LA MARQUISE, LA COMTESSE
La Mar^« Sayez-vous Uodi Comtesse, que si vous n'étiee pas arrivée je m'en allais ?
La Coût. Pourquoi donc cela ? Je vous avais dit que je soupûs ici.
La Mabci. Sûrement; mais comment trouvez^vous
cette petite impertinente de Madame de Mondoux, de
nous prier à souper vous et moi, et de n'être pas encore
rentrée ?
La CosfT. Est-ce que vous prenez garde à ce que fait
cette espèce-là ?
La Mar^. Non, vous avez raison, Comtesse.
La Comt. Moi, j'y viens, parce que je vous y trouve. A propos, le Vicomte vient-il ici ce soir ?
La Mar^. Oui. Et le CbAvalier de Saii^t-Cloir i
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La. Comt. Il viendra aussi ; il doit ameoer le Baron d'Ombruck.
La Marci. Le Baron f Je l'aime tout-à-fait ; il est étonné de tout ce qu'il voit en France ; cela me divertit, on ne peut pas davantage.
La Comt. Mais voyez donc, si cette petite créature-là arrivera !
La Mar^. Son mari ne paraît pas non plus.
La CoBfT. Ah, le pauvre homme ! laissons en paix sa cendre.
La Mar^. Tant que vous voudrez ; car à peine le connais-je.
La. Comt. Moi, je le plains véritablement.
La Mar^. Vous le plaignez ?
La Comt. Oui, sa femme le rend le plus malheureux du monde ; elle est née avec très-peu de bien, et elle ne méritait pas d'avoir un homme comme celui-là.
La Mar<i. Mais, n'est-ce pas une espèce d'automate f
La Comt. Elle voudrait le faire croire, et je ne suis pas surprise que vous le pensiez, d'après ce que vous avez pu voir ; mais c'est un homme doux, et qui souffie tranquillement ce que fort peu d'hommes endureraient. Il faut que ce soit \e fruit de ses réflexions et de son étude ; car on m'a assuré qu'il avait beaucoup d'esprit ; mais qu'il aimait la paix.
La Mar^. En ce cas-là, je le plains d'avoir une pareille femme ! Est-ce que vous ne trouvez pas qu'elle le traite avec un mépris, un dédain ? . • .
La Comt. Cela est révoltant, vous dis-je.
LaMar^. J'ai soupe ici trois fois, sans savoir qui c'était.
La Comt. Tout de bon f
La Mab^. Au vrai.
La Cotf t. Vous êtes délieieuse ! e( pourquoi ne le
maodiez-vous pas f
La Mar^ Je n'y ai jamais pensé, seulement.
La'Comt. La voici pourtant.