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CHAPITRE XII

INSTALLATION ET RAKGliMENT DES COLLKCTlÛNJs

ne collection préhistorique est aviint tout une œuvre scieuti tique, profouclément scienti tique; el il faut bien se pénétrer qu'aucune erreur matérielle ne doit y être introduite par inadvertance ou par défaut de méthode.

It ne doit y entrer aucune manifestation d'une idée préconçue, soit philosophique, soit d'école» soit personnelle. Vne collection doit être Texpression exacte des recherches et des trouvailles que Ton a pu faire ; et telles qu*elles ont été faites.

L'importance philosophique et sociale de la Préhistoire exif^e de tous les Préhistoriens une probité scientifique rigoureuse, qui, tout en laissant chacun parfaitement libre d'expliquer les faits à sa façon, lui impose de les exposer tels qu'ils se sont montrés et tels qu'il îes a vus. L'idée qui doit présider à Tinstallation d'une collection préhistorique doit être d'en permettre Tétude de la façon la plus simple et la plus sûre. 11 faut que d'un seul coup d'œil on puisse voir Tensemble de la Irouvaille» Timportance du ^nsement et les séries d'objets trouvés.

Quand on dispose d'un meithie à iîroir&\ on ran^^e tous les objets provenant d'uoe même station dans un des tiroirs. — Si la quantité d'objets n'est pas suffisante pour remplir un tiroir, il est urgent de mettre des sépai'ations faites avec des planchettes ou avec des

MANtEL DE HECIIEIÎCIIES PHHHISToniQl ES

de carton fort, afir

en cas de bauleversement du meuble, les objets d^une trouvaille ne puissent se méiiin^er à ceux d'une autre, — Pour chaque gisemexit, on classe les objets ou instruments de même espèce les uns à côté des autres, en procédant des objets simplement ébauchés jusqu'à Tobjet paH'aitement terminé. Si la quantité d'échantillons du même type est suflisamment g^rande, on pourra, par ce système, suivre l'évolution d'un même instrument depuis son ébauche jusqu'à sa terminaison; c'est pourquoi, au moment des recherches sur le terrain, il est bon de ne pas rejeter tous les instruments, sur lesquels on ne trouve pas tous les caractères classiques de Tépoque quHîs représentent.

Sans aller jusqu'à recueillir tout ce qu'on trouve, sans discernement, on doit chercher à se procurer des échantillons, qui pourront être sériés dans un même type, et qui constitueront une synthèse de loutil.

Pour rendre les fonds des tiroirs moins glissants, on les tapisse avec du tissu ou avec du papier peluche, que l'on trouve chez tous les tapissiers et peintres. Les couleurs rouge foncé uni et vert foncé uni sont généralemeut adoptées, comme étant les moins susceptibles de se décolorer et comme mettant mieux en valeur les objets qui y sont exposés.

Beaucoup de collectionneurs préfèrent ag-encer leurs trouvailles pour les mettre en vue sous vitrines et en jouir ainsi plus pleinement qu'en les renfermant dans des tiroirs. Voici les principaux dispositifs employés,

1^ On fixe les objets sur des planchettes ou sur des lames de carton fort, avec du lit de cuivre ou de fer très fin.

Chaque planchette ou carton porte une étiquette, indiquant le nom du gisement et les renseignements sur les objets classés.

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2"^ Une autre méthode consiste à coller les pièces sur des cartons ou sur des plateaux de bois.

Pour cela, on peut employer la seccotine et la colle forte. On peut encore faire une bonne colle, en prenant une solution de ^^omme arabique très épaisse, à laquelle

Ion ajoute un quart de son voïume de sucre candi pul- *vérisé ; puis, après dissolution du sucre, on ajoute un jBixième du poids total de blanc de Meudon porphyrisé. Ces deux systèmes ont rinconvénient de ne pas permettre une étude facile des objets, attendu qu'une des faces nVst pas visible.

3*^ Une troisième méthode consiste à monter les objets sur des ^^riffes, dont la base se fixe par simple frottement dans un trou d'attente de la planchette. Ce système est certainement le meilleur, mais demande beau* coup de main-d'œuvre pour la confection des grilTes.

4" On peut lixer sur des planchettes ou du carton, avec du caoutchouc, les pièces qui doivent être vues souvent, ou qui sont robjel d'une communication. Mais e caoutchouc s*altère vite et se brise.

NUMÉROTAGE DES i'iÈCEs. — Chaque pièce de !a collec-

. lion doit être numérotée et catalo^^uée sur un re;^^istre

lepécial ou un répertoire k fiches. En re^^ard de chaque

numéro du re^^istre doit H^urer le nom de l'objet, sa

provenance, la date de sa trouvaille, et en cas d'échange,

le nom du correspondant.

