnes que nous aimons. Il produit la sociabilité , mais il ne détern)ine pas le choix iles arnis et de noire société; cela dépend des autres

fâcuUcs qui raccompagnent et qui veulent être satisfaites en même temps.

L'organe est situé de chaque côlé • à Texterieur de la philogénituceet derhabitatîvite.

5) Combatwité,

Le courage est nécessaire dans l'arrangement des choses, et il varie beaucoup dans les différen trs espèces et dans les individus de la même espèce. Q uélques espèces sont toujours disposées à se battre, d^autres ne se battent jamais. Tel chien cherche partout les combats, tel autre les évite. Quelques homuies aiment à lutter et à battre, d'autres sont pacifiques. Un cheval est suret un autre ombrageux. Ainsi la différence de ce ^penchant n'est pas douteuse, mais quelle en est la cause?

On croit ordinairement que le courage est la conséquence de la force musculaire, mais il y a des espèces faibles qui sont courageuses y et des espèces grandes qui craignent les combats. DansTespècebumainequelques individus faibles vX délicats sont doues d'un courage extraordinaire, et des hommes forts et grands en sont destitués. Le courage n'c^t nullement en raison à? la force muscuLire.

L'organe est situé à l'angle posiérieur inférieur (le Vos pariétal au niveau du borJ su[>érieur de l'oreille. Celle partie de la tête est large dans toùles les personnes courageuses. lUle est pariiculièrement considérable dans la tête du gladialeur combaflant. Les animaux courageux ont aussi la Icte large derrière les oreilles.

6) Destructwité.

11 est certain qu'il y a des animaux carnivores et herbivores; mais on n'est pas d'accord sur ce qui en est la cause. Quelques-uns dérivent Tinstinct carnassier des instrumens , tels que les griffes et les dents. Mais les instrumens extérieurs ne sont jamais plus que leur nom n'indique : des instrumens. Les facultés intérieures les emploient à produire certaines fonctions, ^t les instrumens deviennent inutiles, aussitôt que les facultés manquent ou sont dérangées. Le géomètre, le mécanicien , le sculpleur, etc., ne sauront plus employer leurs mains, lorsque leur esprit sera aliéné. De même l'agneau ne saurait pas faire usage des griffes du chat; mais les animaux carnassiers ont reçu des insîrumens your satisfaire leur instinct à détruire. Ainsi les animaux destinés à vivre aux dépens des au»

très ont i*eçii un instinct à les hier et lïes înst rumens pour satisfaire leur désir.

Il y a des animaux de proie dans tous les ordres, et la mort violente est une institution de la nature. Celle-ci a même enseigné aux animaux carnivores à tuer de la manière la plus prompte, en blessant feur p^oie à la nuque.

Quelquesanimaux, tels que la fouine, la martre, h belette, tuent par plaisir,. et plus qu'il ne leur faut pour se nourrir.

Or, les animaux carnivores ayant on instinct à détruire , rhomme qui est omnivore et qui tue depuis les insectes jjusqu'à réléphant et la baleine, poi»r en profiter, doit avoir ce même instinct. Ses voies digestives,. tenant le milieu entre celles des animaux carnivores et celles des animaux frugivores, indiquent qu'il est omnivore. Il en est de même de ses' dents, la natuie a donc fait Tbomme carnassier, et elle doit lui avoir donné le même instinct qu'aux animaux.

Cet itis.tinct présente beaucoup de degrés :

d«*puis la simple indifférence à voir souffrir les animaux, et depuis le simple plaisir à voir tuer, jusqu'au désir le pins impérieux de tuer. On Thbserve parmi les enfans, comme parmi les adulte^; parmi des hommes grossiers et parmi

quelques-uns qui ont reçu de réJucalion. Quelques brigands se contentent de voler, d'autres manifestent une inclination sanguinaire de tuer sans nécessité. It y a des imbécilles et des aliénés qui ont cet instinct plus ou moins actif.

Cet instinct porte à la destruction en général» s^ns indiquer Tobjet, ni la manière de détruire. L^action déterminée dépend des circonstances extérieures ou celui qui agît se trouve, soit p.'ir le feu , Feau, des instrumens tranchans, des poisons, etc.

LMnstinctest utile pour se procurer la nourriture nécessaire, et dans la guerre de défense; mais il produit des abus dans le meurtre, Tassas* sinat ou Tincendie volontaire. Il dispose les enfans à gratter, mordre, pincer, casser et déchirer. La justice l'emploie pour la sûreté de la société.

