PROSE
| En l'honneur de N. D. des Sept-Douleurs, à
laquelle le Pape Innocent Xi # attaché cent jours d'Indulgence.
Desour, près de la Croix, la Mère de dculeurs, Quand son Fils expirait pour le salut du monde, Languissante, exhalait sa tristesse profonde, Et se fondait en pleurs.
Sous le poids de ses maux gémissante, accablée, Attachant sur la Croix ses regards maternels, Un glaive pénétrant perçait de traits cruels Son ame désolée.
O que le ciel sur elle appesantit ses coups ! Combien fut rigoureux ce sanglant sacrifice, Lorsqu'elle vit au fort du plus afffeux suppèes Son Fils mourant pour nous !
Qui pourrait contempler les mortelles alarmes, Et la mer d’amertume où fut plongé son cœur ? Qui pourrait voir pleurer la Mère du Sauveur, Et retenir ses larmes ?
Conment être témoin de ce dernier adieu, Assister d’un œil sec aux douleurs du Calvaire ; Sur son Fils expirant voir gémir une Mère, Et la Mère d’un Dieu !
Pour fléchir du Très-Haut la justice irritée,
Un Dieu souffre la mort ; et les fouets des bourreaux, B
Par la rage animés, font voler en lambeaux Sa chair ensanglantée.
Une mère, témoin des maux qu’il va soufirir,
Aux tourmens de la crainte abandonne son ame ;
Et son Fils innocent sur une Croix infame Rend le dernier soupir.
Mère du chaste amour, Vierge sainte, d Marie !
Obtenez-moi le don de sentir vos douleurs.
Qu'en pleurant avec vous, de mes terrestres pleurs La source soit tarie.
Des célestes ardeurs que mon cœur enflammé,
Par votre exemple apprenne à s’immoler lui-même.
Mère de mon Sauveur, ah ! faites que je l’aime, Et que j'en sois aimé.
Imprimez dans mon ame en traits ineffaçables
L’amour de votre Fils, le zèle de sa loi,
Et des tourmens d’un Dieu mort victime pour, moi, Les traces adorables.
Qu'à cet objet chéri tout soit sacrifié !
Et puisse, au dernier jour de mon pélérinage,
La mort, en me frappant, trouver en moi l’image D'un Dieu crucifié !
Puissé-je, en méditant ce consolant mystère,
Des profanes désirs voir s’éteindre le feu !
Puissé-je unir mes maux aux maux d’un Homme-Dieu
Et d'une Vierge-Mère !
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Que de l’amour divin suivant les saintes lois,
Je méprise, enivré de ses chastes délices,
Du monde et de la cnair les douceurs corruptrices, Pour n’aimer que la Croix !
| Mère du Rédempteur, vous êtes mon refuge ;
De son juste courroux daignez me préserver.
Désarmez sa vengeance ; et faites-moi trouver Mon Sauveur dans mon Juge.
| Qu’au jour de sa fureur la Croix soit mon appui ; | Et que, par elle, en paix voyant briller sa gloire, | Je puisse sur l’enfer partager sa victoire,
Et régner avec lui !
v. Vous tous, qui passez par ce chemin ;
r. Considérez et voyez s’il est une douleur semblable à la mienne.
ORAISONe |
Nous vous supplions, Seigneur Jésus, que la Bienheureuse Vierge Marie, votre Mère, dont l’ame sainte a été percée d’un glaive de douleur au temps de votre Passion, nous assiste maintenant et à l’heure de notre mort, en implorant votre infinie miséricorde, à Sauveur du monde, qui, étant Dieu, vivez et régnez avec le Père et le St. Esprit dans les siècles des siècles. Ainsi
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