‹ Manuel de proverbes dramatiques (volume 2)Chapitre 143 sur 165 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

LA COMTESSE, LA MARQUISE, Mm DE MONDOUX, LE VICOMTE, M. DE MONDOUX, LE GRIS.

Le Gris. Monsieur le Vicomte de Solmare.

Le Vie, à Monsieur de Mondoux. Monsieur, je vous assure que je ne passerai pas.

M. De Mond« Monsieur, il m'est impossible • • •

M™* De Mond. Allons donc Vicomte, est-ce que vous ne connaissez pas Monsieur de Mondoux ?

Le Vie. Je vous demande pardon, Madame, et c'est pour cela • • •

M*"* De Mond. En vérité, vous venez bien tard, Vicomte, (il Moniteur de Mondoux qui salue les damea,) £h-bien, Monsieur, aurez-vous bien-tôt fini de tourmenter ces dames comme cela, avec vos révérences f Vous les tenez de bout ; allons, asseyez-vous.

M. De Mond. Je veux rendre à ces dames . • .

M"^ De Mond. Oui, c'est bien là de quoi elles s'em* barrassent Monsieur le Vicomte, et le Chevalier ?

Le Vie. Je le croyais ici. Madame la Comtesse, vous êtes sortie de bonne heure aujourd'hui ; j'ai passé à votre porte à sept heures, vous veniez de partir.

La Comt. Il est vrai ; j'ai eu tout plein d'afiaires, et puis je voulais voir le second acte de l'Opéra que je n'avais pas encore vu. A propos, Vicomte, connaissez-vous l'Abbé de Coursac f

Le Vie. Fi-donc ! pouvez-vous prononcer ce nom-là seulement f

M™^ De Mond. Monsieur le Vicomte, n'avez-vous. pas soupe hier chez la Maréchale ?

Le Vie. Pourquoi cela.^

M"^ De Mond. C'est qu'elle m'avait dit qu'elle pourrait bien venir me demander aujourd'hui à souper, et je voulais savoir si elle vous en aurait parlé.

La Mar^., ironiquement. La Maréchale est à Versailles; car il y a aujourd'hui un grand souper chez l'Ambassadeur.

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Le Vie. Qu'est-ce que vous dites donc, Madame î elle y soupe*

La Mar^. Je le sab bien.

Le Vie. Eh*bieo ; c'est à Paris.

La Mab^. Madame de Moudoux sait bien ce que je veux dire.

M*** Ds MoNB. Oui| oui, elle est un peu comme cela, elle aime les fêtes.

La Comt., bas à la Marquiez. Je veux parier à Monsieur de Mondoux.

La Mab^., bat à la Cumiette et au VïeamU. Et moi «ussi. Vicomte, parlez à Monsieur de Mondoux pour désespérer sa femme*

M"*^ De Moia>. Qu'est-ce que vous dites donc. Mesdames?

La Comt. Vous le saurez. Madame.

La Maeq. Monsieur de Mondoux, vous avez sans doute vu la tragédie nouvelle ?

M°^ De Mond. Oui, Madame, il toujours*

La Comt. Eh-bien, Monsieur, qu'en pensez-vous?

M. De Mond. Madame • • •

M"* De Mond. C'est une pièce qui me fait le plus grand plaisir.

La Mab^. Monsieur de Mondoux, en avez-vous été content ?

M* De Mond. Je ne peux pas • • •

M** De Mond. Non, il ne peut pas dire autrement* n faudrait qu'il fût de bien mauvais goût.

La Comt. Moi, je ne la trouve point bonne du tout.

M"^ De Mond. Madame, je peux me tromper, je pense tout autrement.

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hk MARq,. Mais sachons le sentiment de Monsieur de Mondoux. J'ai eu l'honneur de vous y voir, à la première représentation, écouter bien attentivement.

M. De Mond. Madame, quand je vais au spectacle j'aime à le suivre.

M!^ De Mond. La belle occupation ! et quand il revient, et que je lui demande qu'est-ce qui y était, il n'en aait jamais rien.

La Comt. Oui ; mais il s'amuse de ce que l'on joue ; cela vaut bien mieux.

M^ De Mond. Laissons cela, Mesdames. Irez-vous bientôt à Champclos f

La Mar^. Non, Madame. Monsieur de Mondoux, je veux absolument savoir ce que vous pensez de la pièce*

M"^ De Mond. Il vous dira de belles choses là-dessus !

La Comt. Pourquoi non ?

La Marq.* Dites-donc, Monsieur de Mondoux ?

M™" De Mond. Allons, parlez, puisque ces dames le veulent.

M. De Mond. Madame, je trouve l'exposition embrouillée, le nœud mal fait, et le dénouement, quoiqu'as* sez bon, prévu dès le second acte, ce qui ôte tout l'intérêt ; d'ailleurs il y a des vers boursouflés, qu'on admire toujours, et c'est tout.

La Mar^. Savez-vous que voilà le meilleur jugement, que l'on en ait encore porté.

M°** De Mond. Moi, je soutiendrai qu'elle est trèsbonne, car elle m'a fait le plus grand plaisir.

La Marq,., au Vicomte, bas. Elle est désespérée.

Le Vie, bas à la Marquise» Cela est excellent !

La Comt. On avait trop vanté cette pièce-là, elle avait été lue partout et applaudie outrageusement (

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