III. Toxicité urinaire. — L'urine normale est
toxique; un kilogramme d'animal est intoxiqué par
i 43 centimètres cubes d'urine, d'après Bouchard (de 30 à
L GO pour lesdiiïérents auteurs). Ces -tScentiinëtrescubes
k «présentent une uroloxie.
Lorsque la perméabilité rénale diminue, les poisons 1 4e l'organisme ne sont plus éliminés en aussi forte pror'|>ortion, et les urines deviennent hypo/ox/f/ues.
Dans certaines néphrites, et avant l'apparition de toute urémie, les urines ont une toxicité très diminuée ; une urotoxie ne suTtit plus à tuer un kilogramme d'animal.
Mais il faut remarquer que la variation de toxicité des urines est facleurde latoxicité du sang, lequel est épuré par le rein; donc cette variation n'est pas seulement dépendante de l'état fonctionnel de l'organe. D'où la nécessité de rechercher à la fois la toxicité des urines et du sang (sérum du sang).
^ C« UU BAUg
Les opérations sont longues et minutieuses, peu faciles à exécuter, par conséquent de peu d'utilité pour le clinicien. Nous ne les décrirons donc pas.
IV. Cryoscopie (KoOai;, froid ). — Celte méthode est basée sur ce fait (jiie l'abaissement dn point de congélation des solutions est proportionnel à leur concentration moléculaiie.
Or, les urines ont une concentration moléculaire qui varie d'après la quantité totale des «substances dissoutes. (Point de congélation normal — 1,33. Les variations observées ont oscillé entre — 0,39 et — 2,24J.
Laperméabilité rénale a été étudiée d'après ceprocédé, mais les résullat&jsont peu démonstratifs et ne sont pa& supérieurs aux précédents.
V. Epreuve du bleu de méthylène (Acliard et . Castaignej. — Cette épreuve a pour but de rechercher
la perméabilité ej: périment aie du rein, au moyen d'une substance étrangère introduite dans l'organisme.
La substance recommandée par Acbard est le bleu de méthylène pur, en solution à 1 gramme pour 20, que l'on injecte à !a dose de 1 centimètre cube dans le tissu musculaire de la fesse.
La vessie a été \idée préalablement, et à partir du moment de l'injection, les urines sont recueillies de demi-heure en demi-heure, jusqu'à ce que les urines soient teintées en bleu. A partir de ce moment, il suffit de recueillir les urines, toutes les heures, dans des \ases séparés.
Au début et à la fin, quand la teinte des urines n'est pas encore 1res nette, l'examen de la prise doit se fïiire dans un tube à essai que l'on regarde en profondeur (Hutin).
Si l'urine contient surtout du chromogène incolora.
DB IK PaHMRÂBILITË BENALE.
on peut accentuer la teinte, en la chaiilTaiit avec de l'acide acétique.
On fera la courbe d'éliminatioD sur un tableau et Ion appréciera le début, la fin, le maximum et le rj tliine de réiimination. A l'état normal, la courbe est celle repro- , duite ci-contre ( fig. 59) ;
Kig
- Cuurljo dï-lii
^.thyU-.
Dùbul
1/2 hi!ui-i; api'iis ririjcction.
Pin 38 liflurcs ^
Maiiraum 3 — —
Rythme Continu, cytliquc.
La courbe s'élève rapidement, se niaijitient en play teau et s'abaisse rapidement.
Chez le brightique, l'ascension est lente, le plateau est peu net, la descente traînante, le rj-thme polycy- [ clique ou intermittent.
L'intermittence dans l'élimination serait surtout due, ' d'après ChaufTard et Gavasse, à un trouble ronctionnel du foie.
Remarque. — Si au lieu du bleu, on donne 30 grammes d'nrfte, la courbe est sensiblement la même.
L'examen des urines est fertile en renseignements sur l'état des organes ; il aide au diagnostic ou le complète. Mais l'analyse détaillée des urines est du domaine de la chimie biologique. Les traités spéciaux indiquent les différentes méthodes de recherches, qui nécessitent parfois des appareils de précision et des réactifs nombreux.
Le clinicien ne saurait supplanter le chimiste, mais il doit connaître un certain nombre de procédés d'analyse, faciles à exécuter au lit même du malade.
Nous n'indiquerons que ces méthodes simples, mais dans tous les cas nous exposerons, en une revue rapide, les conclusions basées sur l'analyse des urines, que cette analyse soit l'œuvre du clinicien ou du spécialiste.
Variations physiologiques des urlnes. — Les éléments normaux de l'urine sont variables suivant l'âge, le sexe, le poids du corps, Talimentation, le travail musculaire...
L'enfant sain urine en proportion plus que l'adulte, et il excrète plus d'urée.
Le phénomène contraire se produit chez le vieillard.
La femme élimine moins de produits que l'homme.
L'alimentation, Vingestion des boissons ont une grande influence sur les excréta. Il en est de même de l'activité physique ou intellectuelle.
