PESANTEUR SPÉCIFIQUE DES CORPS. IOI
morceau où en poussière, car cette circonstance ne change en rien sa pesanteur. Il suffit de peser exactement le corps dont on veut avoir la densité d’abord dans l'air; on pèse ensuite un flacon, ou tout autre vase, qu’on à rempli d’eau distillée ; après ces deux opérations préliminaires, on introduit le corps dans le flacon , il chasse une partie de l’eau; on pèse le flacon de nouveau dans cet état, et la différence donne la densité du corps en plus où en moins. Si le solide se dissolvait dans l’eau comme beaucoup de sels, on choiïsirait un autre liquide, comme l’huile, l'alcool , Où il ne se dissolve pas : cela nécessite seulement une opération de plus pour connaitre les rapports des densités des deux liquides.
7O. Pour obtenir une grande précision dans les mesures de ce genre , il faut éloigner une grande cause d'erreur, c’est la présence de l'air ou de lhumidité autour du corps ou dans ses interstices. Plusieurs corrections sont encore à faire ; on doit tenir compte de la dilatation des corps, ramener le poids de l’eau à celui de son maximum de condensation , et déduire la pesanteur de l’air.
La pesanteur spécifique peut encore se trouver en suspendant le corps à un fil attaché au plateau d’une balance , à la place du ballon de verre, dans la jig. 1, et le pesant d'abord dans Pair, puis plongé dans l’eau : on le peut encore au moyen de V’aréomètre de Nicholson, que nous décrirons en parlant des autres aréomètres.
SECTION III
1. Nous avons déjà annoncé que la chaleur avait la propriété d’étendre, de dilater tous les corps, et le froid de les resserrer, de les conden-
ser ; la chaleur et le froid que nous connaissons ne sont pas absolus, mais relatifs : on ne doit donc pas être étonné que les effets dont nous venons de parler n'aient pas de limites connues. Le corps peut changer d'état d’agrégation ; mais, dans ce nouvel état, la chaleur continue à augmenter son volume , le froid à le diminuer.
On conçoit combien il est important de connaître un effet aussi général, puisqu'il modifie la forme de tous les corps, et qu’on doit par conséquent en tenir compte, non seulement dans toutes les expériences de physique et de chimie, mais encore dans une infinité de circonstances qui intéressent les arts. Malheureusement la dilatation: des corps ne suit pas une loi générale; le même: changement de température ne dilate pas égale-; ment tous les corps, et chaque corps ne se dilate pas également à tous les degrés de chaleur, ne se: contracte pas également à tous les degrés de froid. C’est pour remédier à cet inconvénient que less physiciens modernes se sont livrés à des expériences très délicates pour dresser des tables de: dilatation de presque tous les corps connus (1), et à toutes les températures naturelle et artificielle, que nous sommes à même d'observer et de produire. Il paraît cependant, pour les corps solides , que c’est la force de cohésion qui s’oppose à l’action de la chaleur; en conséquence, plus elle est considérable , plus la dilatation devra être faible : en effet, on remarque assez généralement que les corps les plus durs sont les moins dilatables, et MM. Dulong et Petit ont prouvé que cette dilata: tion augmente avec Ja température, et surtout ert approchant du terme de la fusion.
(x) Foy. ces tables dans les Traités détaillés de phy: sique et de chimie.
ll PRET 7 We : = Se : D
2. C’est au moyen des pyromètres que l’on cherche à déterminer la mesure de ces dilatations et de ces contractions. Il en existe un grand nombre, mais qui tous ont le grave inconvénient, tout en prouvant l'effet de la chaleur, de ne pas en donner la mesure exacte, et de ne pas être comparables comme le thermomètre, selon les degrés de température. Celui qui paraît le plus susceptible d’exactitude est simplement composé d’une barre de métal dilatable, À, B, fig. 23, contre laquelle est appuyée une aiguille qui tourne sur un cercle gradué. et donne ainsi la mesure de la dilatation de la barre : mais une grande cause d’erreur est la dilatation du support de la barre, dont leffet s'ajoute au sien : 1l faut donc le rendre aussi invariable que possible, et le faire participer aux changemens de température aussi le moins possible. Pour les hautes températures, on se sert du pyromètre de Wedgwood, dont le zéro correspond à la chaleur rouge du fer, chaleur estimée équivaloir à b8o° du thermomètre.
9. Nous avons vu ci-dessus comment on contrebalancçait la dilatation des pendules au moyen des compensateurs. M. Breguet a profité de la propriété qu'ont les métaux de se dilater inégalement pour construire un thermomètre très sensible et très exact : c’est un assemblage de petites lames d’argent, d’or et de platine, contournées en spirale , et portant à leur extrémité une aiguille : le moindre changement de température fait tordre ou détordre la spirale, et tourner laiguille qui indique ce changement sur un cercle gradué. Cet instrument est représenté fig. 24.
4. Les effets de la dilatation des métaux sont d’une puissance énorme ; on ne connaît pas de force capable de leur résister : on en a tiré parti dans les arts pour renverser des obstacies, rapprocher des voûtes fendues, redresser des murailles, etc.
p 104 : PROPRIÉTÉS PARTICULIÈRES.