ÉTINCELLE ÉLECTRIQUE
rapprocheront. Si, au contraire, l'instrument est chargé positivement, l'électricité, repoussée dans les lames, augmentera leur divergence. Dans l'un ou l'autre cas, le corps étudié est chargé d'électricité positive ou négative.
Une précaution est nécessaire: il faut approcher de loin st lentement le bâton de verre ou le bâton de résine électrisé ; par un mouvement brusque, on fait toujours diverger les lames, et le mouvement de rapprochement peut échapper.
Deux petites colonnes métalliques communiquant avec le sol et disposées de manière à être rencontrées par les feuilles d'or, les empêchent de diverger trop et de se déchirer; par un phénomène d'influence, elles tendent aussi à augmenter la divergence.
Étincelle électrique. — L'étincelle électrique, trait lumineux accompagné de bruit, se produit toutes les fois que les deux électricités se réunissent pour former de l'électricité neutre : il suffit d'approcher dans l'obscurité le doigt d'un bâton de verre frotté pour apercevoir une petite étincelle accompagnée d'un léger pétillement. Les corps chargés d'électricité qui possèdent une forte tension, tels que les conducteurs des machines électriques, donnent des étincelles beaucoup plus longues, souvent sinueuses comme les éclairs, accompagnées d'un bruit plus intense. Le doigt approché de ces conducteurs électrisés est soumis à leur influence, l'électricité de nom contraire est attirée sur le doigt, celle de môme nom repoussée dans le sol ; à une certaine distance, les quantités d'électricité qui s'attirent deviennent assez grandes pour que l'air soit impuissant à les retenir sur les surfaces, elles se réunissent vivement, et cette réunion est manifestée par l'étincelle, source de lumière et de chaleur qui, déplaçant brusquement les couches d'air, produit un bruit. L'étincelle qui dans l'air est linéaire, s'élargit et offre un large faisceau violacé quand elle se produit dans un espace vide d'air. L'expérience se fait à l'aide du long tube qui sert à démontrer que les corps tombent tous avec la même vitesse dans le vide ; muni aux extrémités de garnitures métalliques, ce tube dont on a enlevé l'air est mis d'un côté en communication métallique avec un conducteur de la machine électrique, de l'autre avec le sol ; dès que laroue est tournée, un flux d'électricité, de couleur violacée, remplit tout le tube d'une lueur visible dans l'obscurité ; on reconnaît en même temps que la machine est constamment déchargée. Dès que l'on fait rentrer l'air, on ne peut plus tirer d'étincelles, et la machine se charge comme si le tube n'était point placé. Cette expérience démontre de nouveau que c'est la pression de l'air qui main-
lient l'électricité sur les corps électrisés, puisqu'elle n'y peut plus rester quand on annule la pression sur une portion de leur étendue.
L'électricité ne se propage pas dans le vide absolu. — Dans l'expérience précédente, on n'a fait dans le tube qu'un vide imparfait ; l'air, qui a conservé une pression égale à celle de 2 ou 3 millimètres de mercure, joue un rôle important dans le phénomène, il sert de conducteur à l'électricité. M. Gassiot a reconnu le premier que dans un tube de verre où l'on a fait un vide aussi parfait que possible, l'électricité ne passe plusqu'avec difficulté. Récemment, M. Ahergniat a employé la machine pneumatique à mercure qu'il construit pour faire le vide dans un tube de verre muni de fils de platine, maintenu à une température rouge, et il a obtenu à coup sûr, un vide
aussi parfait que possible, un vide presque absolu. Dans un tube pareil, quoique les extrémités des fils de platine soient trèsvoisines, si ou les unit A. une machine électrique, ou comme le montre la iigurc 267, aux deux pôles d'une bobine d'induction, le flux d'électricité n'a point lieu dans le tube, tandis qu'il se produit de préférence dans l'air entre deux tiges métalliques