L'organe de la desfructiviié est situé sur le cûté de la tête, immédiatement au-dessus dos oreilles, à l'endroit qui correspond â l'x>s temporal.

7) Secrétmté.

Les animaux ont besoin de cet instinct pour se cacher et pour s'y prendre de manière à

(3?) n^élre pas aperçus. Un chat fait semblant Je dormir, il guetle ia souris sans faiie anciiu mouvement. Le chien, pour s^assurer un os , le cache dans la terre. Les hommes fins et rusés décèlent, de mille manières , cet instinrt : ils disent le contraire pour apprendre la vériié; ils exagèrent le bien pour apprendre le mai ^ etc. , etc. ,

Cet instinct peut être employé pour le bien et pour le mal; il produit le mal chaque fois qu'il n^esi pas dirigé par les sentimens supérieurs. Les abus qtn en résultent sont Tintrigue , l'hypocrisie, le subleifuge, le mensonge, l'argutie , etc.

L^organe est situé au dessus de celui de la dcstruciivité, et^ étant très-développé, il élarg.t la tête latéralement.

8) Jcquiswité.

Ce penchant ne détermine pas les objets qu'on désire y il donne seulement le desnr d'acquérir. Il est nécessaire à l'homme et aux animaux pour se procurer leur subsistance, et il juuc un grand lôle dans la société; produit Taniour de soi, Tiittéiêi personnel, et domancle toujours Ix quoi cela Cvt il buu tu utile : c'est

râmc du commerce, et il fait penser au g.iin et à ramasser. Les objeîs qu'on acquiert et qu'on ramasse f et la manière de le faire, dépendent des circonstances extérieures où l'on est placé y et de la combinaison des facultés dont on est doué.

Dans quelques animaux, tels que les pies et les corbeaux , il agit aveuglément , et ces animaux ramassent des métaux, des pierres et des choses dont ils ne peuvent faire aucun usage. Il y a des hommes chez lesquels cet instinct agit de la même manière ; ils collectent indistincte^ mt ni ce qu'ils peuvent rencontrer.

Ce penchant produit beaucoup d'abus , tels^ que le vol, le plagiat , la fraude, Tusure, le jeu, la corruptibilité ou vénalité, e!c.

L'organe a été découvert dans des voleurs invétérés, et il n'y a pas de doute que quelques individus montrent un penchant au vol. Dos personnes de bonnes familles, 4les riches, des idiots et des aliénés ont été remarquables pour cette inclination. Chez- eux, l'instinct à acquérir agit d'une manière isolée : il n'est pas dirigé par de&sentimens supérieurs, et, comme cht*2 les animaux qui n'ont pas de facultés morales, il prend ce qu'il trouve.

L'organe aboulit à l'angle antérieur inférieur des os pariétaux.

9) Constructwité ,

Plusieurs animaux font des nids et deshabitalions. Les castors construisent des cabanes; le lapin ^ le mulot et la marmotte creusent des terriers, et Thomme a inventé l'architecture. Le sauvage élève des huttes, et les nations civilisées bâtissent des palais et^ des temples. L'homnie se procure toutes sortes de jouissances par les arts mécaniques, les métiers, le dessin et la sculpture. La faculté en question donne la dextérité manuelle dans tout ce qui concerne la construction, et dans l'usage des outils. Elle est nécessaire au tailleur et à la marchande de modes, de même qu'à celui qui construit des machines pour les manufactures, le commerce et la guerre; elle fait les jouets et les armes, et produit en général les habiles ouvriers.

L'organe de la constructlvité aboutit aux tempes , mais la situation et l'apparence extérieures varient d'après le développement des parties voisines. \\ est moins visible si les lobes moyens sont très-volumineux , ou si le frorjt est très-large , ou si les organes du langage, de

, Torilre et des tons sont très considérables , ou enfin si les joues sont très-saillantes. Lorsque la base du crâne est étroite, il est situé plus haut ; dans ce cas, il y a souvent un enfonceinenl à Taiigle externe de rœil, entre cet angle et Torgane^ surtout lorsque la peau et les muscles qui couvrent les tempes sont mince».

DansTexamen de cet organe, il faut toujours considérer lépaisseur des légumens et des mus* des qui le couvrent.

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