B. — SENS DE L'OUIE
(Nous renvoyons pour Texamen anatomique aux traités d'otologie.)
Examen fonctionnel. — Examen de la fonction AUDITIVE. — Chaque oreille doit être examinée séparément avec une montre (M), qui s'entend normalement à une distance connue, 3 mètres par exemple.
Le résultat sera formulé en centimètres de la façon
suivante : M -- -— , ce qui veut dire que la distance a
laquelle la montre est perçue est de 20 centimètres au lieu de 300 centimètres.
La voix chuchotée est entendue normalement à 20 ou 25 mètres.
Le diapason est employé pour savoir si la surdité est due à uue lésion du labyrinthe (nerf), ou à une affection de Torgane conducteur du son (oreille moyenne). Cette recherche se fait au moyen de \ épreuve de Rinne :
A rétat normal, chez un homme jeune, le diapason appliqué sur Tapophyse mastoïde donne une sensation auditive. Lorsque cette sensation a disparu et qu'on présente le diapason au niveau du méat auditif, sans Tamorcer de nouveau, la sensation reparaît. Par conséquent, la transmission aérienne est meilleure que la transmission osseuse.
Faisons la même expérience chez un sourd : i° la transmission osseuse ne provoque pas Taudition; portons le diapason devant Toreille. Si le son apparaît, le Rinne est positif [R +); donc il existe une lésion labyrinthique ;
2° La transmission osseuse existe, mais la transmission aérienne ne provoque pas Taudition, le Rinne est négatif (R — ) ; donc la lésion existe au niveau de Toreille moyenne.
Chez les hystériques, on a R +, ce qui permet d'attribuer la surdité hystérique à une paralysie centrale de l'audition.
Phénomk.nes paresthésiques de l'ouïe. — Ils consistent en des bruits de cloche, des sifflements (maladie de Ménière, tumeurs cérébrales, méningite, otites, anémie...), en de Thyperesthésie auditive (migraine, hystérie, certaines paralysies faciales...).
Les troubles subjectifs de l'ouïe peuvent être le point
de départ tie mtiladies menlales, chez les individus héréditairement prédisposés, W^ (Pour le lerlifîe : Voy. £'j'«wpn rfe /« srnsibili/i'.)
r C. — SENS DU GOUT
Vagetislie (absence du goût) est le plus souvent unilatérale et s'observe en môme temps que l'hémianesthésie. dans l'hystérie. Dans la paralysie faciale, elle atteint les deii\ tiers antérieurs de ia langue.
L'ageustie se recherche eu plaçant sm- difTérents points de la langue, au moyen d'une baguette de verre, des liquides divers, acides, salés, sucrés, amers (sucre, sel, quinine...)^
On peut encore se servir des courants galvaniques. L'électrode active doit avoir la forme d'un stylet. Le pôle positif donne une sensation de saveur acide métallique, le néjjatirune sensation de saveur salée.
D. - SENS DE LODORAT
Vanosmii; est le défaut d'odorat.
On esplore successivement chaque narine au moyen de substances noH(>;7Vn«/e.sf benjoin, baume du Pérou, menthe...).
La diminution ou l'abolition de l'odorat peut être un symptôme précoce de la paralysie générale (Voisin).
L'anosmie est fréquente dans l'hystérie et dans le cas de lésion périphérique du nerf olfactif.
1° Coagulabilité. — A l'état normal, le sang se coagule en vingt-cinq minutes après la chute de la première goutte (Lenoblej. L'hémophilie semble être la seule maladie où il y a retard dans ce phénomène.
2" Rétractilité du caillot, — Dans les purpuras hémorragiques primitifs, dans Fanémie pernicieuse progressive, le caillot ne se rétracte pas, le sérum ne transsude pas. Au contraire, on observe la rétractilité dans les purpuras secondaires.
Ce caillot peut se redissoudre dans certaines infections profondes (Lenoble).
(Mettre le sang dans un petit tube en verre.) 3° Réaction du sérum. — Alcaline à l'état normal (constatation par le papier de tournesol ).
4° Recherche des pigments biliaires dans le sérum. — En cas de cholémie {\oy. Ictère), on constate ces pigments par la méthode de Gmelin (Voy. Analyse des urines).
o"" Examen du sang au spectroscope (Voy.
Recherche du sang dans les urines).
Dans l'intoxication par l'oxyde de carbone, les deux bandes de l'oxyhémoglobine existent dans le spectre, mais elles sont plus rapprochées du violet ; de plus, si l'on ajoute du sulfhydrate d'ammoniaque, elles ne se fusionnent pas.
6° Dosage de l'hémoglobine. — A) Emploi du PAPIER-FILTRE. — En mettant une goutte de sang sur du
DOSAGE DE L'HEMOGLOBINE. 311
papier-filtre blanc ou du linge, oii peut par l' habitude, et en comparant avec le sang tl'un individu sain, se rendre compte approvimalivement de la teneur du sang en hémoglobine.
Le dosage se fait an moyen de nonitreuv appareils; nous ne décrirons que le chromomètre de Hayem.
B) Chkouomkthe de Hïïëv. — Il se compose de deux cellules en verre, de m^me diamètre, collées sur une lame de verre. On met une quantité égale d'eau distillée dans chaque cellule, pui^ dans l'une une quantité connuedesangi imillimetrescubes par exemple) qu'on agite avec l'eau de la cellule. (La quantité nécessaire varie suivant que le sang est plus ou moins riche en hémoglobine.)
11 existe d'autre part une échelle colorimélrit/ue formée de rondelles de papier, de même diamètre que les cellules, et dont les couleurs sont de plus en plus foncées.
Appliquant la cellule, qui ne contient que de l'eau, au-dessus de l'échelle, on arrive par tâtonnement à trouver une couleur de l'échelle se rapprochant très sensiblement de la couleur du mélange de l'autre cellule (au besoin on prend la moyenne entre deux couleurs voisines).
Or les teintes sont au nombre de cinq el correspondent chacune à la couleur donnée par un certain nombre de globules rouges sains (par millimètre cube de sang).
Supposons que la teinte trouvée suit la teinte n° 2 qui correspond, pour l'hémoglobine, à 9973000 globules rouges s«(>i.s-. Puisque nousavons employé 4 millimétrés cubes de sang, nous diviserons 9 97.3000 par i, ce qui donne 2-t!)325U,c'est-à-direqu'unmillinictrecubedusang examiné contient une quantité d'hémoglobineégaleàcelle fournie par 2 493 250 globules sains.