‹ Manuel de phrénologieChapitre 21 sur 21 · I. DES SENTIMElîS COMMUNS AUX ANIMAUX · texte numérisé non relu

I. DES SENTIMElîS COMMUNS AUX ANIMAUX

ET A l'homme,

lo) Estime de soi.

L'eslime de soi est un des sentimens qu'o.n considère généralement comme faclices, et le résultat des circonstances sociales. Cependant il est quelquefois très actif et en opposition des circonstances extérieures, et chez des personnes qui n^ont aucun avantage sur les autres ni par leur naissance, leur fortune, leurs talens, ni par leur mérite personnel. Le sexe masculin en a ordinairement plus que le sexe féminin. Quelques nations sont remarquables par cette faculté. Enfin on sait que beaucoup de fouss'imaginent être ministres, rois, empereurs, Dieu même.

Ce sentiment est très -actif dans la nature humaine; il est destiné à nous donner une bonne opinion ou Testime de nous- même; mais il produit aussi beaucoup d'abus, tels que l'amour de la domination, le désir de la puissance, le plaisir de la critique^ l'orgueil, la fierté, la

présomption, la suffisance, Tinsolence, le mépris et le dédain.

L'organe est situé à l'endroit qui correspond au Qerlex delà télé, au milieu de la sature sagitale , à la partie postérieure supérieure; là où la tête commence ordinairement à décliner.

) ApprohaWité.

Ce sentiment cherche l'approbation d'autruî, fait cas de ce que les autres pensent et disent de nous. Il aime les caresses, les flatteries, les complimens et les applaudissemens ; il est la cause delà parure, de l'ostentation et des décorations. Il produit aussi l'émulation, le point d'honneur, l'amour de la gloire et des distinctions. Appliquée de grands événemens , il est appelé ambition; à des choses futiles, il porte le nom de vanité.

L'application déterminée de ce sentiment dépend des autres facultés avec lesquelles il agit en combinaison, et des circonstances où ^celui qui agit se trouve.

Ce sentiment est ordinairement plus développé chez les femmes que chez les hommes ; pliis chez certaines nations que chez d'autres.

L'organe est situé à côté du précédent, à la

parlie po.^léi îpure et latérale de la lête. Ses fibres sont plus ou moins longues ou plus ou moins larges, ou 1 un et Tautre en même tem^js.

12) Circonspection.

Ce sentiment contribue à la conservation ; il fait prendre des précautions; fait placer des sentinelles ; retient l'activité des penchans et semble toujours dire ; prenez garde. Etant trèsactif, il donne de l'incertitude, de l'inquiétude, de Tirrésolution, de la mélancolie et de Thypocondrie, .Il agit avec plus d'énergie chez les femmes et les femelles que chez les hommes et les mâles. Il est plus prononcé chez ceriaines nations que chez d'autres. S'il prédomine tandis que le courage est très-faible, il prédispose à avoir peur.

L'organe aboutit au milieu de chaque os pa« riétal.

iS) Bienveillance.

Il y a des espèces d'animaux et des individus de la même espèce qui sont remarquables par leur douceur, et d'autres par leur méchanceté. Le chevreuil, par exemple, est doux, et le chamois méchant. Quelques hommes excellent

par leur bonté, d'autres sont <lurs et crne's. Quelques philosophes croient que la bonié i esulle de l'absence du courage ; ipais il y a des hommes courageux, même querelleurs, qui sont très-bons en même-temps. L'absence de la bonté, il est vrai, n'explique pas la cruauté ; mais si la bienveillance manque , les autres penchans , surtout celui de la destructivité, agissent d'une manière cruell'^.

L'organe de la bienveillance est situé à la partie supérieure médiane de l'os frontal. Chez les Caraïbes , cet endroit est beaucoup moins développé que chez les Indous. Il est beaucoup plus élevé dans le buste de Sénèque que dans celui de Kéron. La différence est aussi trèssensible dans les animaux bons ou mëchans.

