EXCITABILITÉ DES MUSCLES ET DES NERFS
seuls courants galvaniques, et que ces dernières réactions ne soient plus normales tant au point de vue qualitatif qu'au point de vue quantitatif (Voy. Loi de Pflùger).
Dans ces cas, on dit qu'il y a réaction de dégénérescence complète [RD).
RD Mais la RD peut être incomplète ( — ), c'est-à-dire
que les nerfs réagissent faiblement aux courants, que les muscles réagissent aux courants faradiques et galvaniques. Mais il existe encore, dans ces cas, des accrocs à la loi de Pflùger.
Valeur séméiologique de la RD. — La RD s'observe dans les lésions des cornes antérieures de la moelle et les polynévites périphériques.
Elle n'existe pas dans les affections encéphaliques.
Hésite-t-on entre an diagnostic de tabès ou de pseudotabes (névrite périphérique)? La RD constatée prouve qu'il s'agit d'un cas de pseudo-tabes.
Hésite-t-on entre une paralysie hystérique et une paralysie névritique? L'absence de RD prouve qu'il s'agit d'hystérie.
Au point de vue du pronostic, la constatation de la
RD RDoudela— n'a de valeur que si le diagnostic est
sûrement établi. Si l'affection est curable par sa nature,
RD la--- est d'un pronostic plus favorable que la RD.
Nous étudierons successivement la Sensibilité générale, qui comprend les divers modes de la sensibilité tactile et la douleur, les troubles objectifs et subjectifs de la sensibilité, avec leur signification séméiologique.
Une étude succincte des sens, autres que le toucher, sera faite à part (sensibilité spéciale).
Régules gr^néralcs de rexploration de la sensibilité objective.
Il est souvent utile de faire l'exploration de la sensibilité, ex abrupto et sans apparat, sinon si Ton a affaire à des hystériques, à des simulateurs, les réponses seront suspectes. De plus, dans aucun cas, la séance ne doit être prolongée, car la sensibilité finit par s'émousser, et Ton arrive à des réponses contradictoires. Il est préférable de répéter les séances.
L'exploration détaillée de la sensibilité est loin d'être toujours possible, en particulier ckéz les malades peu intelligents ou ceux dont les fonctions cérébrales sont troublées.
I. Sensibilité tactile pure et sensibilité à la pression. — Pour les apprécier on emploie le bout du doigt, un tampon d'ouate, etc., que l'on appuie plus ou moins. Cette sensibilité varie avec l'épaisseur du derme. Elle est augmentée dans les régions couvertes de poils.
^ SENSIBILITÉ A LA DOULEUtt. 297
Le chatouillement est le résultat de sensations répétées el (lésagrOables de contact.
II. Sens du lieu. — C'est te sens tactile par excellence. Il faut reoliercher: 1" si le sujet, les yeux fermés, pent indiquer du duigt le point excité; i" quel est l'éciu-temeiit minimum t|u'il l'aul donner a deu\ poinles mousses pour (|ue la sensation de double contact existe [cercle tactile]. On a établi des tableaux de ces cercles sur les diirêrentes régions du corps; voici (jiicUpics-nnes de ces mesures;
LanKue (pointe) 1""',U
Face palmaire des doigts (trois deroiérea
phalanges) S>",3
Muqueuse des lèvres 4". 5
Gros ortoil 1 1--.3
Avant-bras ( , ,,
Jambo \
Cuisse G"»". 7
On peut apprécier ces cercles au moyen de l'ejiiA^siomêtre de Sievekiiig qui porte deux pointes, dont une mobile, sur une règle graduée.
Plus le cblIFre représentant l'ccartemeiit est petit, plus la sensibilité de la région est élevée.
III. SeBSibilité à la température. — Elle se rechercbe au mojen de deux tubes contenant l'un de leau cbaude (à vérifier pour éviter les brûlures), et l'autre de l'eau froide.
IV. Sensibilité à la douleur. — Séludie en piquant profondément avec des épingles les diirérentes régions du corps.
Elle s'étudie encore au moyen des courants faradiques. Le courant minimum pour provoquer la sensation électrique indique la semibilile' électro-cutanée. Si 1
298 EXAXe^ DE U SEXSIBILITÊ.
aiitrnnente graduellement le courant, la douleur minima apparaît.
Pour les points de Valleix et Trousseau. Voy. Palpn^ tion du thora.T.
V. Sens musculaire. — C'est le sens qui nous informe de la valeur quantitative de la résistance vaincue.
C'est le gpnjf kineaihésir/ue, qui est le résultat dimpressions combinées, fournies par la peau, les tendons, les muscles.
II nous renseigne:
1** Sur la position dea membresi. On place une jambe dans une position fî.ve, en évitant le contact avec l'autre jambe ^sens du contact ainsi évité) et Ton demande au malade qui a les yeuv fermés de toucher avec l'index un point déterminé de cette jambe :
2* Sur la sensation des mouvements actifs et passifs. On la recherche par des mouvements ordonnés ou en faisant préciser et répéter par le malade des mouvements imprimés aux différentes parties du corps.
»T'Surla sensation de r activité musculaire Grasset*.
Cette sensation existe dans l'immobilité du membre, sans déplacement aucun. Le sujet tient son bras horizontalement et ferme les yeux. H tient avec deux doigts un fil, qui supporte un petit plateau chargé de poids. Un aide soulève alors lentement et sans bruit un carton recouvert d'étoffe au-dessous du plateau jusqu'à sa rencontre avec ce dernier.
A ce moment le sujet doit percevoir, à l'étal normal, une sensation d'allégement dont il avertit l'expérimentateur. Poids nécessaire, environ 10 grammes. Chez les hémiplégiques il faut au moins 20 grammes.
L'insuffisance ou la perte du sens musculaire produit l'incoordination motrice Vov. Ataxie .