CHAPITRE IV
PRODUCTION DE L'ÉLECTRICITÉ PAR l/ ACTION CHIMIQUE.
Volta avait pensé, nous l'avons dit, que le contact des métaux différents dans la pile était la cause du développement des deux électricités. Cette opinion fut admise d'abord ; mais une autre théorie a prévalu, qui assigne à l'action chimique exercée sur le mêlai le plus attaquable, le zinc, le rôle le plus important dans la production de l'électricité.
Expériences avec l'électroaeope condensateur. — Action d'un acide sur le zinc. — Nous plaçons sur le plateau supérieur d'un électroscope condensateur un creuset de platine contenant de l'eau acidulée par l'acide sulfurique ; puis, touchant le plateau inférieur, nous introduisons une lame de zinc dans l'acide. Nous enlevons le plateau supérieur, et nous voyons diverger les lames ; elles sont chargées d'électricité négative, par suite le plateau supérieur et le creuset de platine étaient chargés de positive.
Le zinc est recourbé et placé sur le plateau supérieur, puis on introduit ce métal dans le creuset de platine tenu à la main, et il est facile de reconnaître alors que le zinc est chargé d'électricité négative. La même expérience répétée avec une lame de cuivre et de l'acide azotique versé dans le creuset de platine montre que ce dernier métal non atlaqué se charge d'électricité positive, tandis que le métal attaqué est chargé de négative.
On prend un élément de pile à couronne présentant deux fils attachés aux pôles ; la plaque de cuivre est mise en communication avec le plateau supérieur, tandis que le zinc est uni au sol: on reconnaît que le cuivre est chargé d'électricité positive. La même expérience faite avec le zinc montre qu'il est chargé de négative.
Une seule lame de zinc tenue à la main, mise en contact avec le plateau supérieur, se montre électrisée négativement, tandis
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que la maÎQ et le corps reçoivent de l'électricité positive ; la séparation des deux électricités a lieu par l'action chimique qu'exerce sur le métal la peau humectée de sueur acide (flg. 286, page 396).
Expérience de Peltier. — Une expérience due à Pellier démontre d'une façon directe que c'est l'action du liquide sur l'un des métaux qui développe l'électricité, et que ce n'est point le contact. On soude une lame de zinc et une lame de cuivre l'une au bout de l'autre, puis on plonge les extrémités recourbées dans deux vases A et H (lig. 313) contenant de l'eau acidulée par l'acide sulfurique. Dans le vase A qui contient le zinc est plongé
un (il de platine qui communique avec le sol. Avec un excitateur formé d'un fil de platine soutenu par un manche de verre, on établit une communication entre un point du zinc et le plateau supérieur de l'électroscopc condensateur ; le plateau inférieur est touché avec le doigt: on reconnaît ainsi que le zinc est chargé d'électricité négative. Il en est de même du cuivre, ce qui n'arriverait pas si les électricités étaient séparées en S au point de contact des deux métaux. Si l'on fait plonger l'une des branches de l'excitateur dans le liquide du vase B, on trouve aussi qu'il est éleclrisé négativement. La communication avec le sol du liquide B est-elle établie par un fil de platine, ce liquide, le cuivre et le zinc, se montrent non chargés d'électricité, elle liquide A isolé est électrisé positivement. Celte expérience montre que le lieu de la production des deux électricités est la surface de séparation du zinc et du liquide. En même temps que le métal se dissout, il reçoit de l'électricité négative et le
Expériences de m. faraday. in
liquide de la positive; il se développe donc en même temps que le phénomène chimique une force éleclromotrice séparant les deux électricités.
Expérience» de h. Faraday. — H. Faraday a démontré que l'action chimique dégage l'électricité dans la pile, par des expériences très'cond liantes faites à l'aide du galvanomètre.
Plongeons dans un vase contenant de l'eau acidulée une lame de zinc et une lame de platine (lig. 3i/i), et réunissons par deux fils ces métaux aux extrémités d'un galvanomètre : l'aiguille aimantée déviée indique que le courant va du platine au zinc dans le circuit extérieur, et par suite du zinc au platine dans
te liquide de la pile. Le métal attaqué fournit de l'électricité négative, le métal non attaqué de la positive au circuit extérieur qui contient le galvanomètre.
Remplace-t-on le platine par une lame de cuivre, la même déviation de l'aiguille aimantée a lieu.
Si dans cet élément formé de zinc et de cuivre on verse une dissolution de sulfure de potassium, immédiatement l'aiguille aimantée dévie du coté opposé, et indique que le sens du courant a changé ; le cuivre envoie maintenant de l'électricité négative et le lire de la positive. Examinons les métaux, nous voyons que le cuivre est couvert d'une couche noire de sulfure de cuivre, tandis que le zinc n'a pas été attaqué. Ainsi le cuivre dans le nouvel élément devient le métal attaqué, et aussitôt le courant change desenî,
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Prenons deux \ases dans lesquels nous versons du sulfure de potassium; dans l'un d'eux plaçons deux lames de platine, l'une communiquant en a .avec l'un des fils d'un galvanomètre, l'autre avec un fil de platine p (fig. 315). Dans l'autre vase, plongeons une lame de platine unie en 6 au second fil du galvanomètre et une lame de fer attachée à un fil de Ter f. Touchons le fil de fer avec le fil de platine, l'aiguille du galvanomètre reste au zéro; nous établissons cependant le contact de métaux différents. Ainsi le contact ne dégage pas d'électricité. Le sulfure de potassium n'agit chimiquement ni sur le platine, ni sur le fer. Mais si nous pla-
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çons entre les points de contact de ces deux métaux un morceau de papier à filtre imbibé d'acide sulfurique étendu, aussitôt l'aiguille du galvanomètre dévio, et indique que le fer envoie de l'électricité négative et le platine de la positive.
Contre la théorie du contact comme cause de production de l'électricité daDS la pile, se pose encore celle objection tirée de l'étude des phénomènes naturels : c'est qu'il ne se produit point d'effet sans cause. Si le simple contact donnait de l'électricité, il serait possible de produire un travail mécanique ou un travail chimique avec un courant, sans faire aucune dépense.