L^ sphère d'activité de ce sentiment e>t trèsétendue dans l'espèce humaine : il en résulte la bonté, la complaisance, la bénignité, la clémence, la miséricorde, la compassion , la pitié, l'équité, l'humanité, la bienveillance , rhospitalilé , la générosité , la bienfaisance , l'amour du prochain , la charité.

Des Sentimens propres à riiomme.

L'homme est un être moral et religieux par

( 45 ) sa nalurc; mais il est importanl de savoir que la moralité et ia religiosité ne résulient pas rune.de i^auire, et ne sont pas nécessairement en proportion , mais peuvent être combinées ensemble et s^exciler mutuellement. La morale concerne les relation? d'homme à homme, et la religion cmbras^^e les relations entre Thomme et lei* élrei surnaturels el Dieu lui-même. En oiilie, ce n'est pas une faculté seule qui conslilue la murale, ni une faculié seule qui cens-ùino. la rt ligion. La bienveillance est émineinrnoni morale, et si elle est considérée dans la religion, elle l'est autant quVUe est commandée par la volonté de Uieu ; mais elle n'existe pas ])ar(:e qu'elle est commandée : elle est anterieuie ai commandement, et elle est commandée p.irce qu'elle est bonne. Le commandemeitt seul est religieux. — Les autres facultés morales son! la vénération , la fermeté et la conscienciosilé , tandis que la religiosité dépend de la vénération, de respérance et de la merveillosilé. Celle dernière est pour la religiosité ce que la conscienciosilé est pour la morale.

i4) Vénération.

L'application de celle faculté est tantôt mo-

raie, tantôt religipuse. Elle est morale si elle se fait aux hommes ; elle est religieuse si elle est dirigée vers des êlres surnaturels. Ce sentiment es! celui du respect et de la vénéralion , rjui peut s'exercer sur les choses et les personnes, sur des êtres imaginaires ou sur l'Elre- Suprême. Il vénère les vieillards, les parens, et fait faire tout ce qu'on croit nécessaire pour la gloire de Dieu. Il peut se satisfaire par des aclcs superstitieux ou par une conduite sage et raisonnable. En religion, il donne naissance au culte.

I/organe de la vénération aboutit à l'endroit fjui correspond à la fontanelle chez les jeunes «'tifans, dans la ligne médiane, aux angles antérieurs supérieurs des os pariétaux , en arrière de Torgane de la bienveillance.

i5) Fermeté,

On appelle souvent les effets de ce sentiment la volonté, mais cette faculté peut agir sans réflexion. Les personnes qui en sont douées dans un haut degré , disent souvent : je veux , ce qui veut dire \ je commande. Ce sentiment donne de la constance et de la persévérance aux autres facultés ; il fait insister sur ce qui se

passe dans la têle, et dispose à l'indé^iendance , surtout en combinaison avec Festimc de soi.

Trop actif , il produit des abus tels que Topiniâlreté, Tobstinalion, l'entêtement, la désobéissance, l'esprit séditieux , elc. — Son dé faut rend inconstant , changeant , variable et incertain.

l/organe al>oulît au sommet de la têle, entre la vénération et Ti^sliine de soi.

iG) Conscienciosité.

Ce sentiment fait envisager les actions sous le rapport du devoir, de l'obligation morale , de la justice; il désire être juste, mais il ne détermine pas la justice. Celle-ci est réglée d'après ce sentiment combiné avec d'autres facultés. La justice de celui qui l'unit avec la bien«veillance et la vénération est très-différente de celle qui est combinée avec les penchans inférieurs sans bienveillance et vénération.

Ce sentiment est la base de la conscience et Je la législation ; sans lui on ne sentirait pas le besoin d'être juste. Il désire et cherche la vérité. Chez quelques individus, il est très-faible et à peine perceptible ; chez d'autres , il est trèsénergique. — Il est encore connu sous le nom

du raonileur inlërîeur , mais ceux qtii pensent que ce sentiment suffit pour diriger les actions des hommes, et que tous ceux qui agissent en opposition en sont tourmentés, se trompent.

