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IV. MOCILAGES

Quand on veut reproduire des pièces rares, soit pour (les communications, soit pour des collections, on peut les mouler.

Les moulages se font au plâtre, à la gélatine, à la gulta-percha.

1° Moula(fe au plâtre,

a) Obtention du moule. — Le moulage au plâtre ne devra être employé que pour les objets très résistants, car il ne faut pas oublier que le plâtre augmente de volume en séchant, et qu'il pourrait fracturer les objets délicats.

Supposons qu'il s'agisse de mouler un coup-de-poing chelléen. Avec des planchettes légères, on façonne une caissette dont les dimensions de longueur, largeur et profondeur sont le double des dimensions correspondantes du coup de poing. Les côtés devront être facilement démontables : ce qui s'obtient en ne les assemblant qu'avec des pointes légères. Sur les faces internes de la caissette, on trace au crayon une ligne horizontale, indiquant la moitié de la hauteur des quatre côtés ; c'est à cette ligne que devra s'arrêter la première moitié du moule. Avec un pinceau, on enduit

MANIEL DH JlllCHlvRCÏlIiS rilEHISTORlyrES

d'huile d^olive tout l'iulèrîeur de la caissette, que IVjti place j>ur une table liorizonlale. Une couche d'huile d'olive est é^^ulemciit appliquée sur le coup-dc^poin^, et celui-ci place iiur la table a côté de la caissette. Ces deux opérations étant faites, on prépare son plûti^.

On se sert de plâtre lin dit h mouler, que Ton doit conserver dans un endroit bien sec.

Dans une cuvette en porcelaine ou dans une bassine en fer-blanc, on met une certaine quantité de plâtre, auquel on ajoute un égal volume deau, en remuant rapidement avec une spatule pour bien délayer le plâtre. Le volume du plâtre ainsi préparé doit être suffisant pour remplir la caissette jusqu'au niveau de la ligue tracée h mi-hauteur.

Dès que le plâtre et l'eau sont bien mélangés, ou verse le tout dans la caissette, de façon à affleurer la ligne tracée au crayon, et, en tapotant légèrement avec la main contre la caissette, on obtient un niveau bien horizontal du plâtre gâché.

Alors, on prend le coup-de-poin|;^ et on le pose, tout imbibé d'huile, bien à plat sur le plâtre. En appuyant doucement, on le fait pénétrer dans le plâtre jusqu'à la ligne de sou f^^rand axe; et on n'y touche plus.

C'est le moment de faire des repères, à droite et â gauche de Tobjet, au milieu des surfaces libres. Deux repères de chaque coté sont suffisants. Ces repères consistent en de petites cavités que Ton obtient en enfonçant dans le plâtre, d'un centimètre environ, soit le bout du doigt, soit une douille d^cxtrémit-.'^ de canne ou de parapluie.

La première partie du moule est faite.

On laisse prendre le plâtre pendant un quart d'heure.

Pour faire la deuxième partie du moule, on passe le

C*»>"SKHVAT10\ DES (llUETS PRKHISTriHlgUES

piaceau imbibé d'huile sur loule la surface du plâtre, et sur la partie émergeante du coup-de-poing".

On gftche du plaire comme il est dit pîus haut et cii quantité suirisante pour remplir îa caissette.

On verse ce pîàtre sur le coup-de-poing, eu ayant soin que le plâtre pénètre bien dans toutes les anfractuosiiés et qu'il ne reste pas de bulles d'air^ lesquelles formeraient aiilanl de trous. Puis, quand le coup-de-poing sera bien recouvert de plâtre, on remplira la caissette jusqu'au bord. On laissera prendre le plâtre pendant une demi-heure environ ; puis on enlève les ciîtés de la caissette et on a alors un bloc de plâtre divisé en deux et au centre duquel se trouve le coup-depoing.

Pour séparer les deux parties du moule et en retirer le coup-de-poing, i! suivra d'aviver et de racler avec un couteau le pourtour du moule ^ de façon à apercevoir bien nettement Tin tersec lion des deux moitiés du moule; puis, en écartant doucement les deuv partiesdu moule, on en retirera le coup-de-poing.

