‹ Manuel de séméiologie techniqueChapitre 11 sur 172 · PRÉFACE XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XVII

1° Nécessité d'une direction dans l'élude de la technique.

Bien souvent déjà j'avais constaté le peu de cas que le monde médical fait de la technique ; et à combien d'erreurs cette négligence l'expose.

Pour beaucoup de jeunes confrères, en effet, il semble que toute la difficulté d'un procédé soit dans la possession de l'instrument. Pour eux, avoir l'instrument, tout est là. Quant à l'étude de son mécanisme, sa mise en œuvre, ses difficultés d'application, sa technique en un mot, ce sont là choses secondaires. C'est à ce point qu'un certain nombre ne se donnent même pas la peine de lire ces courtes nonotices que chaque inventeur ou fabricant joint à l'instrument.

C'est là, dis-je, ce que j'avais vu bien souvent. Or, l'expérience que j'ai faite pendant toutes mes recherches et mes conférences, d'abord, n'a fait que corroborer mes opinions à cet égard. Mais de plus, mieux que jamais, cette expérience m'a prouvé que tout procédé clinique demande à être suivi, pour ainsi dire, servilement; que quelque facile qu'il paraisse, il exige un certain temps de pratique avant que ses résultats offrent de la garantie; et que, par conséquent, son étude complète, j'insiste sur ce point, doit comprendre deux périodes, l'une à' éducation et l'autre à' épreuve.

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Et du reste quoi d'étonnant à cela? Que l'on prenne même les procédés cliniques les plus simples et qui sont d'un usage constant, tels que l'auscultation et la percussion. Que de fois n'avons-nous pas dû recevoir des conseils à leur égard ! et que de t'ois nous-mêmes, plus tard, n'avons-nous pas dû en donner aux jeunes confrères ! et pourtant ne voit-on pas ausculter et percuter tous les jours? Or, si des conseils sont utiles même pour ces procédés si simples, comment croire que l'on puisse s'en dispenser, quand il s'agit de procédés moins répandus et autrement délicats, tels que l'iiématimétrie, la stétliograpliie, l'examen microscopique, etc.?

J'en appelle à ceux qui ont fait de la micrographie. Que penseraient-ils d'un élève qui voudrait aborder cette science en se dispensant d'apprendre sa technique? J'en appelle également à ceux qui ont fait de l'anthropologie. Comment apprécieraient-ils les travaux d'un voyageur qui aurait recueilli ses matériaux, sans méthode précise sans tenir compte de la technique?

Or, n'est-ce pas là cependant ce que nous ne voyons faire que trop souvent dans le domaine de la clinique ?

Eh bien, il faut qu'on en reste convaincu: apprendre la technique est tout aussi nécessaire pour la clinique , que pour la micrographie, l'an-

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thropologie, ou pour tout autre branche de la science ; et l'oublier c'est d'avance, comme dans les cas précédents, s'exposer à faire des travaux sans utilité, qui toujours manquent de garantie, et parfois, ce qui est pire, encombrent la science d'erreurs : sans technique il n'y a donc qu'incertitude, résultats disparates sinon inexacts.

Mais déplus, je l'ai dit, la connaissance suffisante d'un procédé comprend deux périodes.

La première est une période éducation proprement dite, permettant de faire connaissance avec l'instrument, si le procédé en comporte, et pendant laquelle on apprend le procédé temps par temps ; et la seconde une période épreuve destinée à répéter le procédé un- certain nombre de fois, pour comparer les résulta,ts, et savoir si, dans des conditions identiques, on obtient les mêmes. C'est ainsi que s'il s'agit de la mensuration, on prendra la longueur d'un même membre à plusieurs jours d'intervalle pour s'assurer que l'on arrive aux mêmes chiffres ; que s'il s'agit d'un dosage d'urine, on le fera plusieurs fois sur le même liquide pour voir que les résultats restent constants, etc.

Ce n'est qu'à cette double condition, je le répète, que l'on donnera une garantie suffisante à ses recherches; et c'est l'importance que j'attache à cette

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