CHAMBRES CLAIRES
Chambre claire de Wollaaton. — Wollaston a imaginé un prisme particulier qui rend facile le dessin des objets éloignés ou des images données par les lentilles.
Un prisme de verre ABCD, dont la figure 431 représente la
FlG. 431.
Coupe du prisme de verre qui constitue la chambre claire de Wollaston.
coupe, offre deux faces AB et AD qui se rencontrent à angle droit, et deux autres faces BC et CD qui font entre elles un angle de 135°. Supposons qu'un rayon lumineux MT, venant d'un objet éloigné, tombe perpendiculairement sur la face AD, ce rayon n'éprouvera pas de dévialiou et viendra rencontrer la face CD au point 1; ce rayon ne peut émerger, car il fait avec la normale à celte face un angle plus grand que l'angle limite. cniiiiA.NT. 33
La somme des angles du quadrilatère ABCD est égale à 360°; l'angle A vaut 90°, l'angle C vaut 135°, il reste pour les angles égaux B et D : 360°— (135 + 90) = 135° ; par suite, chacun des angles D ou B est égal à 67°,5.
L'angle que fait le rayon incident MI avec la normale au point I,ou l'angle d'incidence, est complémentaire de l'angle TID comme l'angle D, il est donc égal à celui-ci ou à 67°,5, angle plus grand que l'angle limite, Sur la face CD il y aura donc une première réflexion totale ; le rayon réfléchi rencontrant la seconde face BG éprouvera, au point K, une seconde réflexion totale et viendra ressortir perpendiculairement à la face AB. La pupille de l'œil placée au-dessus de l'angle B reçoit le rayon deux fois réfléchi; en môme temps, une partie de la pupille aperçoit la pointe d'un crayon G sur une feuille de papier placée au-dessous. L'œil qui rapporte les rayons qu'il reçoit à leur prolongement en ligne droite verra les objets se projeter sur le papier et pourra suivre leurs contours.
Une difficulté se présente dans l'application : le crayon est placé à la distance de la vision distincte, tandis que les objets sont éloignés ; or, l'œil ne peut, comme nous le dirons plus loin, apercevoir avec netteté des objets voisins et des objets éloignés. Pour éviter cet inconvénient, Wollaston plaçait une lentille divergente entre l'œil et la face AB et les rayons venant d'un point éloigné divergeaient d'un point situé derrière la lentille, à la distance de la vision distincte, c'est-à-dire au môme niveau que le crayon.
M. Laussedat a fait excaver la face AB du prisme dans la partie voisine de B, de telle manière que la dépression présente la courbure de la lentille concave nécessaire. Le centre optique de la surface lenticulaire se trouve sur le nouveau bord, et c'est au-dessus de ce point et dans l'axe principal de la lentille que l'œil est placé. La pratique du levé des plans fait reconnaître les avantages de ce perfectionnement.
Chambre claire de M. Nachet. — M. Nachet construit une chambre claire qui s'adapte à l'oculaire des microscopes (fig. 432) et qui permet de dessiner avec fidélité les images que fournit cet instrument grossissant.
Un prisme de verre ABGD (fig. 433), qui, en coupe, a la forme d'un parallélogramme dont les angles aigus valent chacun 45 degrés, est enchâssé dans une garniture métallique. Vers le milieu de la face CD on a soudé un petit prisme rectangulaire offrant deux faces, l'une horizontale, l'autre verticale; tout rayon qui tombe sur la face horizontale que l'on place au-dessus
CHAMBRES CLAIRES, de l'oculaire d'un microscope traverse toute l'épaisseur du vt
ne rencontre que des faces parallèles, émerge sans éprouver de
déviation. Les rayons partis de la pointe d'un crayon G placé sur
une feuille de papier se réfléchissent deux fois totalement comme la figure le moatre aux points I et J, et viennent se rencontrer sur la rétine avec les rayons qui suivent Taxe de l'instrument grossissant. L'œil perçoit simultanément l'image donnée par le microscope et l'image du crayon.
Pour atténuer l'intensité de la lumière envoyée par le papier qui est ordinairement plus grande que celle des images microscopiques, on place un verre coloré V au-dessous de la face AD sur le trajet des rayons qui viennent du papier.