Laisser sécber le moule pendant 8 à 10 jours à l'air.

h) Tirage et préparation des exemplaires. — Pour obtenir des épreuves, il faudra pratiquer^ dans la partie supérieure du moule, un trou de un centimètre de diamètre, par lequel on pourra verser le plâtre.

A deux ou trois centimètres du trou de coulée» on en fera un autre» beaucoup plus petit, pour permettre r échappement d'air.

Quand on veut obtenir une épreuv^e, on imbibe d^huile toute la face interne du moulc-^ du trou de coulée et du trou d*air ; puis, on remet les deux parties du moule en contact» et on les maintient en place au moyen d'une ficelle serrée autour.

Le moule étant ainsi préparé, on gâche du plâtre beaucoup plus clair que pour la confection du moule, et on le verse par le trou de coulée, jusqu'à ce que le moule soit plein et que le plâtre déborde.

Pour rendre le plâtre plus malléable et plus facile à retoucher, on y ajoute un peu d'eau savonneuse, en le délayant.

On laisse prendre le plâtre pendant une demi-heure ; on enlève la ficelle, et, en séparant les deux moitiés du moule, on obtient un exemplaire du modèle.

Il ne reste plus qu'à couper les deux tiges du trou de coulée et du trou d'air, ainsi que la légère bavure produite à l'intersection des deux moitiés du moule.

Au bout de 8 à 10 jours, l'exemplaire est suffisamment sec pour qu'on puisse le peindre à l'huile, aux mêmes tons que Toriginal, si on le désire.

Avant de peindre un moulage en plâtre, il faut le mettre, pendant un quart d'heure, dans de l'huile de lin bouillante. L'huile de lin pénètre bien le plâtre et permet à la peinture de s'étendre plus facilement sur l'objet à peindre,

On devra commencer par donner une première couche générale de la couleur de l'objet à reproduire; puis on fera les détails des teintes sur cette première couche.

2^ Moulage à la gélatine. — Le moulage à la gélatine est celui qui donne les meilleurs résultats sans courir aucun risque de rupture des objets moulés.

Toutes les qualités de gélatine ne sont pas propres aux moulages.

La gélatine en minces feuillets transparents comme des lames de mica est la meilleure.

CONSERVATION DKS OBJETS FRilinSTOIlïQUES

a) Préparation de la gélafine devant servir aux moulages, — On lait chaiitFer au bain-marie 1.000 parties d^eau ordiaaire, dans laqucllû on fait dissoudre 500 parties degéUitine enfeuilletâ^ coupés par petits morceaux^ pour faciliter la dissolution.

Quand la ^'^élatine est bien dissoute^ on ajoute 50 parlies de glycérine officinale^ eu ayant soin de bien agiter !a masse pour faciliter le mélange.

C'est cette solution chaude que Ton versera sur l'objet à mouler, après l'avoir préparé comme suit.

h) Géhtinage. — La caissette en bois ne doit pas être employée. Ou doit se servir de récipients en vcrre^ en métal ou en porcelaine.

Les dimensions du récipient seront telles que Lobjct moulé soit entouré d'au moins 2 centimètres de gélatine sur toutes ses faces.

Cette épaisseur de *2 centimètres est indiquée pour les petits objets; il faudra Taugmenter proportionnellement au volume des objets pïus gros.

Certains objets pourront être suspendus par un iil a une baguette placée à la parlie supérieure du récipient.

pour d'autres, que leur conformation ne permettrait pas di' suspendre, on procédera de la façon suivante.

On prendra une petite plane bette ayant les dimensions du fond du récipient. A travers cette planchette, on fera passer des pointes de menuisier très ïînes, que Ton posera en place et coupera en longueur» de façon à soutenir l'objet à mouler bien horizontalement et au milieu du récipient. Quatre nu cinq pointes bien placées sont suffisantes pour former le berceau sur lequel reposera l'objet à nmuler.

