CHAPITRE II
ÎMDICATIONS GÉNÉRALES ET TOPOGHAPHIQUES FACILITANT LA lïÉCOUVEHTE DES GISEMENTS
Préserver son existence propre et celle de ses enfants, assurer la nourriLure quotidienne des siens : telles ont été les deux préoccupations de THomme sauvag"e.
Faible et désarmé dans îa lutte contre les grandît fauves et contre les éléments, l'Homme a cherché à établir son gîte dans une position facilement défensive : escarpement, îlot ou grotte, etc.^ partout où la confij;uration du terrain lui permettait de résister victorieusement à ses terribles voisins.
Une émjnence, bien exposée au midi, près d'une source ou d'un cours d'eau, à Tabri des inondations; une grotte en plein soleil, ou un abri rocheux le g"arantissant contre les vents ^dacés du nord, ont été les endroits choisis par T homme primitif pour installer son foyer.
Les terrasses des lianes des vallées, qui forment comme les éboulis des coteaux voisins, étaient particulièrement choisis, tant par leur position défensive que par leur situation à proximité de Teau, Lliomme y trouvait une station sûre et un centre de chasse, d'où il rayonnait pour assurer Talimentation de la famille.
INDICATIONS GENERALES ET TOPOGRAPIUQrhS
parmi les pierres que roulaient les eaux^ il Irouvaïl la Tnaiîère première pour fabriquer ses premiers outils et «es premières armes.
C'est là que le chercheur préhistorique doit porter ses investigations^ pour retrouver les emplacements des Stations des premiers hommes*
Les débris de rindustrie humaiue ne sont pas toujours restés sur le lieu même où ils avaient été abandonnés ; et les eaux pluviales ont souvent entraîné dans les vallées des objets qui se trouvaient prinuLivement sur les sommets. C'est ainsi que nombre de silex chelïéens et mousLériens se trouvent dans les alluvions caillouteuses quateruaircs de.s vallées. D'autres l'ois, ce sont les limons qui sont descendus des parties supérieures pour recouvrir les .stations et les eng^loutir.
L'homme moustérien a commencé à occuper les grottes, où les restes de son industrie se sont acrunndés avec les débris de ses chassées, auprès des cendres de
I son foyer. A Tépoque de SoluLré et de la Madeleine, les hommes se réunissaient déjà en ag^p-lomératioris importantes ; certaines statious sont fort étendues et sont tout a la fois un centre d'habitation et un centre de fabrication.
A Tépoque robenhausienne, nombre de grottes et de cavernes ont servi de caveaux funéraires ; ce sont surtout celles exposées au nord, qui ont été alTeclées à cet usage.
I La plupart des grottes habitées par l'homme avaient été conquises de haute lutte sur les ^^rands fauves qui
[en avaient fait leurs repaires, ou bien ont été occupées
lèpres avoir été abandonnées parles animaux, qui y ont laissé de nombreux restes ; Tours notamment en faisait son repaire, ainsi que le démontrent les nombreux
xMANUHL DE RECHERCHES PRliUISTORIQUES
osseraenls que Ton retrouve dans certaines d^entre ellee.
L'hyène y habitait ég-alement; mais» sî ses restes y sont moins nombreux <, par contre ses coprolithes s'y rencontrent en grande quantité.
L'homme robeiihausien a laissé de nombreuses traces d'habitat avec ses foyers de pierres cuites, au milieu des cendres et des charbons ; c^est encore Tépoque des habitations lacustres, avec leur mobilier si varié ; puis la f^^rande période des dolmens, du bronze, et du fer.
Dans beaucoup de cas, remplacement primitif ofï'rait tant d'avantages de situation et de sécurité que toutes les g^énérations s'y sont succédé et que beauconp de nos villes et de nos villages actuels s'élèvent sur remplacement de huttes préhistoriques *.
Le chercheur préhistorique devra s*inspirer des noms spéciaux que les habitants ont conservés ù certains points de leur territoire, quoiqu'il n'y reste aucune trace de monument. Ainsi on trouvera les noms de Haute-borne, Pierre- fie bée, Pierre-fitte, Pi erre- frite, Pierre-levée, Grande-pierre, Grande-table, etc., qui sont les souvenirs d'un menhir ou d'un dolmen disparus. De même les indications de Gastel, Ghâtel, Ghâtilloïi, indiquent des camps; Tombelle, Charnier, des cimetières, etc, n faut donc rechercher avec soin ces fieuxdiis^ et diriger ses recherches dans leur voisinag^e.
Le préhistorien doit profiter de toutes les occasions, de tous les travaux qui se font autour de lui ; il doit suivre de près tous les terrassements et les remaniements du so!, sous quelque forme qu'ils se présentent.