CHAPITRE VI
DIVERSES APPLICATIONS Dl' COURANT I>E LA l'ILE,
uaivaDopiHtif. — La décomposition chimique des sels métalliques par le courant de la pile a donné naissance à une industrie qui est maintenant très-répandue, la galvanoplastie, ou l'art de recouvrir des objets d'une couche mince de métal, de cuivre ordinairement, ou de reproduire en métal des objets d'art dont on prend d'abord le moule.
Veut-on, par exemple, obtenir en cuivre la reproduction d'une médaille, on en prend d'abord un moule en gutta-percha
cette substance se ramollit dans l'eau chaude, et prend alors toutes les formes qu'on lui donne. On place sur la médaille une certaine quantité de gut la -percha ramollie appliquée fortement contre le mêlai, à l'aide d'une presse. Après le refroidissement, le moule en creux de l'objet est rendu bon conducteur de l'électricité : pour cela, on le couvre avec une brosse fine d'une couche mince de plombagine (graphite), qui conduit bien l'électricité. Autour du moule est enroulé un cercle de cuivre supporté par un fil. On plonge dans une dissolution de sulfate de cuivre le moule ainsi préparé (flg. 321), communiquant avec le pôle négatif d'une pile de deux éléments de Daniell ou de
Bunsen. L'électrode positif est une lame de cuivre. Dès que te courant passe, le sulfate de cuivre est décomposé, le métal se dépose sur le moule, l'oxygène et l'acide sulfurique attaquent le cuivre de l'électrode sol uble et la dissolution reste toujours aussi riche : en laissant passer le courant pendant un certain temps, le dépôt métallique augmente et donne une reproduction identique à la médaille.
Toutes les fois qu'il s'agit de tirer une gravure sur bois à un grand nombre d'exemplaires, on en fait de môme un moule de gutta-percha. Une reproduction en cuivre que l'on appelle cliché sert au tirage, de sorte que l'on n'employé pas le bois qui s'altérerait assez vite sous la presse.
On recouvre de cuivre beaucoup d'objets de fer pour les rendre moins altérables et leur donner une plus belle surface ; c'est ainsi que les statues de plusieurs monuments de Paris sont recouvertes de cuivre : alors il faut employer de grandes cuves à sulfate de cuivre.
Dorure. Argenture. — On est parvenu depuis un certain nombre d'années à recouvrir d'une couche adhérente d'or ou d'argent, du cuivre ou un autre métal plus altérable et de moins grande valeur. Par exemple, pour recouvrir d'argent un objet de cuivre, on le place dans une cuve contenant un sel particulier, le cyanure double de potassium et d'argent, qui s'obtient en dissolvant le cyanure d'argent dans un excès de cyanure de potassium. L'objet est placé comme électrode négatif d'une pile à courant constant, une lame d'argent forme l'électrode positive. L'argent se dépose sur le cuivre et le cyanogène attaque l'électrode sol uble, de sorte que le bain conserve toujours le môme état de concentration. Il suffit de peser l'électrod£ positive avant et après, pour connaître le poids d'argent qui s'est déposé sur l'objet. Après la sortie du bain, le cuivre argenté est frotté avec un corps dur ou est bruni, et l'argent mat devient poli.
La dorure se fait d'une manière analogue.
Recherche de* métaux par la pile. — Lorsqu'on soupçonne qu'un liquide contient un métal en dissolution, on peut le rechercher en se servant du courant d'une pile de plusieurs éléments de Bunsen. Plongeons, par exemple, dans l'électrolyte une lame d'or mince servant d'électrode négatif, et une lame de platine, électrode positif. S'il y a un métal dissous, il se dépose sur l'électrode négatif qui change habituellement de couleur, et il ne reste plus qu'à examiner quelle est la nature de ce métal.