ABSORPTION DE LA CHALEUR
lièrement, l'autre partie est absorbée et se détermine en retranchant de la quantité de chaleur reçue celle qui a été réfléchie. C'est ainsi qu'on obtient le pouvoir absorbant des métaux. L'argent poli, par exemple, réfléchit 0,97 de la chaleur qui tombe normalement sur lui; par conséquent, il en absorbe 0,03 ; d'où résulte ce fait important que le pouvoir absorbant est égal au pouvoir émissif.
Pouvoir absorbant d'un corps athermane et diffusant la chaleur» — Si le corps alhermane ne réfléchit pas régulièrement la chaleur mais la diffuse, comme le fait la céruse, la quantité de chaleur absorbée s'obtiendra en retranchant de la chaleur incidente la quantité totale de chaleur diffusée ; ainsi la céruse diffusant 0,82 ou les 82 centièmes de la chaleur incidente normale, le pouvoir absorbant de cette substance est 0,18.
Pouvoir absorbant d'un corps diathermane. — Si le corps que l'on considère est diathermane et jouit encore de la propriété de réfléchir et de diffuser la chaleur incidente, dans ce cas complexe on obtiendra encore le pouvoir absorbant en retranchant de la quantité de chaleur incidente les quantités de chaleur que le corps réfléchit régulièrement, diffuse et laisse passer.
Application*. — Lorsqu'on veut chauffer rapidement un liquide, il faut prendre un vase métallique recouvert de noir de fumée, substance qui absorbe toute la chaleur qu'elle reçoit comme aussi elle retient à peu près toute la lumière qui la frappe.
Veut-on faire fondre rapidement la neige, à la fin de l'hiver, on la recouvre de suie ou de noir de fumée qui absorbe les rayons de chaleur solaire au lieu de les réfléchir, et qui fournit à la glace la chaleur latente qu'exige sa fusion.
La chaleur rayonnante et la lumière sont probablement identique*. — La chaleur rayonnante se réfléchit, se réfracte, se diffuse, se polarise môme comme la lumière. Les expériences dans lesquelles on a mesuré les proportions de lumière et de chaleur qui se réfléchissent sur des surfaces polies quand on fait varier l'angle d'incidence ont fourni exactement les mômes nombres. Jusqu'ici il n'a pas été possible de séparer dans le spectre solaire les rayons lumineux des rayons de chaleur qui les accompagnent. Mais comment se fait-il qu'il existe des rayons de chaleur obscure non accompagnés de rayons lumineux visibles à l'œil? Cela tient, comme le remarque M. Jamin, à ce que les radiations obscures s'éteignent à travers les milieux de l'œil et ne peuvent pénétrer jusqu'à la rétine.
Il est donc permis d'admettre que la chaleur et la lumière
sont dues à la même cause, à des vibrations très rapides qui se communiquent à l'éther, fluide élastique qui remplit tout l'espace et qui transmet ces vibrations avec la vitesse si grande de 77 000 lieues par seconde.