LE BARON, LE CAPORAL, LA SENTINELLE
Caporal. Sentinelle, entre dehors, et prendre garde, s'il vient quelqu'un qu'il ne doit pas entrer, que Monsieur la Major.
3^ U. 8UI88E MAUDa
Le Babon. Caporal, je suis fort altéré.
Caporal. C'est fort bon ; voilà in bouteille que nous boirons premièrement ;• tenez,* mon Capitaine ; c'est pour votre bon santé. {Bs boivent.) C'est un pon vin. Puvons encore un coup. A la Major* {Ils boivenL) Fort bon !
Le Baron. La Docteur, je crois, il a raison.
Caporal. C'est un pon ordonnance, ils donnent pas comme cela à l'hôpital. Voulez- vous encore ? pour moi je veux bien. Au santé de tout la régiment. {Us boivent.)
Le Baron. C'est un pon médecin, la Docteur.
Caporal. Oh, in fort habile homme ! voule-vous poire aux Compagnies de Grenadiers ; c'est braves gens, par. mon foi.
Le Baron. Je suis fort en train, verse. Caporal. {Bs boivent.)
Caporal. Nous poirons après la Drapeaux.
Le Baron. La Drapeaux f oui, il faut commencer par la Drapeaux, et puis nous retournerons après : c'est un grand bêtise que nous avons fait. Puvons, puvons. {Ib boivent.)
Caporal. Je disais pas d'abord ; mais je pensais.
Le Baron. Je suis plus gaillard, le parole il me revient.
Caporal. La Tambour, la Fifre, le Musique, il faut poire aussi, mon Capitaine. {H verse.)
Le Baron. Le Musique, oui ; c'est un bon camarade pour poire aussi le Musique. Donne 'donc encore.
Caporal. Votre verre il est tout plein.
Le Baron. Ah, tu as raison. Caporal ; c'est que je ne voyais pas. {Ib boiventj)
Caporal. Mon Capitaine, voul^z^^voiis chanter un petit chanson ; cela il vous altérera encore plus foit*
Le Bâbon. Je veux bien. Caporal. Chante un peu, je chante avec.
Capobal, charité.
Mr du ^Toél Suisse.
** C'est un pon grivoise Que Mameselle Fanchon.''
Le Baron chante.
" C'est un pon grivcHse ..."
Oui, tu avais raison ; cela il altère beaucoup de chanter ; verse un peu à poire. (Ils boivent.)
Caporal. C'est fort pon. Allons chantons.
Ensemble.
" C'est un pon grivoise Que Mameselle Fanchon."
Le Baron. Gott, Gott, puvons. (Ils boivent.) Caporal. Mon Capitaine, écoute avec moi.
" On lui dit, * Mamselle, Je vous aime bien.' " Le Baron.
^ On lui dit, Mamselle, Je vous aime bien.* "
Caporal.
^ Et jamais la belle Ne dit, * Je n'en crois rien.' "
Le Baron. Ah, fort pon, celui-là ! puvons à son sanié.
{Ils boivent.)
EnsemMe.
*^ Et jamais la belle Ne dit, ' Je n'en crois rien.' "
{Bs boivent et commencent à être ivres.)
344 UE 8UISSE IHÀLADE.
SCiîNE VIIL
LE BARON, LECAPORAL ; M. ROSELIN, LA SENTINELLE,
tous deux en dehors.
Sentinelle. Ou alle-vous, Monsieur f ou n^entre pas.
RosELiN. Je vais chez Monsieur le Baron.
Sentinelle. Monsieur la Baron, là dedans ?
RosELiN. Oui, Monsieur le Baron qui est malade.
Sentinelle. Malade.^
RosELiN. Oui, je suis son médecin.
Sentinelle. Malade f on m'a point dit. Âlle-vous trouver la Major, il vous fera entrer. "
RosELiN. Quoi, je ne puis pas entrer sans le Major ?
Sentinelle. Non, je vous dis, allons marche*
RosELiN. Quels diables de gens !
Sentinelle. Allons, allons, vous dire point autre chose.
RosELiN. Hé*bien, je m'en vais trouver le Major.
Caporal. Sentinelle, qu'est-ce que c'est donc là ?
Sentinelle. In Monsieur, qui est allé marcher sur la Major.
Caporal. Ah, pon,pon.
1£ SUiaSB MiMDS. 346
SCÉNÊ IX.