Il en est de ce sentiment comme de tout autre : chez quelques personnes il es! fort , chez d'autres faible , et chez d'autres encore , il n'y en a presque pas. C'est pourquoi la loi positive doit être établie , c'esl-à dire , il faut déterminer ce qui esl jusie ou injuste, et donner d'autres motifs pour faire agir conformément à la loi.

l.'urgane de la conscicnciosilé se trouve entre ceux de la fermeté et de la circonspection.

Les senlimens de la bienveillance, de la conscienciositéet de la perjévérance sont essentiels à la moriile , qui esl ennoblie par la vénération.

17) Espérance.

Ce sentiment fait croire à la possibilité de ce que les autres facultés désirent sans en donner la conviction. Il est nécessaire au bonheur des licmmrs dans presque toutes les situations, et y conli ibue plus que la réussite de leurs projets. Il ne se borne pas aux circonstances de ce mon-

ik, il dispose aussi à admettre une vie à venir, ^'t consii^ue une partie de la foi religieuse. Etant trop ac4if, il fait former des projetssans fin ; lorsqu'il est îiiactif , la circonspection produit souvent le découragement, même le désespoir.

L'organe de Fespérance est situé des deux •côtés de celui de la vénération.

i8) MeweUlosùé,

Ce sentiment cherche et voit en fout le mer- 'vellleux , le celé étonnant , miraculeux et surnaturel, lise manifeste chezies sauvages et chez les nations civilisées, et fait crohre à toutes sortes de contes fabuleux et merveilleux , aux inspirations, aux presseulimens, à la magie, aux revenans, aux visions, aux sortilèges, aux cnchantemens et ^ l'astrologie. Il constitue la p^i^rtie fondamentale delà foi religieuse, ot ambrasse toutes les considérations dogmatiques et miraculeuses. II est la base de toute croyance religieuse, parrap{>ort à la révélation; c'est lui qui fait comprendre qu'il n'y a pas de religion sans croyance^ tandis que la vénération embrasse le culte et tous les actes de piété religieuse. C'est une faculté fondamealale de Tes-

pèce bumaîne, et telle désire être safisfaite.EUe e$l plus ou moins aètiVe chez les différens individus et chez les différentes nations.

L'org.me de la merveillosifé est en avant de celui de Tespérahce» Son grand développement élargit la partie Supérieure latérale de Tos frontal.

Ainsi, de même que la morale commence par la conscienciosité , de même la religion commence par la merveillosllé; ensuite la morale embiasse, outre la conscienciosilé , la bienveillance, la vénération et la fermeté; et la religion renferme, outre la merveillositc , Tespérance cl la vénération.

19) Idéalité.

Ce seniîment fait envisager la nature comme elle devrait être dans son état de perfection. Il donne de la vivacité, de l'enthousiasme, de Texallation , de l'inspiration ; il vivifie les fonctions des autres facultés, et leur donne une apparence qu'on appelle poétique. Il est esseniiel aux poètes y caria poésie ne se borne jamais à une description des objets tels qu'ils sont. Dans les arts, il donne le goût du sublime. Il fait chercher partout la perfection et l'idéal.

(Si )

Uorgane de Picléalîté est situé au-dessus des 4empes, sous l'arcade temporale, dans une direction qui s'étend en arrière et en haut , en avant de raccjuisivité*

20) Gmeté.

Ce senlimenl produit une manière parliculière d'envisager les objets, et la tendance à faire rire, et à chercher en tout le côté plaisant. Il se combine avec toutes les autres facul* t€s, et porte différens noms, d'après son application. Il peut s'appliquer aux mots, aux idées, aux objets, aux phénomènes, aux arts et à toutes fes manifestations des autres facultés. Les calembours, les caricatures, les bons mots, l'esprit de répartie et de saillie , la moquerie, la railierie, Tironie, les conceptions comiques -et le ridicule en dépendent. Ce sentiment ne doit pas être confondu avec le contentement ou La satisfaction; chaque faculté procure une sorte de satisfaction , et , sans le sentiment dont il «'agit ici, on peut être parfaitement €onle^t et sérieux en même temps ; mais ce sentiment donne lUiumeur ^aie et .vbe à ^am<os^In6r>^

L^organe est situé à la pavtie super ieuvd ex-r térifîure du front ^ en avant de l'idéalité.

