PHOTOGRAPHIE
Un croquis, une aquarelle sont sans doute des documents intéressants; mais, aussi exacts soient-ils, on peut toujours les discuter. La seule preuve irréfutable est le document photographique.
Nous allons donc étudier brièvement de quelle façon on doit procéder sur le terrain pour exécuter les photographies des monuments mégalithiques, et en général de tous les gisements qui peuvent intéresser le préhistorien.
Appareils, — Chacun se sert de l'appareil qu'il possède ; mais un appareil 13 X 18, à pied, est celui qui donne les meilleurs résultats.
Le Carnet. — L'opérateur doit inscrire sur son carnet, pour chaque cliché :
P Le numéro du châssis; 2® le nom du sujet photographié ; 3° rheure de l'opération ; 4^ le temps de pose ou instantané ; 5** la distance du sujet à Tobjectif ; 6** Torientation précise ; 1^ la date de Tépreuve.
L — Photographie des lieux.
Il faut, autant que possible, utiliser les photographies cardinales et équidis tantes. C'est à M. Marcel Baudouin que Ton doit cette méthode, très rigoureuse et très positive. La photographie des lieux doit toujours êîro faite avant et après les travaux exécutés. i: . '
MAM i:r. m: ïtmMit-iicnES preiiisîtoriques
1^ Monuments. — Avant de photographier un monumeiil qaclconqQe ( mégalithique nu autre)^ il faut d'abord» en ne servant de la boussole^ déterminer les lignes N.*S. et E.-0,^ passant par le centre du monument. On indique chacune de ces lig-nes sur le terrain soit avec un piquet, soit avec une pierre, ou tout autre ohjet.
Figr. 18. — P holographies cardinales à peu prés équidîBtanles d'un menhir 2 vues Sud à gaucho; OuosL au centre; Kst à dmlle. [Le Plessi* (Le Bernard^ Vendée}]. — Exemple à ii*ois vues.
La distance de l'opérateur au centre du monument varie naturellemeut selon Tappareil et selon les dimensions du monument ; mais il faut prendre pour rè^le que Tobjet à photog-raphier doit couvrir les deux tiers de la plaque.
Quand, étant placé sur la ligne Sud, par exemple, ou a trouvé la bonne mise au point, on mesure à combieu de mètres on se trouve du monument ; puis on piace ventiealement, le long du monument, un mètre à res- ^or» ou un bâton de un mètre de long, de façon à avoir
PllOTOGRAPltlE
I donnée méLrif|ue connue, qni permeUra de se rendre compte sur la phoLogrnphie des dimensions exactes de la partie pholograpliiée.
L'habitnde de placer une personne à côté du monument à photû|,aM|ihier ne donne pas un résultat aussi sûr que le procédé que nous indiquons.
La combinaison des deux systèmes pourra satisfaire tout le moude*
Le mètre devra être placé de façon à être vu dans toute sa lon^'-ueur^ et ne pas avoir la partie inférieure cachée par les cultures ou les arbrisseaux environnants.
I Quand on aura obtenu le cliché sur la Ugnc Sud, on se mettra, autant que possible, à la même distance pour phoLog^raphier sur les lifjfucs Nord, Est et (3uest. En faisant chacune de ces épreuves, ne pas oublier de placer le mètre ou ie bâton, comme il est dit ci-dessus;
INous employons avec intention les mots de ligne Nord, ligne Sad^ etc., et non les mots face Nord, fice Sud, etc., car il est fréquent que les plans des faces principales se trouvent nbbques sur les li^aies cardinales. Osl donc hien sur les li^^nes Nord, Sud, Est et Ouest, qn'il faut se placer pour prendre des photographies
■ dites cardinales.
II peut arriver que le terrain ou les arbres ne permettent pèis de faire les quatre épreuves cardiuales; ■ on se soumettra aux diflicultés du terrain et on se contentera de celles qu'il sera possible de prendre.
Il peut même arriver qu'aucune photographie cardi- ^^ nale ne puisse être prise, par exemple quand le monu- ^P ment est dans une tranchée ou un ravin, et qu'il ne peut élre pholoj^riiphié que dans une position, ne correspondant pas aux lif^nes cardinales.
