‹ Manuel de séméiologie techniqueChapitre 46 sur 172 · DÉFINITION, DIVISION, PROCÉDÉS · texte numérisé non relu

DÉFINITION, DIVISION, PROCÉDÉS

ques cl répétés imprimés à la cavité dans laquelle ils se produisent.

Quoique nettement distincte de la percussion, c'est encore d'elle que la succussion se rapprocherait le plus. Gomme elle, les notions qu'elle fournit sont constituées par des bruits entendus à distance ; et, comme pour elle, ces bruits sont provoqués par des moyens mécaniques. Seuls, les moj'ens diffèrent : ce sont des ehocs pour la percussion, et des secousses pour la succussion.

La succussion, en effet, se pratique en imprimant des secousses brusques plus ou moins répétées à l'organe dans lequel on la cherche; au thorax en entier quand on la cherche dans la cavité pleurale, et à l'estomac lui-même quand 'c'est cet organe que l'on examine.

La condition essentielle de sa production, je l'ai dit, est l'existence dans une cavité d'une certaine quantité de liquide et de gaz. Mais, de plus, pour que les bruits produits dans ces conditions soient entendus, il faut que cette cavité ait encore une certaine étendue; et celles qui remplissent le plus souvent ces conditions sont la cavité pleurale, d'une part, et l'estomac de l'autre. Quelques grands abcès peuvent également les réunir, tels sont les abcès du foie ou les vastes cavernes.

Pour pratiquer la succussion du thorax, le malade est le plus souvent assis; et pendant qu'il cherche à laisser son thorax aussi libre de tout mouvement que possible le médecin, le prenant largement à dèux mains, au niveau des épaules ou des fausses-côtes, lui imprime deux ou trois mouvements de va-et-vient, tandis que son oreille, appliquée sur la région, cherche à recueillir un bruit de clapotement se produisant sous l'influence de ces mouvements.

Il est assez fréquent d'être obligé de recommencer plu-

SÉMÉIOLOGIE, Q

74 DOUBLE-CHOC sieurs fois, le malade se prêlant mal loul d'abord à cet examen, et n'ayant pas donné toute la facilité désirable au médecin. Parfois, le bruit est assez inlense pour être entendu à dislance.

Pour l'estomac, le malade est dans le décubitus dorsal, et dans la position que j'ai indiquée pour la palpatiou abdominale. Le médecin se place sur un de ses côlés, et, ou bien imprime des mouvements à la tolalilc du corps, ou mieux, après avoir déprimé la paroi abdominale pour circonscrire l'estomac, n'-imprime des mouvcmeols qu'à cet organe. De même que pour le thorax, et plus souvent encore, il n'est pas rare d'être obligé de recommencer plusieurs fois. Le bruit de clapotement est toujours entendu à distance. C'est là une première manière de pratiquer cet examen, mais ce n'est pas la seule. On peut chercher à produire le bruit hydro-aérique du clapotement en imprimant des mouvements également brusques à l'estomac, mais presque d'avant en arrière ; cest-à-dire par des pressions brusques plutôt que par des mouvements de latéralité. Les doigts étant mi.> à plat sur la région stomacale, dépriment vivement la paroi abdominale de manière à imprimer sinon à l'estomac, du moins à son contenu, des mouvements se traduisant par des bruits. C'est là, je le répèle, un des procédés le plus souvent employés. Dans ce procédé, comme dans le précédent, les bruits sont, entendus à dislance.

DOUBLB-GHOG

C'est à ce mode d'examen, et par ce procédé, que se rattache un mode d'exploration des plus imporlanls de l'estomac, et auquel j'ai donné le nom de double-choc.

Le plus souveni, dans la dilatation de l'esloraac et dans

d'autres aiïections dans lesquelles celle disposillon analomique se rencoiilre, la paroi de l'estomac arrive au contact de celle de l'abdomen ; et quand on déprime celte dernière, les deux parois abdominale et gastrique se dépriment en même temps. Mais dans un certain nombre de cas, et le plus souvent dans l'inflammation chronique ou les aiïections néoplasiques, la paroi stomacale reste à quelques centimètres de celle de l'abdomen; de sorte que, lorsque celle-ci est déprimée vivement, la main rencontre d'abord sa résistance; puis, après l'avoir vaincue, elle en rencontre une seconde ; et celle-ci souvent plus marquée : c'est le double-choe. W est produit par la rencontre de la paroi de l'estomac, qui oiïrc une sensalion différente suivant son induration plus ou moins grande.

Cette sensalion de double-choc, sur laquelle j'ai cru bon d'appeler l'attention des cliniciens, serait donc la caractérislique d'une affection gastrique à parois rigides, et tout particulièrement, je l'ai dit, des alleclions néoplasiques et de l'inflammation chronique. -

Page 1