SCÈNE V
M. ROBINEAU, fis.
étienne t l&tienne ! Etienne ! {Revenant.) Le coquin ne reviendra pas. Comment faire f Si je ne répète pas cette Scène pendant que je suis tout rempli de ce que m'a dit Monsieur Le Kain, je me refroidirai. Essayons avec un fauteuil, (i/ place un fauteuil oà était EtiennCypuis il s^ éloigne et revient,)
^ Madame, quel bonheur me rapproche de vous ? Quoi ! je pourrai jouir d'un entretien si doux ? Mais parmi ce plaisir, quel chagrin vous dévore ? ^
Cela ne peut pas aller ; il faut lire ce chagrin dans les yeux de Junie ; il faut absolument parler à quel-qu'un. Ce coquin d'Etienne ! Mais qu'est-ce qu'il y a à faire ? {E rêve.) Ah, il me vient une idée. {E sort, et revient avec une tête-à-perruque, sur laquelle est la perruque de
sonpère^ qui est fort grande^ et U place cette tête oà était le fauteuil,) Ah, fort bien, recommeDÇons. {Il s^éloigne et revient s^addressant à la tête-à-perruque.)
^ Madame, quel bonheur me raj^oche de vous ?
Quoi ! je puis donc jouir d'un entretien si doux ? "
Cela va bien.
'^ Maïs parmi ce plaisir, quel chagrin vous dévore ? Hélas ! puis-je espérer de vous revoir encore ? Faut-il que je dérobe, avec mille détours.
Un bonheur que vos yeux m'accordaient tous les jours ? Quelle nuit ! quel réveil ! " . , .
Ce n'est pas cela.
^ Quelle nuit ! quel réveil ! vos pleurs, votre présence. N'ont point de ces cruels désarmé l'insolence ? Que faisait votre amant ? quel démon envieux M'a refusé l'honneur de mourir à vos yeux ? >• Hélas, dans la frayeur dont vous étiez atteinte, M'avez-vous en secret adressé quelque plainte ? "
Ceci n'est pas assez tendre.
" M'avez-vous en secret adressé quelque plainte ? Ma Princesse avez-vous daigné me souhaiter?
Songiez- vous aux douleurs que vous iq'alliez coûter ? Vous ne me dites rien ? quel accueil ! quelle glace ! Est-ce ainsi que vos yeux consolent ma disgrâce ? Est-ce ainsi que . • .
Est-ce ainsi que vos yeux consolent ma disgrâce ? Parlez. Nous sommes seuls. Notre ennemi trompé. Tandis que je vous parle, est ailleurs occupé. Ménageons les momens de cette heureuse absence."
U faudra recommencer tout cela ; mais voyons les autres vers que j*ai eu tant de peine à dire. Comment donc est-ce qu'ils commencent f (Il rêve.) U est sin* gulier que je ne me les rappelle pas. [Il cherche.)