2i) Imitation.

Ceslune faculté dont la sphère d^activité est très grande, et qui est très-aclive chez les enfans ; elle leur donne Tinclination à imiter ce qu'ils voient faire autour d'eux , la voix et les gestes des anin^aux et des hommes , et Ton sait que les enfans apprennent beaucoup par imitation. Cette faculté reste quelquefois trèsaclive chez des individus adultes, qui, alors, excellent par Tart d'imiter. Elle donne aussi ce qu'on appelleexpression dans lesartsd'imitation.

Uorgane de Timitalion est des deux côtés de celui de la bienveillance.

Les facultés affectives viennent d'une source intérieure; elles trouvent l'occasion d'agir dans les circonstances extérieures et en sont aussi excitées, mais elles n'en naissent pas; elles agissent involontairement avec plus ou moinsr d^énergie, mais aveuglément et sans jugement.

Ordre II. — Facultés intellectuelles.

\4t\xv nature essentielle est celle de procurer des connaissances.

G£.KRE I. — Sens extérieurs.

Par le moyen des cinq sens, les animaux et rhomme entrent en communication avec le monde extérieur, et ils s^associent. à tous les êtres qui les entourent. Mais les sens ne sont que des. intermédiaires entre les facultés intérieures et le monde extérieur, et c^est une grande erreur de les considérer comme cause des facultés affectives et intellectuelles.

Chaque sens est double, e| n'a qu'une sorte de fonctions spéciales ou immédiates , tandis que le même sens peut assister plusieurs facultés intérieures dans l'accomplissement de leurs fonctions. On peut voir les objets, leur étendue, leur configuration^ leur couleur, leur nombre , leur mouvement, etc.; toutes ces fonctions s'exécutent au moyen de la vue ; mais, d'après la Phrénologie, ers sortes de notions sont acquises par des faculiés intérieures, et la vue se borne à propager les impressions visuelles.

Le toucher est destiné à faire percevoir la température, l'humidité ou la siccité; le goût les parties savoureuses des corps ; l'odorat , les odeurs; l'oiàV, les sons, et la vue, la lumière

el ses nuances. Toutes les autres fondions Jcsr sens sont médiates*

G £19 RE IL — Facultés perceptwes,

Les organes de ces facultés et ceux du fleurie suivant sont situés dans le front. Pour bien juger du volume du front en général , ou de celui de tout organe intellectuel en paiticulier, il &ut regarder chaque télé de profil, et voir si la région frontale, décrite plus haut, est considérable, ou peu développée, et dans quelle partie elle est la plus saillante. Un front peut être perpendiculaire et très-petit, landi;»^ qu'Hun autre, déclinant en arrière à la surface^ peut être très-large et long, en considérant la masse depuis Forgane de la conslructivité jus— qu^â la surface du front.

22) Indwidualiié.

C'est la faculté moyennant laquelle l'esprit connaît les objets extérieurs el leur existence individuelle. Elle fait reconnaître la réalité des olîjcls, ce que des philosophes ont considéré comme l'effet du toucher. Etant trop active, elle personnifie même les phénomènes , tels

que le mouvement, la vie, la fièvre, la folie, eJc.

L'organe destiné à procurer cette sorte de connaissance est situé a4j-dessus de la racine du nez, entre les deux sourcils.

2 5) Configuration.

Un objet, il est vrai, est inséparable de ses qualités physiques , mais on peut admeUte l'existence d^un objet, le concevoir comme un être , sans penser à s^s qualités, et sans les connaître. Parmi les facultés qui servent k, prendre notice des qualités des objets, est celles de la configuration. Elle sait tout ce qui concerne la forme ; elle connaît les personnes, et donne aux artistes le talent de faire ou iniiter les formes. Elle est nécessaire aux peintres de portraits, aux sculpteurs., aux marchandes de modes, et à toutes les professions qui s^occupent de formes.

L'organe esl^ situé k l'angle interne de Toeil , et étant très-dfvMpppQf il pousse Toeil en de-hors. II y a alors vpe grande distance entre les

deux yeux.

( 56} 24) Etendue.

