‹ Manuel de proverbes dramatiques (volume 2)Chapitre 22 sur 165 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

M» DENERET, LE CHEVALIER.

Le Chef. Eh bien, Madame, qu'est-ce qu'il y a 4e nouveau ici ?

M™* D. Mon oncle est toujours de même.

Le Chev. Le délire continue ?

M^^ D. Oui. Je ne veux pas vous parler devant les domestiques.

Le Chev. Pourquoi ?

M™ D. C'est qu'ils ne sont pas bien intentionnés pour vous. Us disent que mon oncle n'était pas makde, et que c'est le médecin que vous lui avez donné, qui lui a causé ce délire.

Le Chev. Mais Monsieur Sobrin est fort sage, et j'ai fût pour le mieux.

M"* D. Je Ie«crois ; mais la diète qu'il ordoDne dans toutes* les maladies a révolté nos gens, et ils ont tant dit à mon oncle que s'il ne voulait pas manger, il mourrait, qu'aujourd'hui il se croit mort, oui, absolument mort.

Le . Chev. Quoi ! la tête de M. Despreuils est afiai- • blie à ce point-là f

M™* D. Ooî, vraiment ; et si elle ne revient pas, et c^o^ir meure en effet, je ne pourrai jamais vous épouser. Le Chev. Pourquoi donc ? N'êtes-vous pas veuve, ^ par cçnséquent maîtresse de vos volontés ?

M°^ D, Il est vrai; mais vous ne savez pas tout. J'attends de mojt oncle la seule fortune que je puisse avoir.

Le Chev. Je le sais.

jyjn» j)^ YQug n'êtes pas riche, et il m'était bien doux de pouvoir vous faire partager des biens que je ne saurais désirer sans vous.

Le Chev. Votre cœur me suffit.

M°*® D. Je le crois; mais en vous épousant sans la succession -de mon oncle, je vous ruinerais, en vous empêchant de faire un bon mariage ; et il a fait un testament par lequel il me déshérite, si je vous épouse.

Le Chev. O ciel ! que m'apprenez-vous f

M"*- D. S'il mourrait . . .

Le Chev. Ne pourrait-on pas faire casser le testa-' ment, comme ayant été fait dans le délire f

M"® D. Ce serait un procès dont le succès serait très douteux; et comme les domestiques sont bien traités dans ce testament, le délire serait très difficile à prouver.

Le Chev. Comment donc faire ?

M™ D. Il faut attendre M. Sobrin, que j'ai envoyé chercher par Le Brun, qui s'est trouvé ici fort à propos* *

Le Chev. Mais la gouvernante ...

M"~ D. Madame Babas ?

Le Chef. Oui ; elle empêchera qu'on ne suive ses (»*donnances. t

M™ D, 11 est vrai qu'elle est un peu contre lui, depuis le délire de mon oncle ; mais je vais lui faire entendre raison.

Le Chev. La chose sera difficile ; car elle est bien entêtée : la voici.

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