M. DU PONT, LOUIS
Du Pont. Eh bien, Louis, Mademoiselle Cécile a-rt* elle paru aujourd'hui ?
Louis. Non, Monsieur, pas encore ; vous savez bien qu'elle ne descend jamais que l'après-midi.
Du Pont. D est vrai ; mais c'est que je suis fort inquiet. '
Louis. Pourquoi donc ?
Du Pont, Parce qu'hier au soir il m'a paru qu'elle avait du chagrin.
Louis. Je ne sais pas pourquoi ; car elle devrait être bien aise, au contraire.
Du Pont. Bien aise f
Louis. Oui, car je crois que nous irons bientôt à la noce.
Du Pont. A la noce ! et de qui ?
Louis. Eh pardi, d'elle-même.
Du Pont. Qn la marie ?
Louis. Oui, vraiment : j'ai entendu parler de cela tout bas ; mais il n'en faut rien dire.
Du Pont. Voilà pourquoi elle était si triste hier. Nous sommes bien malheureux !
Louis. Est-ce que vous l'aimez?
Du Pont. Ah ! sûrement, je l'aime !
Louis. Eh pourquoi ne l'avez-vous pas demandée en mariage f Je suis bien sûr que Madame de la Tasse, sa mère, vous l'aurait donnée.
Du Pont. Tu le croîs, Louis ?
Louis. Pour cela, oui : elle l'aurait bien donnée a Monsieur Du Croc, s'il ne s'y était pas pris trop tard.
Du Pont. Quoi ! ce fripon qui vient souvent ici avec Du Cornet f
Louis. Oui. Je ne sais pas si c'est un fripon ; Madame de la Tasse ne le croit pas, toujours.
Du Pont, ^out le monde le connaît pour cela, ainsi que Du Cornet.
Louis. En ce cas-là, je suis bien aise qu'il n'épouse pas Mademoiselle Cécile. Tenez, la voilà, vous pourrez lui parler.
Du Pont. Oui ; mais si sa mère • . .
Louis. Elle ne vient peut-être pas encore. Je vais me tenir auprès de la porte, et je chanterai quand elle paraîtra.