‹ Manuel de sémiologie médicaleChapitre 90 sur 113 · TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ · texte numérisé non relu

TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ

A) Troubles objectifs. — 1° Anesthésie. — Ce terme s'applique à rabolition de la sensibilité générale, dans tous ses modes.

S'il y a simplement diminution, on dit qu'il y a hijpoesthésie.

L'insensibilité à la douleur s'appelle analgésie. Pour simplifier, on dit aussi anesthésie à la douleur.

L'anesthésie peut être totale ou dissociée,

L'anesthésie totale est fréquente (myélites, lésions des troncs nerveux, certaines lésions cérébrales...). L'anesthésie dissociée est plus rare. On la rencontre dans la dissociation syringomyélique : la sensibilité tactile et le sens musculaire sont conservés, la sensibilité douloureuse et thermique sont abolies.

La dissociation peut porter également sur le sens de la température : conservation de la sensibilité au froid, aboHtion de la sensibité au chaud (Déjerine).

En dehors de la dissociation, il existe de l'anesthésie pour le froid et le chaud (thermo-anesthésie), ou de la perversion du sens de la température, le froid étant pris pour du chaud et réciproquement (chez certains hémiplégiques).

Dans V hystérie, Tanesthésie peut se révéler sous les formes les plus variées (anesthésie superficielle ou profonde) .

2° Hyperesthésie. — C'est l'exagération de la sensibilité au simple contact ou aux températures. Vhyperal- ^e5î> est l'exagération delà sensibilité à la douleur (en pratique, on emploie ces deux termes dans le même sens\

TROUULES DE LA SSNSIBILITË. 30t

L'hyperesthésie se produit surtout dans les diverses I; formes de méningiles, les névrites, névralgies, certaines ■Intoxications (tétanos, alcool...).

Dans l'hystérie, l'hyperesthésie se rencontre, et Ton Ppeut constater certaines zones, dites hystérogènea, particnliêremeni sensibles. La pression à lenr niveau peut provoquer ou arrêter les convulsions.

3° Paresthésies. — Ce terme est réservé en France (pas en Allemagne) à tous les troubles autres que l'anesthésie ou l'hyperesthésie, tels que re(aj'rf des sensations, erreurde locnlisntion, etc.

B) Troubles aabjectifs. — i° Dïsesthésies. — Fourmillements, sensation de brûlure, piqûre, picotements, chaud ou froid, etc. L'hémorragie cérébrale est fré(iuemment précédée de rourniillements nu d'engourdissement dans les e\trémités,

3° DoLLECns. — On doit étudier le début, l'intensité, la localisation ou irradiation des douleurs. Les douleurs sont souvent fulgurantes chez les labétiques.

La céphalalgie est un symptôme important de certainesaireclions cérébrales (tumeurs, syphilis...), de la neurasthénie {douleur en casque).

La douleur est accompagnée généralement d'hyperes- Ibésie des téguments, mais on peut avoir de r";ieji//(esie douloureuse (maladie de Raynaud).

Valenr sémëlolo^lqac de» troubles de la sciiBibilitf.

I. Anesthésie généralisée. — Ne se rencontre que dans les formes graves de l'hystérie.

n. Bêmianesthésie. — Existe dans les lésions cérébrales corticales ou capsulaires.

Est très fn^juente dans Thystérie, avec anestbésie des organes des sens. Dans cette névrose, tons les troubles possibles de la sensibilité peuvent exister.

III. Anestbésie croisée (Syndrome de Brown- Séquardi. — Elle est due à une lésion unilatérale de la moelle. Les malades se plaignent d'une douleur pseudo-névralgique, que la pression n'exaspère pas (c'est le contraire dans la névralgie vraie).

Ce syndrome est caractérisé par les troubles suivants : du côté lésé, au-dessus de la lésion, une bande très mince d'hyperestbésie et au-dessous une bande d'anesthésie. Dans tout ce côté, paralysie du mouvement et hyperestbésie;

Du côté sain^ anestbésie complète, absolue. Intégrité de la motilité. Au-dessus de Tanesthésie, une bande d' hyperestbésie.

IV. Topographie des troubles sensitifs. — Pour établir la valeur séméiologique de ces troubles, il est indispensable de tenir compte de leur topographie.

1° TopoGiuPHiE PKHiPHF^KiQUK. — Lcs lésions des nerfs périphéri(|nes donnent des troubles subordonnés au trajet anatoniique de ces nerfs (névrites traumatiques, infectieuses et toxiques).

I/intensité des troubles croît du centre vers la périphérie.

^° Topographie UADicrLMiiE. — Tous les nerfs dépendant d'une racine lésée sont atteints (topographie en bandes longitudinales"!. Dans le tabes^ elle est caractéristique.

3" TopcHîKAPHiE MÉDru.AiRE. — Elle cst scgmentaire, à limites perpendiculaires à l'ave des membres (en manchette, en gigot, en caleçon...). Les lignes de démarcation sont des traits d'amputation circulaire (Charcot .

Page 1