LA BARONNE, LA MARQUISE
La Mar^. Eh, la voilà donc, enfin, cette charmante Baronne ! {Elles ^embrassent.)
Lii Bar. Eh, mon Dieu, oui, me voilà. (Riant.) Mais savez-vous que j'ai cru que je n'arriverais jamais } j'ai éprouvé toutes sortes de malheurs. {Elle rit.)
La Mar^. Comment donc !
La Bar. «Tai voulu faire la première poste avec mes chevaux ; j'ai rencontré des charretiers qui m'ont b^rré le chemin. Mes gens se sont battus ; c'était quelque obose d'aSreux.' {Elle rit.)
La Mar^. Mais vous avez dû avoir grande peur ?
La Bar. Oh ! j'ai été dans un état ! Est-ce que Julie ne s'est pas trouvée mal ! {Elle rit.)
La Mar^. Vous l'avez amenée pourtant ?
La Bar. Sûrement, je l'ai amenée. Je lui ai dit en arnvant d'aller se coucher. C'est incroyable tout ce qui ra'arrive ! {Elle rit.)
La Mar^. Enfin, vous voilà.
La Bar. Et mon beau-pere, qui est à la mort. (Elle rit.)
La Mar^* Réellement ?
La Bar. Oui, il est abandonné des médecins. Vous savez combien il m'a tourmenté ; cependant je le regrette fort. {Elle rit.)
La Mar^. Je le crois. Mais votre mari lui ressemblait.
334 LE PERfiHLFLEUR.
La Bar. Ah ! malgré cela, je le pleurerai toute ma rie. {EUe rit.)
La Mar<^ Il faut mettre un terme à votre douleur.
La Bab. Voilà ce que je ne saurais gagner sur moi ; j'en rêve toutes les nuits ; il me fait des peurs affieuses ! {EUe rit.)
La Mar^. Pour chasser ces idées-là, il faut vous remarier. Est-ce que vous ne vous ennuyez pas d'être veuve ?
La Bar. Si je m'ennuie f je m'ehnuie à la mort ; cela peut-il être autrement ? {EUe rit.)
La Mar^. L'on a beau dire ; notre existence, à nous autres femmes, est celle qu'un mari nous donne ; nous tenons de lui toute notre considération. J'ai un homme à vous proposer, qui est non-seulement un homme de mérite, mais qui est fort aimable.
La Bar. Ah le Baron était très-aipable, et je ne retrouverai jamais un mari comme lui. {EUe rit.)
La m ARq. Mais vous ne connaissez pas le Comte de Moquart }
La Bar. J'en ai entendu parler, et l'on m'a fait craindre horriblement de le rencontrer. {EUe rit.)
La Marq. Pourquoi donc f Quelle enfance !
La Bar. C'est qu'il a la réputation de persifler tout le monde, et que je crains toujours qu'on ne se moque de moi ; cela me désole, {EUe rit.) parce que je ne saurais m'eq appercevoir. . . *
La Mar^. Le Comte a le désir de vous plaire : ainsi cela doit vous rassurer. Le voici : c'est son cœur qui le conduit vers vous.
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