SCÈNE VII
M. DE L'ORME, M^'i-' DE; L'ORME, M. DE MIRVILLE, HENRIETTE, M. DUMONT, UN LAQAUIS.
Le La^. Monsieur Dumont, Monsieur.
De l'Or. Hé-bien le voilà. Pourquoi crier si fort f il semble qu'il parle à un sourd. {A M. Dumont j) Ah, Monsieur, qu'est-ce que ^ous voulez ?
M^ De l'Or. Ah, Chevalier !
Henr. à M, Dumont. Vous voyez que Monsieur de l'Orme n'aime pas qu'on crie en lui parlant.
De l'Or. Hé-bien, parlez donc.
Dumont. Monsieur, Je n'ai pas l'honneur d'être connu de vous ; mais vous saurez qui je suis, quand vous aurez lu la lettre de mon père.
. 108 LE SOUBD.'*
De l'Or. Une lettre d'afiàire ; nous verrons cela de-
main. {B met la lettre dans sa poche.)
DuMONT. Mais, Monsieur • . *
De l'Or. Vous voulez peut-être une réponse. Aflons, allons. Mon gendre, vous voulez bien f
DuM ONT. Son gendre !
De l'Or. {U lit.) Hum, hum, hum, • • • ah, le pauvre bon-homme! hum, hum . . • Fort bien, fort bien. C'est une lettre de votre père : mais pourquoi ne me l'avez-vous pas remise f ah, c'est que vous l'aviez * oubliée, et vous l'avez envoyé chercher. {A M. Dumont,) Allons, c'est bon, laissez-nous.
DuMONT. Comment, Monsieur, auriez vous pris mon nom pour ? • • •
MiRv. Non, Monsieur, et vous pouvez voir le contrat qui vient d'être signé ; j'aimais Mademoiselle, et son père vient de me l'accorder.
^ DuMONT. J'entends, Monsieur ; je serais fâché de troubler votre bonheur ; mais Monsieur de l'Orme a tort de venir me faire essuyer un affront ; oui, Monsieur de VOrme.
MiRv. Qu'est ce qu'il a donc ?
DuMONT, criant. Monsieur, je me nomme Dumontf
De l'Or. Vous ?
DuMONT, criant. Oui, Monsieur, et il n'est pas honnête à vous de me faire venir ici pour me manquer de parole.
De l'Or. Comment ?
DuMONT, criant. Vous venez d'accorder Mademoiselle votre fille à Monsieur.
De l'Or. Sans doute ; est-ce que vous êtes son frère ?
DuMONT, criant. Non, Monsieur, mais il ne se nomme pas Dumont.
De l'Or. Je le sais bien.
DuMONT, criant. Et c'est moi qui venait pour l'épouser.
De l'Or. Et pour me quereller. Allons, allons; laissez-nous. Va; j'écrirai à ton père. Ah, parbleu, j'aurais eu là un joli gendre, moi qui aime la paix.
M"® De l'Or. Monsieur, je ne savais pas que mon père vous choisirait quand j'ai ainné Monsieur le Chevalier, et lui-même n'a rien fait dont vous puissiez vous plaindre.
DuMONT. Je le crois. Mademoiselle ; j'ai l'honneur de le connaître ; et en vous voyant, je sens tout ce que je perds ; mais rien ne me fera troubler une si belle union ;, je suis seulement fâché que vous ayez pu le craindre un instant, et je me retire.