Toute la surface de l'objet, la planchette du fond et

MA:^LTK[. de ItKCIIËHCItUS l-RËItlSTOHlQL'B!;

les parois du récipient seront imbibées d^huiïe d'nlive, ou mieux eucore de liel de bipuf, pour éviter les adhérences.

Quand tout est prépïiré comme cî-dessus, on verse tout doucement la gélatine chaude dans le pécipiont et on laisse refroidir.

Le refroidissement est assez, lonjj;^ et ne sera parfait qu'au bout de 24 heures, sans avoir besoin d'employer de réfrigérant.

Si Ton veut activer la prise de la gélatine, on mettra le récipient, dans une cuvette où l'on fera passer un courant d'eau froide. Dans ce cas, il sullii^a de 5 ou 6 heures pour que la gélatine soit bien prise.

Lorsque la gélatine est prise, on peut la détacher du récipient, en passant une lame mince entre la masse gélatineuse et les parois» ei on l'extra il par simple renversement.

On enlève la planchette et ses pointes, et on a aloi'S une masse gélatineuse au centre de laquelle on aperçoit TobjeL

Avec un canif, on fait sur les côtés de cette masse, des rainures longitudinales en forme de gouttières. Ces rainures permettront de replacer les morceaux du moule dans leur position première^ après qu'on aura procédé à Textraction de Tohjet qui y est contenu.

Pour enlever l'objet, on verra par transparence, à quels points exactement il faudra sectionner le moule, avec un contean a lame mince légèrement huilée,

c) Tirage des exemplaires. — Les morceaux de moule étant séparés et Tobjet enlevé, on pratiquera avec le couteau un canal de coulée et un trou d'échappement d'air, comme on Ta dit pour le moulage au plâtre.

Avec un pinceau doux, on humectera d'huile d'olive

€r».SERVATin\ DES («lUETS l'RKinSTORIQrES

Fi nté rieur du moule ; puis on raccordera les morceaux et OQ pourra tirer une épreuve avec du plaire gâché très clair, comme il a été dit plus haut.

3*^ Moulage à in (juiUi-percIm. — La g^ut ta -percha nVst pas il recnmniander pour la plupart des moula^^es» à cause des pressions très fortes qu'il faut exercer sur

[e, pour la faire pénétrer dans les anfractuosités de ijet.

Dans le cas de moulage d'os, de plaquettes d*ivoire ou d'autres objets fra^nles^ elle doit être proscrite, sous peine de voir Tobjet détérioré. Seuls d"hal>iles mouleurs peuvent se permettre son emploi. [1 n*en est pas de même pour le moulap^e des médailles, pièces de monnaie, etc., surtout si ou veut en obtenir des reproductions par la galvanoplastie. Alors la goutta est conseillée.

L'objet à mouler doit être recouvert d'une légère couche d'huile d'oiive, pour éviter Tadhérence de ïa gutta. On prend alors un fragment de gutta proporlionel à la grandeur du modèle à mouler. On met cette gutta dans Teau bouillante et on la pétrit entre les doigts jusqu'à ce qu'elle ait la consistance du mastic de vilrier»

On donne à cette gutta la forme d*une boule et no commence le moulage en posant la boule de gutta sur le milieu de Tobjet; puis, en appuyant avec les doigts progressivement du centre à la périphérie, on arrive à étendre la gutta sur toute la surface du modèle. Celte manière d'opérer, du centre à la périphérie» a pour but d*éviter les bulles d'air et permet d'avoir une empreinte parfaite du sujet.

tjuand la gutta est étendue, on la laisse refroidir, en maintenant une pression sur elle.

MANl EL DE RECHEUCIIES PHElllST<»HïgLES

11 faut détacher le moule avant que la g"iitta ne soil complèlemeiiL refroidie; sans quoi elle adhérerait à Tobjet.

Les moulag^es a ia jj^uttasont spécialement recommandés pour lu reproductioti «çaivanoplastique des objets.

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