Dans ce cas, on procédera comme suit :
^ïANiTJ. KK itF/L:iiEïit:nî:s piii:iiLSTOHigrEs
1" On feni la mise im point eu se meUcint îi 1 Vu droit le plus favoraliïe.
; .i^. ;: . — i ,, ,u\yh- de photographie par orienUiiioo. — l)oiiia'ii tir l,^ t:axa tlu Hûlaad k Arles-sm-Tech. Pyrt^nées-OrienLales (iu* h la Ixjussole).
2' On mesurera la distance de l'appareil au pied du monument.
PH0TOGHAMJ1I-:
toa
3*^ On placera le mètre au point le plus en vue du monument.
[ 4" On posera la boussole sur Tappareil, de façon à ce que la li^^ne nord-sud inscrite sur le ciirton du fond de la boussole soit dans Taxe de visée de Fappareil photo- [priiphique ; quand Taijîuille aura cessé ses oscillations^ |:on lira le de^n'é qui se trouve sous la pointe bleue de Iraiguille et tin Fiiiserira sur le carnet à Tindication fM orientation ■*>,
5** Quand tous ces renseignements seront inscrits, on I tirera son cliché»
Lors de rexécntion des photographies cardinales^ il
[arrive qu'une et même deux épreuves doivent être
prises avec le soleil dans l'objectif. On y remédie en
Be servant des écrans en verre jaune, qui sont d^un
xsag'e courant, ou en photographiant les monuments a
[.des heures ditîcreiites de la journée^ le nord et Touest^
\\e soîp ; l'est et le sud, le matin,
2** Stations, — Les photographies cardinales d'une glatiou ou d'un atelier peuvent se prendre : P soit en se fiettant au centre de la station, et en prenant un Iciiché de chacune des quatre directions cardinales; |2" soit en procédant comme pour les monuments mégallithiqnes (voir ci-dessus). — Une cinquième épreuve [devra toujours être prise en se plaçant sur le point [le plus Hivorable pour obtenir une vue d'ensemble ; et, *^i ce point ne se trouve pas sur une des lignes cardinales, on indiquera sous quel degré de la boussole le cliché a été pris.
Si le terrain s'y prête, il faudra prendre cette cinquième épreuve, en se plaçant au point d*arrivée dana le gisement d'après les indications que Von a données .pour s'y rendre soit du clocher^ soit de la gare.
104 MAMEL DE RECHERCHES PREHISTORIQUES
3** Polissoirs. Rochers gravés, — M. Marcel Baudouin emploie le procédé suivant pour photog^raphier un polissoir. Il se procure une échelle double, ou deux échelles, qu'il met à cheval sur le polissoir. Il place alors l'appareil 13 X 18 sur deux planches reposant sur les barreaux de ces échelles à la hauteur voulue, pour que la mise au point puisse se faire en dirigeant l'objectif vers le sol.
Pour les polissoirs d'un volume moyen, on pourrait utiliser un châssis analogue à l'appareil de M. Thiot, décrit plus loin.
Si une échelle ne peut se mettre obliquement sur le polissoir, on pourra la dresser à côté et y monter pour prendre son cliché de haut en bas. A défaut d'échelle, il suffira souvent que l'opérateur monte sur les épaules d'un compagnon.
A"^ Grottes et cavernes. — Les photographies des intérieurs des grottes et cavernes, etc. ne peuvent se prendre qu'au magnésium. Pour photographier les plafonds, on peut confectionner un châssis qui permette de diriger l'objectif suivant la verticale ; l'appareil de M. Thiot est tout indiqué pour le sol.
5*^ Ahris^ coupes de terrain^ carrières^ tranchées, — Les photographies d'ensemble seront fort utiles, car elles indiqueront exactement la superposition des couches géologiques et archéologiques. De plus, l'orientation de Taxe de l'appareil, en se servant de la boussole comme il est dit ci-dessus, permettra de retrouver la direction de la zone de terrain photographiée.
Ne pas oublier le repère métrique, comme pour les monuments.
t^HOTOCnAITUE