Il existe également des variations physiologiques individuelles, ce qui a fait dire à Vieillard qu'il n'y a pas de type fixe et absolu d'urine normale.
GAHACTËRES GÉNÉRAUX DES UKltfES.
Les variations, pour f Ire considérées cumnie pathologiques, doivent donc être importantes et persistantes.
- Caraclôres généraux des urïnei
1° Volume. — On doit recueillii' toutes les urines émises dans les vingt-quatre heures dans un boca] gradué. La quantité moyenne émise par un adulte est de 1400 centimètres cubes, dans des conditions normales d'existence et d'alimentation (chez la femme 1100'^).
Il est indispensable de connaître la quantité d'urine des vingt-quatre heures, et de Taire porter l'analyse sur un échantillon, prélevé sur l'ensemble, car la composition varie suivant les moments de la journée. On pourra ainsi connaître les résultats pour les vingt- «jualre heures.
Supposons que l'urine d'un malade contienne 20 grammes de glycose par litre, si la quantité des nrines des vingt-quatre heures est de S jOO centimètres cubes, nous dirons que la quantité totale de glyeose 20x3
est de
: 110 grammes (en vingt-quatre
heures).
Il peut être intéressant de connaître le volume de Turine de jour et de l'urine de nuit. A l'état normal, Turine est émise plus abondamment le jour que la nuit ^^apport de (>7 à S^J, A l'état pathologique, la polyurie nocturne est fréquente, ce qui peut avoir de l'impodance pour le pronostic.
Lorsque le volume est augmenté, on dit qu'il y a polyurie. Intermittente, elle s'observe chez les neneux ^uen casd'hydronéphrose intermittente, ('.'inlinite. elle
j^vouen casd hyd
EXKUEH DES URINES.
est un ties principaux symptômes du diabète sucré, et a donné sou nom au diabète insipide ou polyurie essenlie/le (Iraumatismescérébratut,..)-
La polyurie se rencontre êt;alement dans le mal de Briglit ou dans les lésions des voies urinaires inférieures (stagnation urinaire amenant de la pollakiurie et de la polyurie fonctionnelle).
Lorsqu'un individu rend une petite quaniité d'urine, il y a oHgurie ; s'il n'en rend pas du tout, il y a ff n «rie, qu'il faut différencier de la rétention d'urine (état de vacuité dans le premier cas, de rétention dans le second, de la vessie).
2° Aspect. — L'urine normale est limpide à l'émission. Elle peut mousser avec facilité, ce qui est souvent dû à l'albumine.
3° Odeur. — L'urine prend une odeur ammoniacale sous l'influence de diverses fermentations.
L'urine des diabétiques peut, comme l'haleine, prendre une odeur rappelant celle du chloroforme, parce qu'elle renferme de l'acide diacétique (coma imminent).
Certains médicaments donnent à l'urine une odeur spéciale (essence de térébenthine : odeur de violette).
4" Com.EUB. — Elle varie avec le degré de concentration. La présence de produits anormaux (sang, bile, médicaments.,.) lui donne des teintes variables.
5° Densité. — Elle est fonction du volume et de la quantité des matières dissoutes. A l'état normal elle est d'environ 1018.
En multipliant par 2,33 les deux derniers chifTres de la densité, on obtient approximativement la quaotité des corps solides dissous en grammes et par litre.
(Voy. Étude de la perméabilité rénale.)
6° BÉACT10N. — L'urine normale est acide, et cette
I acidité est Hue principalement nu phosphate at^ide de soude.
La réaction doit être cherctiée (papier de tournesol ou à la phtaléine) tiu moment de l'émission. Dans certains cas, en effet, l'urine fermente rapidement, surtout dans les couches supérieures du bocal où on les recueille, alors que les couches inTêrieures sont encore acides.
Pratiquement on ne peut toujours [surtout en été) doser l'acidité surlensemble des urines des vingt-quatre heures ; pourbien faire, il faudrait répéter cette recherche sur plusieurs échantillons et faire une moyenne.
Le principe du dosage de l'acidité est celui dont nous avons parlé au sujet du suc gastrique. Les chimistes ne sont pas d'accord sur l'unité, qui doit servir à apprécier l'acidité urinaire ; on l'exprime le plus souvent en acide oxalique {lï',32 par litre à l'état normal), ou en acide sulfurique (1*'',039).
A une urine plus aride que la normale correspond un sénun du sang moins alcalin que la normale et réciproquement.
Joulie a fait des recherches intéressantes sur l'acidité, mais ses conclusions thérapeutiques semblent tant soit peu exclusives. D'après lui, 73 p. iOO des sujets examinés sont des iiypoacides, justiciables de l'admiolstration' de l'acide phosphorique et du phosphate de soude, médication qui n'est pas sans inconvénient lorsqu'elle est prolongée.
Le degré d'acidité varie avec l'alimentation. A l'état pathologique, elle augmente dans les atTections fébriles, le rhumatisme, la goutte... ; elle diminue dans les maladies d'estomac s'accompagnant d'hypochlorhydrie.