Les notions des dimensions d^un objet appar^ tiennent à une espèce particulière. Les géoni entres ^ les architectes, les arpenteurs, les méca^niciens, etc., ont besoin de cette faculté,

Uorgane aboutit au bord interne de VavG jourcilier.

;25) Pesanteur et Résistance^

Les idées an poids, de la résistance et de la consistance ne peuvent être attribuées à aucun des sens extérieurs. Pour les acc^piérir, les muscles sont employés par une force intérieure.

LWgane de cette faculté est à Textérieur de celui de Tétendue.

26) Coloris.

Les yeux font connaître la lumière et ses nuances; ils en sont affectés agréablement ou désagréablement ; mais ils n'aperçoivent pas les rapports des couleurs entre elles, ni leur harmonie ou désharmonie. Ces fonctions appar* tiennent à une faculté intérieure , qui est très*

arlivechrz Us peuples. orientaux. CVsl celle fjcuhc qui rend la vue des fleurs el dos cou^ leurs si agréable; elle dirige les peintres de fleurs, les émailleurs, les teinturiers, les bons coloristes en pointure, et tous ceux qui s'occupent des couleurs.

L'organe du coloris est à rextéiicur du précédent, au milieu de Tare spurcilier. Il est toujours large, quand l'arc sourcilier s'élève dans sa direction latérale.

2j) Localité.

Chaque objet occupe une place dans Fîmmensité de l'espace ; on connaît les lieux des objets et on s'en rappelle moyennant une faculte particulière y qui cherche sa satisfaction de même que tout autre faculté, et produit le désir de voir des localités, ou l'amour du voyage. L'organe de la localité est situé audessus de Torgane de l'étendue» et il s'étend vers le milieu du front.

28) CalcuL

Tout ce qui concerne les Nombres appartient il la splièrc d'activité de celli* faculté , par con-

^qxieni V arxihmiiiqaë ; tandis que les malhé-> maiiqoes sent le calcul appliqué aux dimensions.

L'organe est sittiéi Tatigle externe de ToBil ; éiant large, Tangle externe de FœH est ordlnaircincnl déprimé et plus bas que Tangle interne. Les grands mathématiciens ont cette configuration, mais ils ont en même temps l'organe de Tétefidue très-développë.

2g) Ordre.*

On peut avoir l'idëe de plusieurs objets et <Ie leurs qualilés sans les considérer dans un ordre ijuelconque. Quelques personnes aiment l'ordre en tout , d'autres y sont indifférentes. Cette faculté peut être appliquée à toutes les autres idées: aux dimensions, aux couleurs, aux nombres, aux tons^ etc. La classification des objets d'après des signes extérieurs, et le plaisir de voir une collection complète en dépendent.

L'organ:! de l'ordre aboutit à la partie ex-tome de Tarcade sourcillerez entre ceux du eului is et du calcul.

36) Eifentualùé. (i)

€etle faculté confiât ce q^uLse passe dails les objets : tout ce qui est événement et qui est indiqué par les verbes dans leur mode infinitif. Elle apprend Thiatoire, produit la mémoire des faits, est attentive aux phénomènes extérieurs , aime U connaissance des anecdotes et désire connaître tout; elle est essentielle aux rédacteurs, aux instituteurs et aux historiens.

L'organe de Téventualité est situé au milieu du front , au dessus de celui de rindividualite*

3i) Temps,

Celte faculté considère la durée, la succession, ou la simultanéité des objets , de leurs qualités et des phénomènes. Ces notions sont essentiel leraeot différentes de celles des autres facuUés perceptives.

L'organe du temps est i Texléricur de ceux

(i) Cet orgf)j)* '*t noip^ic c^lut des pliénomènei , dans mon ouvrage sur la PliaàjBiqi.06iK«

de rëventaalilc et de La localité , au- de^us de celui du coloris.

32) Tons.

