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CHAPITRE VE DE L'ATTRACTION ET DE LA PESANTEUR

25. Déra Galilée avait soumis au calcul les phénomènes qui accompagnent la chute des corps à la surface de notre globe ; déjà il avait reconnu que l’air, en présentant aux corps qui le traversent une résistance proportionnelle à leur volume , était la seule cause des différences qu’on remarque dans Ja vitesse avec laquelle ils tombent; déjà Képler, après vingt années de travaux infructueux occasionnés par une erreur de calcul , retrouve enfin, en revenant sur ses Pas, la route que cette erreur Jui avait fait abandonner , et découvre les lois qui règlent la marche des corps célestes, le chemin qu’ils doivent parcourir , le temps que doit durer Jeur révolution : ces lois étaient l'expression littérale de la gravitation; mais une telle traduction exigeait le génie de Newton ; c'est en effet ce grand homme qui, par l'observation de la loi de diminution de la pesanteur en raison de la distance, a été conduit à dévoiler le mécanisme des mouvemens des corps célestes, et est parvenu à expliquer et prévoir les phénomènes les plus composés, les changemens les plus grands, les perturbations les

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64 PROPRIÉTÉS CÉNÉRALES.

plus diverses qu’ils présentent. Ces objets d'étude sont entièrement du domaine de l’astronomie; mais Newton ne s’est pas arrêté là : il reconnut bientôt que la chute des corps à la surface de la terre obéissait à la même loi que la marche des planètes, et il proclama l’attraction universelle ; c’està-dire qu’en supposant toutes les molécules de la matière douées d’une force d’attraction les unes pour les autres, il rendit raison de tous les phénomènes observés. Nous avons vu, en exposant l’idée de M. de Laplace sur la porosité des corps, que les plus savans physiciens n’ont pas cherché à restreindre les applications de la découverte de Newton, mais au contraire à lui faire porter de nouveaux fruits.

26. Il est inutile d'observer que ces mots, attraction, grayitation, pesanteur, ne sont que l’expression des phénomènes, et n’ont pas la prétention de faire connaître la cause qui les produit, cause qui nous sera peut-être à jamais inconnue. L’attraction est-elle le résultat d’une propriété inhérente à la matière, et dans ce cas d’où vient cette propriété ? est-elle le résultat de l’action d’un fluide particulier ? est-elle le résultat d’un mouvement intérieur des molécules? est-elle produite même par une répulsion ? etc. etc. Nous retombons ici dans tout le vague et même tout l’absurde des suppositions et des systèmes par lesquels on a tenté de faire connaître les causes premières de tout ce qui existe; c’est assez dire que nous nous bornerons à ces considérations générales, prenant toujours pour guides lPobservation et l’expérience. Livrons-nous donc sur cette matière à l'étude qui appartient spécialement à la physique, celle des différens phénomènes que manifestent autour de nous la pesanteur et l'attraction. Ces phénomènes sont de deux sortes, et nous les exposerons dans des articles séparés.

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