Nous avons vu également que la division
(1x) Voyez leurs ouvrages particuliers et l'analyse de leurs travaux dans les Annales de Physique et de Chimie ; les premiers cahiers de 1824, principalement, contiennent un exposé très important des travaux de
M. Savart.
de l’échelle musicale en octaves est très naturelle,
uisqu’elle est fondée sur des rapports doubles dans le nombre des vibrations; les autres sons consonnans, qu’on peut regarder comme fondamentaux , sont de même liés par des rapports simples avec le nombre des vibrations; de sorte qu’il existe entre eux tous une concordance dont l'oreille a su apprécier l’accord et l’agrément. Mais le musicien, dans la composition de la gamme, a intercallé d’autres tons entre ceux-là, et de plus, en a partagé tous les intervalles en deux sons au moyen des dièzes et des bémols ; c’est ce qu’il appelle des demi-tons. Sa gamme est composée de sept notes principales, dont il fait connaître la valeur, le son , la durée, au moyen des clefs, des lignes et de différens accessoires.
171. En cherchant sur le sonomètre les dièzes et les bémols on trouve qu’il ne faut pas un nombre égal de vibrations pour élever où pour abaisser une note d’un demi-ton, par conséquent que le son n’est pas précisément le même; aussi, dans les instrumens libres, comme le violon , les basses, l’exécutant se soumet involontairement , par le sentiment de la mélodie, à ces différences ; mais dans ceux à sons fixes , comme le piano, la harpe, la plupart des instrumens à vent, on a adopté ce qu’on appelle un ‘tempérament, c’est-à-dire: un terme moyen, afin de faire avec lé même son le dièze d’une note et le bémol de celle immédiatement supérieure.
172. Les cordes ne vibrent pas toujours dans toute leur longäeur , et toujours, tout en vibrant dans toute leur étendue, elles exécutent aussi des vibrations partielles, qui semblent avoir des centres particuliers d’ébranlement nommés ventres, et des points de séparation en repos nommés 2œuds ; c’est ce qu’on fait voir par une expérience très élégante. On place à des distances connues, à che-
val sur la corde, de petits morceaux de papier de deux couleurs, et dès qu’on met la corde en vi- “bration, on voit sauter à terre tous ceux d’une couleur qui étaient placés sur les ventres, tandis que ceux de l’autre couleur placés sur les nœuds restent stationnaires. Ces vibrations partielles ne peuvent s’exécuter sans produire des sons; c’est aussi ce qu’on reconnaît avec un peu d’attention; une oreille exercée en apprécie même jusqu’à six ou sept; mais ils vont continuellement en s’affaiblissant. [ls présentent cette particularité remarquable qu’ils sont toujours le produit d’une subdivision de la corde en un nombre entier de parties, et lui sont correspondans : ils sont aussi du nombre de ceux que l'oreille a le plus de plaisir à entendre , et c’est pour ce motif qu’on les appelle harmoniques. | fe ° OC]
179. La production des sons harmoniques a lieu très fréquemment; non seulement une corde isolée , saisie d’une certaine manière , aidée surtout par lapplication du doigt à l'endroit d’un nœud, se divise en plusieurs parties vibrantes, mais encore, dans presque tous les instrumens, chaque corde, tout en donnant le son principal, produit aussi naturellement les harmoniques, mais avec moins d'intensité que lorsqu'on l’y excite , si l’on peut s’exprimer ainsi : de plus, la vibration d’une corde détermine toutes ses voisines, et même les autres corps à vibrer de manière à former la série des sons harmoniques : enfin on a reconnu que l'air jouissait de la même propriété de former dans les ondes sonores des nœuds de #ibration, et par suite des harmoniques.
174. Une propriété des vibrations qui mérite encore d’être remarquée, mais qui n’est qu’une conséquence de la nature des mouvemens ondulatoires , c’est que la coïncidence de deux vibratons peut donner la sensation d’un son qui n’est
réellement pas produit; ce phénomène est connu sous le nom d’expérience de Tartini. Sou explication est facile; en effet, nous savons que toutes les fois que notre oreille reçoit l’impression de battemens répétés , elle nous transmet la sensation d’un son, et détermine la nature de ce son d’après le nombre des battemens. Si deux sons produits en même temps sont, par exemple, dans le rapport de deux à trois par le nombre de vibrations qu’ils exécutent dans le même temps, il est évident qu’il y aura des instans où ils frapperont notre organe simultanément : il sera donc affecté comme il l’eût été par un son plus grave directement produit selon le rapport de la coïncidence. Nous verrons par la suite la lumière présenter des phénomènes entièrement analogues, et la sensation de la clarté ou de l’obscurité dépendre de la coïncidence ou de la discordance des rayons. Une foule d’autres rapports avec les sons, qu’on a reconnus récemment être soumis à la réfraction, à la double réfraction et à la polarisation , nous indiquera que la lumière, comme le son, est le résultat d’un mouvement vibratoire.
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