L*oreille ne suffit pas pour expliquer le chant des oiseaux, ni la fhusique de rhomme. Li*s oiseaux mâles chanteurs qui sont élevés séparémenl et sans jamais avoir entendu un oiseau de leur espèce, élant adultes, chantent comme enx. Le talent musîca^de^hommcnVst pasnon pirs proportionné â la finesse de Touïe. L'oreille sert pour entendre les tons, comme l'œil sert à voir les couleurs, mais les inventions, la mémoire et le jugement des tons et des couleurs, sont des attributs de deux facultés intérieures.

\jà musique se compose de deux facultés: de celle des tons et de celle du temps. Quelques musiciens ont plus de facilité à chanter ou â jouer d'une manière harmonieuse, que d*ob' server la valeur des tons ou le temps ; d'autres exécutent bien la cadence, mais funt des fautes contre l'harmonie des tons.

L'organe des tons est à l'extérieur de celui dsj temps à l'angle extérieur du front, au-dessus de ceux du calcul et Je l'ordre, liiant large , Il présente quelquefo's exléiîeuremcnt une forme

triangulaire pyramidale , tantôt il arrondit Yen'. droit ou il est placé*

53) Langage.

Cette faculté connaît les signes artificiels par lesquels les hommes se communiquent mutuelle* ment leurs senlimens et leurs idées. Les animaux qui vivent ensemble ont aussi besoin d'un lan* gage, mais ils sont restreints au langage naturel. La nature leur enseigne comment indiquer l'activité de leurs facultés , et tous les animaux doués des mêmes facultés en comprennent les signes relatifs.

Les signes artificiels peuvent varier, ils sont vocaux , et ce sont les plus commodes, ou ils consistent en gestes; ils sont passagers ou permanens par Técritiire. La connaissance de leurs significations s'acquiert par rintermédiaire d'une partie cérébrale. Cettefacullé donne la mémoire verbale, et étant tiès-active, la facilité d'apprendre les langues couventioii* nelles.

L'organe du langage est situé à la partie postérieure et transversale du plancher de l'orbite. Etant très -développé^ il pousse V<»\1

en avani et en hsts^ el les paupières inférieures sont gonflées.

Genre III. Facultés réflectly^es.

Ces facultés constihueni ce qu'on appelle raisonnement ou réflexion.

34) Comparaison.

Celle fdculié compare les fonctions des au 1res ,

f.icuités , connaît lour différence > similitude , ]

analogie ou identité ; elle aime les comparaison^ et produit les sens figuratifs du bngnge. Cependant il faut remarquer que les comparaisons qu'on fait, dépendent des autres facultés avec lesquelles celle-ci est combinée. L'un choisit ses comparaisons dans les formes , un autre dans les couleurs, dans les é énemens ou dans les tons, etc. Cette faculté est nécessaire aux bons prédicateurs et les fait parler en similitudes, allégories, paraboles, et faire dos rapprochemens entre ce qui est spirituel et ce qui est terrestre; Elle est essentielle au discernement philosopliique, et fait distinguer entre les notions; dlepro4uitaussirespr.it de généralisation et

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d^abstrâction. Elle est destinée h mettre en harmonie les fonctions des autres facultés.

L* organe de la comparaison aboutit à ta partie moyenne de Tos frontal ; étant trèsdéveloppé^ il forme une élévation pyramidale renversée*

55) Causalité.

Cette faciilté fait envisager tout ce qui existe et tout ce qui se passe sous le rapport de c;)use et effet, elle demande toujours pourquoi* Elle s^applique aussi à des choses surnaturelles, sous* traites à la connaissance de Thomme; alors elle devient métaphysique. Elle force Thomme d^admettre une cause finale, mais elle ne peut pas la lui faire connaître. Tout ce qu'il [eut connaître à cet égard, se borne aux causes secondaires. Plusieurs phénomènes sont inséparables Tun de Tautre, alors rcsprit humain considère le précédent comme cause , et le succédant eomme effet*

La faculté de la causalité est de la plus haute importance dans toute situation pour se rendre compte de ce qui arrive. Etant trop active et non combinée avec la comparaison « ni assistée par réventualité, elle produit des abus pur sa

manie de vouloir expliquer tout. Alors elle fjît tirer des conclusions ou établir des principes sans les baser sur un assez grand nombre dé données. L^union des facultés perceptives, surtout de rindividualité et de réventualilé , et des facultés réflectives, est nécessaire pour produire le véritable esprit philosophique.

