CHAPITRE V
Pa DE L’ÉLASTICITÉ.
40: Nous venons de voir que tous les corps connüs sont criblés de pores, et qu’un principe répulsif, interposé entre leurs molécules, paraît la cause de cet éloignement forcé, de cet état con- traire à l'attraction et à l’affinité; d’après ces conséquences, déduites des expériences et du raisonnement, que nous verrons confirmées d’une ma-
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(x) Foyez sa Mécanique céleste ; Supplément.
nière plus évidente en traitant de la pesanteur, du calorique et de l’état particulier des corps, il nous semble qu’on doit concevoir ceux-ci comme: un assemblage de molécules sans cesse sollicitées! les unes vers les autres par une force d'attraction, sans cesse maintenues à distance par l’action d’un principe répulsif susceptible d’augmenter ou de diminuer, quelquefois d’être en partie vaincu par l’attraction, d’autres fois de l'emporter en partie sur elle. Quel beau sujet d'inspiration pour les poètes, pour les esprits où l’imagination domine, que ces deux principes toujours opposés l’un à Vautre, toujours en présence, quelquefois combattant à forces égales, l’un et l’autre alternativement vainqueur ou vaincu, de la lutte desquels résulte l’ordre admirable de la nature, comme de la victoire de l’un ou de l’autre résulterait nécessairement la destruction, ou du moins le changement total de tout ce qui existe ! Quelle belle occasion de personnifier ces êtres, de leur prêter des pensées, des volontés, d’étendre leur action sur le moral comme sur le physique! Nous nous garderons bien de suivre une telle route; mais le sujet qui nous occupe nous force de donner d’avance une idée de la cause qui produit l’état solide, liquide, ou aériforme des corps, malgré que nous ne parlions pas encore de ces états particuliers, mals parce que cette cause a des applications sans fin , et explique une multitude de phénomènes. 20. Supposons-nous les molécules des corps tellement rapprochées (1) que la force d’attraction
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(1) Nous avons vu, à lafin du chapitre précédent , qu'il est possible d’après les idées de M. de Laplace, que ce rapprochement soit encore une distance pro-
MES mais du moins est-il relatif, et cela nous suffit.