Le syphon est aussi une sorte de pompe
Lorsqu'on y fait le vide, le liquide en remplit l'intérieur ; mais bientôt, n'étant plus soatenu, il tombe et continue à s’écouler en empêchant l’air
de rentrer dans le tube. Le fusil à vent, les diverses espèces de soufflets , les fontaines intermittentes, de compression, de héron , présentent également des effets qui dépendent de la compression et de l’élasticité de l’air.
143. Les phénomènes aérostatiques sont aussi le résultat et la preuve de la pression et de l’élasticité de l’air et des gaz. Nous avons vu tout corps, plus léger que le milieu où il est placé, tendre vers sa surface , par conséquent s'élever. Mais de même que tous les liquides et tous les solides n’ont pas la même densité sous le même volume, de même certains gaz peuvent contrebalancer l’élasticité de Pair sans avoir une densité égale à la sienne : c’est sur ce piincipe qu’est fondée la théorie des ballons. Leur inventeur, Montgolfier, ne connaissant pas encore les rapports de densité des gaz, tira parti, dans ce but, de la propriété des corps de se dilater par la chaleur. Il construisit une sphère d’une grande dimension, ouverte à sa parte inférieure ; un filet suspendait à cette sphère une nacelle dans laquelle on allumait un fourneau; aussitôt la chaleur dilate l’air du ballon, augmente sa force de ressort, et, devenu plus léger, il entraine avec lui dans l’atmosphère le fourneau , le combustible et celui qui doit le diriger.
Ces aérostats étaient d’un usage dangereux. Ce fut M. Charles qui y substitua le gaz hydrogène, senl en usage maintenant. Les ballons sont faits avec du taffetas enduit d’un vernis composé d’huile de térébenthine et de gomme élastique. Le voyageur dirige à volonté son ascension ou sa chute, d’abord au moyen de sable qui lui sert de lest, et dont 1il se débarrasse selon les circonstances, et ensuite par le secours d’une soupape qui lui permet de laisser échapper une partie du gaz. Ce sont de tels ballons qui s'élèvent chaque jour dans les. fêtes de la capitale : c’est dans un semblable aéros-:
tat que M. Gay-Lussac est parvenu jusqu’à unehauteur de 7,000 mètres, la plus grande que l’homme ait jamais atteint. Là, ce savant intrépide respirait à peine, le sang sortait de ses veines de plusieurs côtés, et cependant il observait encore la hauteur du baromètre et du thermomètre, il recueillait l'air de ces hautes régions, mais enfin il fut à regret forcé de redescendre.
$-. IT. Pesanteur spécifique de l’air et des gaz. ÿ
144 Ta densité des fluides élastiques varie pour chacun d’eux aussi bien que celle des autres corps. Nous avons rapporté celle de ceux-ci à la pesanteur spécifique de l’eau, on pourrait aussi y rapporter celle des gaz; mais il est plus commode, à cause de leur grande légèreté, de choisir un d’entre eux pour terme de comparaison : l’air atmosphérique, qu’on peut sous ce rapport considérer comme toujours le même, a dû être choisi de préférence.
C’est donc le poids spécifique de l'air atmosphérique qu’on prend pour terme de comparaison de celui de tous les autres gaz. Pour le connaître exactement, on fait le vide le plus parfait possible dans un ballon de verre d’une capacité connue , et qu’on a préalablement bien desséché ; on pèse alors ce ballon en l’accrochant au plateau d’une balance bien exacte, et l’on a son poids; si on ÿ laisse entrer ensuite l’air, en le pesant de nouveau, la différence du poids indiquera la pesanteur de l'air qui a servi à remplir le ballon. De la sorte, on pourra connaître en grammes le poids de tel gaz ou telle vapeur qu'on voudra; on peut aussi, le poids de Vair une fois connu , ÿ rapporter celui de tous les autres fluides élastiques.
145. Mais Pour que cette opération donne des résultats conformes à la vérité, en l’exactitude
desquels on puisse avoir confiance, il est néces-
| | saire de tenir compte d’un grand nombre de causes d’erreur dont l'effet serait considérable , à cause de ‘| la légèreté des corps qui nous occupent, même | sous un grand volume. Il faut donc avoir égard | d’abord à la température et à la pression tant de | Vair extérieur que du gaz qu’on pèse, car le poids | d’un même volume varie sous l'influence de ces circonstances ; le thermomètre, le baromètre , l’éprouvette doivent donc être consultés dans ces | sortes d'expériences. L'état hygrométrique de Pair et des gaz doit être connu très exactement, car la | vapeur d’eau se mêlant aux gaz, elle a sa pesan= | teur propre, celle du mélange serait donc loin de | fournir la densité réelle du gaz qu’on soumet à l'expérience; enfin, non seulement il faut con: naître la capacité du vase qu’on emploie, mais en* | core il faut tenir compte des variations de dimen: | sion qu’il éprouve en raison de la température. 1406. C'est en opérant de la sorte et en faisant | toutes ces corrections qu’on a reconnu qu’un litre | d'air pèse, à o°, et sous la pression de 76 centi- | mètres, 1 gramme 299. De même. MM. Arago et Biot ont trouvé que , la densité de l’air étant prise | pour unité, celle de l’oxigène était de 1. 1.3 celle} de l'hydrogène de 0,073 ; celle de la vapeur d’eau, 0,623, etc. à
$. IV. Dilatation des gaz.
147. Les fluides élastiques sont soumis , comme tous les corps, à l’action du calorique; elle est} même beaucoup plus considérable sur ces Sn:
chez lesquels tout lien d’affinité est rompu: Par lal même raison, on devait s'attendre que pendant toute la durée de l’état gazeux, la dilatation et} contraction seraient exactement proportionnelle à la température, et c'est ce que l'expérience
confirmé; aucun corps ne serait donc plus propit