‹ Manuel de physique, ou élémens abrégés de cette scienceChapitre 34 sur 120 · DES DIVERSES SORTES DE MOUVEMENS · texte numérisé non relu

DES DIVERSES SORTES DE MOUVEMENS

40), Les forces peuvent imprimer aux corps des mouvemens uniformes et variés. Celui qui est produit par l’action instantanée d’un choc sur un corps inerte serait nécessairement uniforme, c’està-dire ferait parcourir au corps des espaces égaux dans des temps égaux, s’il ne rencontrait aucune résistance. Dans la mesure de ce mouvement, on commence toujours par le dépouiller de cette résistance, et on reconnait alors, ainsi que nous l'avons indiqué,ci-dessus, que la quantité de mouvement imprimé est proportionnelle à la vitesse du corps choqué ; mais ceci n’est vrai qu’en général ; cr une foule de circonstances particulières viennent atténuer ou modifier l'application de la troisième loi de Newton. Parmi ces circonstances, celles dont l'influence est la plus difficile à mesurer sont la force de cohésion qui produit les divers états de mollesse et de dureté, et lélasticité, qui renferme la compressibilité et la flexibilité. Dans le premier cas, on voit sur-le-champ que tant que le choc ne sera pas assez considérable pour rompre le corps en fragmens , sôn effet sera d'autant plus grand que ce corps choqué sera plus dur, et d'autant moindre qu’il sera plus mou. En effet, dans un corps dur il se communiquera de molécule à molécule très promptement, et son

effet ne sera pas atténué comme dans un corps mou, qui, en cédant et changeant de forme, rend le choc presque nul. Dans l’élasticité, on voit également que le choc aura d’autant plus de puissance que le corps sera moins élastique ; car la réaction, et par suite le partage du mouvement, seront alors d’autant plus faibles. On conçoit combien ces propriétés, tantôt réunies, tantôt séparées, modifient le mouvement produit pær un choc; et si on y ajoute les variations causées par Ja forme des corps choqués et choquans, par leur état d’agrégation , par leur masse, leur vitesse, la direction suivant laquelle ils se frappent, on reconnaîtra que rien n’est plus compliqué que l’étude de cette sorte de mouvement.

Bo. De plus, nous avons supposé qu'il était toujours uniforme , tandis que nous n’en rencontrons réellement pas de semblable dans la nature. Nous avons toujours à tenir compte des résistances occasionnées par le frottement et par le déplacement des corps environnans ; nous avons toujours au moins à apprécier la résistance de l'air, qui, malgré sa faiblesse, ne peut être négligée dans les recherches exactes. Mais ce n’est pas tout : la pesanteur est une force motrice universelle, à linfluence de laquelle nous ne pouvons nous soustraire ; les mouvemens variés qui résultent de son action viennent donc toujours compliquer les autres mouvemens.

b1. Loisque le mobile est sollicité sans cesse par l’impulsion d’une force motrice qui continue d'agir sur lui après son départ, il en résulte un mouvement varié que, pour plus de simplicité, on considère comme le résultat d’une multitude de chocs répétés. Il est facile de concevoir des forces dont l’intensité ne serait pas toujours la même ; mais la nature ne nous offre guère que des forces accélératrices constantes ; ce sont aussi les

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