SCÈNE I
M. DE L*ORM£, Mi^ DE L'ORME.
De l'Or. Ah ça, ma fille, je n'ai point youIu vous parler de mariage jusqu'à présent; mais vous verrez arriver aujourd'hui le fils de Monsieur Dumont, qui est un garçon sage, aimable,' que je vous destine ; il vient ici par le carrosse de Tours ; préparez vous à le bien recer voir.
M^ De l'Or. Maïs mon père, je ne veux point me séparer de vous, et je n'ai point envie de me marier.
De l'Or. Vous serez ravie de vous marier ? je le crois bien.' Je voudrais voir le contraire, quand c'est moi qui a arrangé cette aâkire depuis plus de dix ans.
M^ De l'Or. Je ne dis pas cela, mon père ; je dis que rien ne presse, et que je veux rester avec vous. ^ De l'Or. Vous marier parait doux ; parce que c'est ma volonté apparemment.^
M^ De l'Or. Mais, mon père • • •
De l'Or. Hem ?
M"* De l'Ok. Je ne dis pas cela.
De l'Or. Vous aitnez cela ; mais voilà ce qu'une fille ne doit pas dire ; mais aujourd'hui, je vous le passe. Il Be faut pourtant pas que Monsieur Dumont le sache ; mais il faut le bien recevoir.
M"* De l'Or. Vous ne m'entendez pas.
De l'Or. Que je ne m'y attende pas ?
M'^ De l'Or. Je vous dis, mon père, que je ne veux pas me marier si-tôt.
De l'Or. U faut vous marier au plutôt f hé-bien, puisque vous êtes si pressée, je ne veux pas perdre de tems, je suis de votre avis ; je m'en vais chez mon notaire faire dresser les articles, je oe veux pas que cela traîne; peste ! avec cet empressement-là, on ne sait pas ce qu'il peut arriver.
M^ Db l'Ob. Mais, mon père, écoutez doQc mes raisons.
De l'Oe. Oh, je le crois bien, que vous trouvez que j'ai raison. A la bonne heure ; c'est toujours bien fait de s'expliquer, on ne se querelle jamais que faute de s'entendre. Jen'ai plus que faire de vous recommander de bien recevoir Monsieur Dumont. Adieu, adieu, je reviendrai bien-tôt.