Les deux dernières facultés, comparaison et causalité ^ forment les induclionsi les corollaires, établissent des principes ou loisf constituent la raison et sont indispensables à la volonté.

En résumant les facultés fondamentales de Tesprit humain et leurs organes , il est curieux de voir i|ue les organes des facultés animales sont situés au bas de la télo, et ceux des facultés supérieures plus haut en raison de leur excellence , de soi te que les organes des facultés propres à Thomme aboutissent à la partie supérieure antérieure de la tête. En outre, les organes des facultés analogues sont placés ens#mble, tels que ceux des penchans, des ser»timens, des facultés perceptives et des faculrës réflectives. Ceux qui s'assistent moiuellemcnl , sont voisins l'un de Tautie. La combativité est entre la phiUigénilurc , ralfectionivité et la destructivité; raffeciionivilé e&l à côié deTappror

* bativUé ; la fermeté est liée avec Teslime Je sor, la conscienclosité et la vénération ; les sentimens religieux et moraux se touchenX; les facultés théâtrales sont placées ensemble à Tangle et au bord extérieur de Tos frontal. Les organes sont plus ou moins volumineux, elleiM* sphère d'activité correspond à leur développement dans le même individu; les organes des facultés communes aux animaux et à Thomme sont plus considérables que ceux des facultés propres à l 'espèce humaine , et Ténergie des premiers l'emporte incontestablement dans la plupart des humains. Enfin, un changement organique en faveur des facultés supérieures est une chose désirable aux yeux de ceux qui sont convaincus de Tinflurnce de rorgani3ation cérébrale sur les fonctions affeclives et intellectuelles.

SECTION IIL

De Y utilité de la Phrénologie.

Je me bornerai à faire quelques remarques générales sur cet objet. J'ai développé mes idées en détail dans des ouvrages paiiiculior^.

Je commencerai par faire une réflexion importante sur les prétendues conséquences que quel* ques adversaires de la Fhrénologie ont vûuIjli attacher à celte s.cience, soit par ignorance soit par malveillance. Cette doctrine, disent-ils, en soutenant que les facultés affectives et intellectuelles se manifestent par le moyen des partics cérébrales, établit le matérialisme de l'homme.

Les phrénoingistcs répondent qu'ils ne s'oc-^ cnpentpasde la nature de Tâme, et qu'ils abandonnent ces recherches aux métaphysiciens et aux théologiens; mais que Tàme ne devient pas plus matérielle, à cause de sa dépendance des parties cérébrales , qu'elle ne l'est ^ parce qu'elle voit au moyen des yeux, entend au moyen des appareils organiques. Ils ajoutent qu'ils n'inventent rien, qu'ils observent el communiquent ce qu'ils trouvent; or, c'est un fait que Tâme se sert d'inslrumens ou d'organes pour paraître dans cette vie , et ce sont ces organes que les phrénologistes étudient.

Les adversaires disent aussi que la Phrénologie, en soutenant que les facultés affectives ou intellectuelles sont innées et se manifestent moyennant des organes cérébraux, établit le fatalisme.

I.fs phrcnologisles distinguent entre les Jeux significalions du mot falalisme.

Ils reconnaissent et enseignent que Thomme ne peut rien créer; qu'il ne peut pas se donner toutes les dispositions qu'il désire , qu'il y a des aveugles , des sourds, des idiots , des hommes ordinaires et des génies de naissance; ainsi que l'homme n'est pas une table rase en venait au inonde, mais qu'il est doué de dispositions qui sont essentiellement les mêmes dans les différens individus, mais qui varient en activité chez chacun. Ils admettent des dons naturels, et ils montrent les conditions organiques dont ces dons naturels dépendent. Ce fatalisme existe et est conforme à la doctrine chrétienne.

