‹ Manuel de proverbes dramatiquesChapitre 128 sur 139 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LA COMTESSE, LA MARQUISE, Mme DE MONDOUX.

Mme De Mond. Mon dieu, Mesdames, je vous demande bien pardon de rentrer si tard ; il m'a été absolument impossible de faire autrement ; et puis l'heure m'a surprise. Je ne croyais pas qu'il fût neuf heures.

La Marq,. Madame votre mère, est-elle encore malade ? avez vous été obligée de rester chez elle ?

Mme De Mond. Non, Madame, elle va très-bien, et vous avez bien de la bonté.

La Comt. Vous vous êtes donc trouvée dans un des embarras des spectacles ? cependant à l'heure qu'il est, il ne doit plus y en avoir.

Mme De Mond. Non, ce n'est pas cela ; je sors de chez la Vicomtesse de la Garance, qui garde sa chambre ; l'Abbé de Coursac est arrivé, qui nous a fait des histoires charmantes, jusqu'à présent ; c'est inconcevable l'esprit qu'il a !

La Marc, (à la Comtesse.) Comment trouvezvous cela ?

Mme De Mond. J'aurais bien voulu pouvoir vous l'amener à souper.

La Comt. C'est un homme de mauvaise compagnie.

Mme De Mond. Point du tout, je vous assure.

La Marq,. Pour moi, je ne l'ai jamais rencontré nulle part, et si quelqu'un s'avisait de me l'amener, je ne le recevrais pas.

Mme De Mond. Mais je suis surprise que Madame de Roncelle et Madame de Bernille ne soient pas ici.

La Comt. Elles auront su que vous étiez chez la Vicomtesse de la Garance, et elles ne se pressent pas.

La Marq. Peut-être qu'elles attendent l'Abbé de Coursac quelque part.

Mme De Mond. Bon ! je suis bien étourdie ! elles m'ont mandé ce matin qu'elles allaient à Versailles.

La Comt. Oui^ voilà comme on dit, pour se dégager, quand on trouve mieux ailleurs.

Mme De Mond. Le vicomte de Solmare et le Chevalier de Saint-Clair viendront sûrement. Nous avons aussi le Baron d'Ornbruck. Le connaissez-vous, Mesdames ?

La Marq,. Un peu.

Mme De Mond. C'est un Allemand, je crois. Ah, voilà le Vicomte.

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