M"» DE L'ORME, HENRIETTE
Henr. Eh-bien, Mademoiselle ; avez-vous parlé à Monsieur votre père ? Est-il vrai que son Monsieur Dumont arrive aujourd'hui ?
Mlle De l'Or. Il n'est que trop vrai.
Henr. De quoi êtes-vous convenue avec lui ?
MHe De l'Or. De rien ; je n'ai jamais pu m'en faire entendre.
Henr. Cela est quelquefois commode d'avoir un père ou un mari sourd ; mais non pas dans ce moment-ci, où il n'y a pas de temps à perdre. Cependant il faut que vous sachiez une chose ; c'est que votre amant du couvent est ici.
Mlle De l'Or. Le Chevalier de Mirville ! et comment cela ?
Henr. Il a appris à Tours, que Monsieur Dumont mariait son fils à Paris, à la fille de Monsieur de l'Orme ; il est parti sur le champ ; il veut vous parler, il croit que vous le trahissez et que vous consentez a ce mariage ; je l'ai vu, il va venir ici dans le moment.
MUe De l'Or. Ah, qu'il s'en garde bien ! mon père va rentrer. Henriette, va plutôt le trouver, dislui bien . . .
Henr. Ma foi, Mademoiselle, dites-lui vous-même ; car le voilà.