L'autre sorte de fatalisme, selon lequel les facultés étant données agissent irrésistiblemenf, est contredite par l'expérience journalière. Tous ceux qui la reprochent à la Phrcnologie doivent sentir Terreur de leur accusation. Chacun éprouve des inclinations auxquelles il résiste. Toute religion admet l'existence de désirs qu'il faut réprimer. La Phrénologie reconnaît le môme principe : elle fait voir les différens désirs inférieurs, mais aussi les sentimens supérieurs et l'intelligence qui doivent diriger les actions de l'homme.

Mais 9 dil-on , si les facultés supérieures man* quent tandis que les inférieures agissent avec beaucoup dVnergie , rhomme n'est pas libre.

Cet étal est reconnu par la législation civile et religieuse. Les enfans, avant un certain âge, les idiots et les aliénés ne sont pas responsables de leurs actions, parce qu^ils ne peuvent pas distinguer entre le bien et le mal. La Phrénologié ne change rien en principe , elle en explique seulement Tapplicalion.

La Phrénologié, étant fondée dans h nature, restera comme toute autre vérité, et au lieu d'être dangereuse à Thumanité, contribuera à établir le bonheur général, tandis que Terreur, utile à des individus , est toujours nuisible à l'espèce. Quand il s'agit de vérités naturelles , il faut être sur ses gardes par rapport aux conséquences qu'on y attache. La nature est constante, et des hommes imprudens, qui ont voulu s'opposer à ses lois, se sont toujours vus obligés de se rétracter, ou leurs erreurs ont été réprouvées par la postérité.

Faisons mention , au contraire, de quelques avantages éminens qui doivent résulter de la nouvelle connaissance de l'homme.

L D'abord la Phrénologié reclificra tous les

systèmes philosophiques concernant la nature humaine. Elle établira une philosophie ou psychologie positive et invariable, dont le langage sera clair et exact ainsi que les idées , ^t dont on pourra faire Tapplication dans les relations sociales, tandis que jusquUci la philosophie de rhomme a varié diaprés les pays , les temps et les individus qui l'ont cultivée. En Grèce, les systèmes philosophiques se sont succédé les uns aux autres. Depuis la renaissance des lettres, il en a été de même en Allemagne, en Ecosse, en France, et jusqu'ici le langage philosophique est extrêmemenl vague , chaque terme a plusieurs significations, et il arrive trop souvent que dans les discussions philosophiques on ne dispute ^ue de mots.

II. L'étude de la Phrénologie est indispensable aux médecins, d^abord puisque des causes morales dérangent fréquemment les fonctions végétatives, en outre, la doctrine de Taliénation mentale ne peut être qu'empirique tant qu'on n'a pas une connaissance exacte des phénomènes mentaux dans Télat de santé.

Conformément à ce principe, on a eu recours à Texorcisme, lorsqu'on a cru que les aliénés

étaient possédés de mauvais esprits; ou on le& a abandonnés à leur sort el à la nature^ ayant ridée que Tesprit agit indépendamment du corps ; mais on traitera les aliénés diaprés les principes de la pathologie en général, quand on sera convaincu que les causes de l'aliénaûon mentale sont toujours corporelles, et que la cause immédiate réside dans le cerveau.

m. La Phrénologie sera d^une grande utilité pour le moraliste; elle lui fera comprendre comment la morale est indispensable au bonheur terrestre des hommes, d'après l'ordre naturel établi par le créateur, el comment elle peut devenir une science; elle le convaincra que les |ois morales sont inhérentes à la nature humaine, de même que les principes des arts et des scierices, el les lois végétatives de l'organisation ; elle lui montrera la difficulté de juger les autres avec exactitude et avec justesse, et la faute que chacun commet en se prenant pour modèle et pour le type de Tespèce, en louant ce qu'il aime et en blâmant ce qui n'est pas conforme à sa manière de sentir et de penser. Elle lui expliqueia encore la nécessité de TinJulgence mutuelle en tout ce qui nes\ pas imin()ral.

( 7' ) IV. La Phrénologîe e^t nécessaire à la doctrine du bonheur des hommes, en indiquant la marche à suivre potr perftclionner la nature humaine. Je n'hésite pas de dire cjuVlle aura de l'influence sur le sort des individus, des familles, des nations et de l'espèce , d qu'avec le temps elle servira de base à toutes \is institutions sociales.

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