Le meilleur moyen pour numéroter les échantillons est d'y inscrire les chiffres, en se servant d'un pinceau en martre très lin et de peintures Unes en tubes : vermillon ou blanc d'argent, selon le cas et la teinte de l*objet.

I II est bon d'inscrire le nom d'origine, en même temps pÊAfiuel de recherchea préhistorkfues.

que le numéro d'ordre, sur Tobjet même. Cette inscrip' tion se fait soit au pinceau, soit avec un cachet ^^ caoutchouc du nom de la localité. Les petits alphabets en caoutchouc avec composteur simple sont tout indi^ qués pour ce travail et leur prix d'achat est insigniiiant.

I^'encre lithographique sera seule employée, car toutes les autres encres ne valent rien pour cet usage.

11 faut bien se méfier des étiquettes gommées, qui se décollent généralement, et détruisent toute espèce de sécurité dans les attributions.

Afin d'éviter toute cause d'erreur, le même numéro ne doit, sous aucun prétexte, se trouver deux fois dans la collection d'une même personne.

Classement des objets préhistoriques. — Lorsque plusieurs gisements de même époque sont représentés dans la même collection, il y a deux façons de procéder :

A. Mettre ensemble toutes les pièces de même type.

B. Classer par gisement toutes les pièces qui en proviennent.

Cette dernière méthode est préférable et doit être adoptée.

Station ou atelier de surface. — Le classement des objets provenant d*une même station ou atelier doit se faire dans un môme tiroir, parce que tous les outils sont de surface et qu'ils peuvent représenter plusieurs époques.

Fouilles. — Quand il s'agit de fouilles, il faut employer une méthode de classement plus rigoureuse et plus définie, et cela quelle que soit l'importance de la fouille. 11 est bon de rappeler que Tâge des objets préhistoriques est lié à Tâge et à l'intégrité des couches

INSTALLATION ET RANGEMI^NT DES CULLECTIiINS

I qui les renferment; qu'il faut, au moment des recherches, I procéder couche par couche eL me Lire ensemble tous I les objets préhisloriquesT provenant de la même couche, fc Cette mélhode d'exploration doit se retrouver dans Hie rangement des collections; et son exécution est du r^plus haut intérêt. Si beaucoup do recherches avaient été faites méthodiquement et les trouvailles classées de lême, elles auraient évité bien des controverses et bien des erreurs.

Donc^ il faut classer les objets de chaque gisement dans un tiroir, et commencer le rangement par la série udes objets trouvés dans la couche du dessus.

Dans chaque couche, on mettra tous les objets de même type les uns à côté des autres, bien entendu : ce qui permettra de juger plus facilement de la richesse et de la diversité de la couche explorée, — Sur Téliquette destinée à chaque couche, il faudra menti ouner , le nom du gisement, le nom de la couche archéologique, Ison épaisseur, sa composition géologique, sa profondeur par rapport à la surface du sol, la date des rechert^hes, et toutes les notes relatives a chaque objet Ide façon à pouvoir se reporter ûu procès-verbal, s'il y a lieu.

Meubles. — Les meubles ù tiroirs sont exceHenta pour le rangement des collections.

Les tiroirs ont g^éuéralcment 50 centimètres de coté |et 6 centimètres de hauteur intérieure. Ils doivent glisser Ilibrement sur leurs rainures, afin d'éviter les secousses [qui bouleverseraient tous les objets.

Dans le bas du meuble, on ménage plusieurs tiroirs, [ayant l.'S et 20 centimèii*es de hauteur pour placer les [ïbjets les plus volumineux.

Sur la face cle chaque tiroir une fiche indique le nom du gisement.

On Irouve dans le commerce des meubles loul faits, qui possèdent des femielurea latérales, permettant de conserver les collections en pleine sécurité.

Vitrines. — Le dispositif des vitrines est laissé au g"oût de chacun. Il faut néanmoins tenir compte que la vitrine horizontale est celle qui permet de mieux juger les objets exposés. Les vitrines verticales ont Tinconvénient de mettre une certaine partie des objets k une trop ^^raude hauteur, pour pouvoir être examinés facilement.

La mise des collections en vitrine porte inconsciemment à faire un choix dans les objets exposés : ce qui n'est pas sans nuire à Fexactitude de Tétude des trouvailles. Néanmoins, certains objets sont trop volumineux pour pouvoir entrer dans des tiroirs, et leur mise en vitrine est le meilleur moyen de les conserver.

Les vitrines coûtent très cher et demandent un local spacieux et bien éclairé.

H est bon de protéger les objets exposés dans les vitrines contre les rayons solaires, en se servant de rideaux.

On ne saurait trop recommander aux musées locaux de donner des indications scientiliques rigoureuses ; de ne pas se montrer esclaves de la symétrie dans le rangement des collections et de mettre chaque objet à la place qu'il doit scientiliquemeot occuper. — Agir autrement serait la perte de documents précieux.

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